TRIBUNE DE LYON n°1049 - Page 10 - 1049 Économie,attractivité: ThéâtreComédieOdéon ENPRÉSENCEDE: ENPRÉSENCEDE: ETDEUXEXPERTS: ETDEUXEXPERTS: BRUNOBERNARD VÉRONIQUESARSELLI JEAN-LOUISMEYNET GUILLAUMEFABUREL BRUNOBERNARD VÉRONIQUESARSELLI JEAN-LOUISMEYNET GUILLAUMEFABUREL PrésidentdelaMétropole-Uniondelagaucheetdesécologistes ÉluedelaMétropoleMairedeSainte-Foy-lès-LyonGrandCoeurLyonnais,candidatedeladroiteetducentre AuteurdeL'ambitionéconomiqueabandonnée AuteurdesMétropolesbarbares Lundi19janvierà19h30 2026:LESGRANDS DÉBATSPOLITIQUES 2026:LESGRANDS DÉBATSPOLITIQUES MétropoledeLyon:nouveaumodèleou granddécrochage? Gratuitsurinscription 6rueGrôlée69002 3 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 5 L’édito de LilianRenard 6 L’instantanédelasemaine. One, two... viva Nigéria L’invité de la semaine 8 CécileBourgeat. «Écrirepermetd’allerdansles recoinsdel’âmehumaine» En vue 12 Lebaromètre despersonnalitéslyonnaises. 13 Ilsfontparlerd’eux. DrOlivierMartin.Il pilote les soins des grands brûlés de Crans-Montana À chaud 14 Politique. Municipales.Au milieu de l’affrontement des blocs gauche-droite, la difficile recherche d’une troisième voie 15 LeBriefActu. Municipales.Jean-Michel Aulas dévoile ses têtes de liste 16 Grandangle. Sécurité.Fusillades à répétition. L’incessante quête de moyens pour contrer le narcotrafic Économie 20 Laviedesentreprises. Aéronautique.3Deus s’appuie à fond sur les joints 21 Livraison.Fissa, une structure plus humaine créée à Lyon pour les coursiers à vélo 22 Aménagement/Transport. Garesroutières.Ce qui va changer à Perrache et à Gerland Dossier 24 Culture. Comment Lyon est entrée dans l’âge des séries Sorties 32 Lesimmanquables. Festival.Lectures nocturnes 34 Pêle-mêle. L’autre Harry, planches hypnotiques, Militarie Gun 35 Cinéma. LesÉchosdupassé(Soundof Falling).De Mascha Schilinski C’estpasduBergman. Greenland:Migration.De Ric Roman Waugh 36 Lerestaurantdelasemaine. Schoup’s.Coalition choucroute et merguez 37 Labonneadresse. CaféMio.«Café à lettres» culturel 38 Topgourmand. Les nouvelles galettes des rois de Lyon 1/2 39 Patrimoine. Ilétaitunefois… Le skatepark de Lyon Parlonslyonnais. Artison Quiest-ce? Abraham Bloch Annonces légales 40 Ventes aux enchères, appels à candidatures, annonces judiciaires et légales Sommaire TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 © PIERRE FERRANDIS © MARIA HERAS – STILL © LÉO POUDRÉ L A S E M A I N E P R O C H A I N E L’attractivité économique. Legranddébat Sécurité. L’incessantequêtedemoyens pourluttercontrelenarcotrafic 24 CommentLyon attirelesséries 16 36 Lerestaurant delasemaine. Schoup’s Aveccenuméro, TribunedeLyonSorties#5 4 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 VOUS AVEZ 65 ANS OU + CARTE GRATUITE AVEC LE PASS’RÉGION SENIORS PROFITEZ DE + DE 1000 OFFRES EXCLUSIVES PRÈS DE CHEZ VOUS Culture, tourisme, santé, bien-être et sport, restaurants, cafés, producteurs, artisans et commerçants, mobilité… Demandez votre carte et profitez d’une cagnotte de 15€ offerte par la Région UNE QUESTION ? Appelezle 04 86 27 98 50 (appelnonsurtaxé,dulundiauvendredide9hà18h) auvergnerhonealpes.fr/passregionseniors La Région qui agit LePASS'Régionseniorsestréservéauxhabitantsd'Auvergne-Rhône-Alpes. RARA_PASS Seniors 2025_AP Tribune Lyon 180x120 v1.indd 1 RARA_PASS Seniors 2025_AP Tribune Lyon 180x120 v1.indd 1 16/12/2025 17:50 16/12/2025 17:50 Erratum La semaine dernière, l’édito du directeur de la publication François Sapy comportait une erreur: le philosophe et mathématicien Pythagore était situé au VIe siècle de notre ère, quand il foulait en fait les sols de Samos et de la Grande-Grèce au VIe siècle avant notre ère. S’ ouvre l’année et se referment ces lignes. Chers lecteurs, chères lectrices de Tribune de Lyon, si fidèles et passionnés, est en effet venu le temps de se dire au revoir et, pour moi, de voguer vers d’autres horizons. Après 5 ans et plus de 250 numéros passés à vos côtés, une page se tourne aujourd’hui, de celles qu’on ne peut refermer sans émotion ni regret. Puissent ces lignes vous avoir éclairés parfois, surpris de temps à autre et, en tout cas, donné matière à réagir et, pourquoi pas, à faire un pas de côté. Sans doute ont-elles hérissé certains, décontenancé d’autres, heurté des convictions que l’ont croit toujours indéfectibles, soulevé des colères ou des interrogations inattendues et, espérons-le, aussi, embrassé de légitimes indignations et tenu l’avantposte de combats nécessaires. Il n’en manque pas à Lyon, dont les destins politiques, les aventures économiques ou les trésors culturels méritent autant d’éloges que d’objectives critiques. C’était le rôle de cet éditorial, dont la mission perdurera évidemment, au-delà de son dernier locataire et passager d’un temps, au seul service de ses lecteurs et des habitants de cette métropole singulière. Ce fut un bonheur, et un honneur, que d’en ausculter les évolutions ou d’en concevoir les fausses routes, sans céder à l’air mauvais du temps et aux polémiques de papier. Cet édito aura tenté, humblement, de refuser les doctrines inflexibles et les injonctions à penser, de tenir la complexité pour plus juste que les certitudes beuglées sur les réseaux sociaux. Comme Oscar Wilde, considérons que «la vérité est rarement pure et jamais simple». Votre journal continuera, avec d’autres et mille talents, à la débusquer partout où certains voudraient l’enterrer. C’est un sacerdoce impératif dans ce monde polarisé, où l’invective et les fake news grignotent chaque jour un peu plus le débat public et rongent la presse comme une lèpre fatale. Vous pouvez en cela compter sur les équipes de Tribune de Lyon. Sachez comme il est précieux, et vital, de pouvoir leur faire confiance, de lire chaque semaine un hebdomadaire indépendant, libre de ses mouvements et de ses choix, loin des nouveaux tycoons et de leurs projets idéologiques extrêmes, à l’abri des puissances économiques et de leurs obscurs jeux de pouvoir. Les équipes du journal, qui désormais vont prendre le relais, en ont la conviction chevillée à la plume. Il est alors un peu moins difficile de clore ce chapitre, sachant qu’il continuera avec d’autres et par la seule volonté de vous rendre service. Celui de vous informer, de lever le voile opaque des pouvoirs et de la communication, de débusquer les contrevérités et de dénoncer les abus, de soutenir aussi, et surtout, celles et ceux qui font vivre Lyon, merveilleux anonymes et acteurs discrets. C’est à eux qu’il faut ici rendre le plus vibrant hommage. C’est votre journal. Il est l’heure de revenir parmi vous chers lecteurs. Nous continuerons ensemble, et ailleurs, à soutenir Tribune de Lyon. ILS LE DISENT ICI L’heuredesedireaurevoir Édito © LÉO POUDRÉ CÉCILEBOURGEAT Autriceetdirectrice delaBiennaledeLyon>P10 «Dansl’écriture,je cherchaiscette confrontation ausilence.» ©DR «Lyonest désormais identifiéeparles producteurs.» AURÉLIEMALFROY-CAMINE Responsabledestournagesà Auvergne-RhôneAlpesCinéma>P30 ÉditéparRosebudSA•10ruedesMarronniers,CS40215,69287LyonCedex02•Pourjoindrevotrecorrespondant,composezle04 7269 1515.Fax0472449204• www.tribunedelyon.fr•Courriel:redaction@tribunedelyon.fr•FondateurFernandGalula•DirecteurdelapublicationetdelarédactionFrançoisSapy•Directeurs généraux délégués Stéphanie Liogier, Thomas Grim • Responsable administratif et financier Marie‑Thérèse Duran • Comptable Emmanuelle Tréboz • Rédacteur en chef Lilian Renard • Responsable numérique Étienne Combier • Secrétaire générale de rédaction Véronique Lopes • SR et relecture Delphine Pyrek • Rédaction Iris Bronner, Charles Deluermoz, Julien Duc, FlorentDuplatre,PabloGonzalez,AudreyGrosclaude,DavidGossart,LucHernandez,InèsLombarteix,JuliaParet•PhotographesLéoPoudré,EmmanuelleFirman:Auvergne-Rhône-AlpesCinéma (une)•ResponsablecommercialeAnaïsClément-Bollée•ChefsdepublicitéBaptisteRollet,MorganPiau•Responsablediffusion-abonnementsCamilleChrysostomeabonnement@tribunedelyon. fr (04 72 69 06 67) • Chargée d’abonnements Mylène Rion • Chargé de diffusion Enzo Lecuelle • Diffusion, abonnements Faustine Cornu • Communication et événementiel Fanny Andriamaroandraina, Lola Dray, Amaël Lacroix-Magnien, Wassila Logerot, Camille Paris • Ontcollaboréàcenuméro François Mailhes, Jean-Baptiste Martin • JournalistesstagiairesIlona Lespinasse,AugustinMonin,SterennTiberghien,EmmaTurquety•Touteslesphotosdecethebdomadairesont«droitsréservés»•ISSN17779332Numérodecommissionparitaire0131W91528• Impression: Imprimerie Chirat à Saint-Just-la-Pendue (42) • Origine du papier: France • Taux de fibres recyclées: 100 % • Réchauffement climatique par exemplaire: 137,5 g de C02. © HCL 2026 «Aucunpays danslemonde n’alacapacité d’accueillir 150grandsbrûlés.» OLIVIERMARTIN Responsableducentredesgrands brulésdesHCL>P13 LILIANRENARD RÉDACTEURENCHEF @lilian_renard 5 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 One,two…vivaNigéria!En ce début janvier, les phases finales de la Coupe d’Afrique des nations rythment les soirées dans le quartier de la Guillotière. Ce samedi, le Nigéria affrontait l’Algérie au stade de Marrakech. Les Super Eagles n’ont fait qu’une bouchée des Fennecs, maladroits (score final: 2-0), au grand dam des supporters algériens qui ont tout de même célébré leurs joueurs place Gabriel-Péri. Côté nigérian, les effusions furent moins franches, mais pas moins vert et blanc, à l’image de ce jeune supporter grisé par un but d’Osimhen! L’instantané de la semaine PAR LÉO POUDRÉ CécileBOURGEAT «Écrirepermet d’allerdans lesrecoinsde l’âmehumaine» Vousavezrécemmentprisladirectiondela BiennaledeLyon.Déjàdanslegrandbain? Cécile Bourgeat: «Je suis arrivée à la Biennale début juin, puis j’ai été nommée directrice générale le 15 octobre... Cela fait 25 ans que je suis engagée dans la culture, dans différents postes, dont 16 ans passés à l’InstitutLumière.Celafaisaitdoncsens.D’abord,parce que le langage artistique est ce qui permet de créer des espaces dans la ville, avec le public, avec les citoyens, et avec les artistes. Je n’imagine pas qu’une société puisse fonctionnersanscesespaces-là.LaBiennaledeLyonest uneinstitutionhistoriqueavecunancrageterritorialfort, connectée aux enjeux contemporains de la création et de la société. Elle part de la nécessité d’un art accessible àtous,voirequedespublicspuissentexpérimenterune discipline avec des artistes, avec le Défilé et la Biennale en territoire, par exemple. Àquois’attendrepourlaprochaineédition? Elle ouvrira en septembre. Nous sommes en train de la préparer avec Isabelle Bertolotti, la directrice artistique, et Catherine Nichols, la commissaire invitée de cette18e édition,quivientd’ailleursd’êtremiseenavant comme l’une des six commissaires qui vont compter en 2026, selon le magazine Frieze. En plus des lieux habituels (Les Grandes Locos, le MAC, l’IAC…), nous allons explorer des lieux inédits, avec aussi l’idée d’investir fortement l’espace public. Car le fondement de la Biennale d’art contemporain, c’est aussi de partir de l’histoire d’un territoire, de ses lieux de passage, de vie quotidienne,etdeleshabiterpardesœuvres.Jenepeux pas vous en dire plus, mais ce sera une grande et belle édition, malgré les contraintes budgétaires. Avantceretourauxsourcesculturelles,vousaviez travailléàladirectiondel’associationAlynea Samusocial69.Unsacrévirage? Je suis quelqu’un qui aime bien l’idée d’avoir plusieurs vies, d’explorer différents espaces qui sont, dans mon esprit, toutefois connectés les uns aux autres. À Alynea, jemesuiscomplètementimmergéedansletravaildeces différenteséquipesdetravailleurssociauxquivontdans la rue, assurent des maraudes, jusqu’au centre d’hébergement, en passant par la formation, l’insertion professionnelle. J’ai vécu cette expérience professionnelle de manière intense... Et en même temps, elle a réveillé en moi le besoin d’écrire. Ça s’est imposé. © LÉO POUDRÉ Actuelle directrice de la Biennale de Lyon, après 16 années à l’Institut Lumière et un passage par le secteur de l’action sociale, Cécile Bourgeat publie son premier roman chez Robert Laffont, Vous êtes comme ma fille. L’histoire universelle d’une vie frappée par le drame, happée par les douleurs et les silences qui en résultent. Mais, aussi, le récit d’une reconstruction rendue possible par le pouvoir guérisseur d’une humanité rare et la force de vivre. PROPOS RECUEILLIS PAR LILIAN RENARD L’invitée de la semaine 8 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 À quoi tient la vie, ce fil ténu de l’existence en équilibre sur chaque seconde? L’interrogation, universelle et insondable, pourrait se prolonger des heures avec Cécile Bourgeat, dont l’ouvrage explore ces chemins chaotiques à travers les destins qui vacillent en une seconde, les douleurs et les silences qui en résultent, mais qui empruntent aussi les voies de la résilience, en cet endroit où l’humanité triomphe un jour de l’ombre. Surtout que la néo-écrivaine a déjà eu plusieurs vies... Elle en retrouve une pour ce déjeuner, à la table du Café Lumière, le restaurant lié à l’Institut où elle a œuvré pendant 16 années aux côtés de Thierry Frémaux. Désormais directrice de la Biennale de Lyon, après un détour par le Samu Social, Cécile Bourgeat a également choisi l’écriture, plongée abyssale dans l’âme humaine, pour en ouvrir une de plus, cette fois à travers des mots arrachés au silence. Le silence d’une blessure infinie, un drame provoqué à l’autre bout du monde, qui enserre l’existence de son voile de remords, de douleur et de culpabilité. Comment vivre sa vie quand on a pris involontairement celle d’un enfant? Le sujet du livre, inspiré d’un événement similaire survenu dans la vie de Cécile Bourgeat, touche alors aux peurs profondes de chacun et aux grandes interrogations de l’existence, là où cohabitent infinies douleurs et espoirs lumineux. Car, comme son autrice, que la bienveillance et le souci de l’autre habitent puissamment, le livre fait aussi place à l’humanité salvatrice, ici contenue dans la parole endeuillée d’un père, qui offre le pardon inattendu et un inestimable soutien. Une parabole puissante de ce monde contemporain qui, livré au chaos, à la colère et au rejet des autres, cache peut-être encore quelque part, dans le regard d’un homme éploré, la tolérance qui sauvera tous les autres. Mon déjeuner avec Cécile Bourgeat Café Lumière 20 rue du Premier-Film, Lyon 8e . —Notrerepas— Deux tartelettes de boudin noir. Un onglet de bœuf, purée et sauce au poivre. Une quiche au bleu et au parmesan. —L’addition— 50,80 € 9 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 C’estdonccequiadéclenchévotre envied’écrire? J’ai toujours aimé l’écriture. Mais, aussi, il existait en moi une histoire que j’avais envie de porter et d’éclairer. Le livre raconte la vie d’une jeune femme, Alice, qui, à l’âge de 25 ans, va provoquer malgré elle un drame et la mort d’une fillette. Le livre la suit à travers différentes étapesdesavie,desadouleuretdesessilences.J’aivécu quelque chose de similaire au même âge qu’Alice. Or, étaitrestélongtemps,autourdecetévénementtragique, unesortedemutisme.Dansl’écriture,jecherchaiscette confrontation au silence. Ilfallaitarracherlesmotsàcesilence? Oui, car les mots ne venaient pas. Je raconte dans le livre qu’Alice avait dû écrire une phrase, sur un bout de papier, pour pouvoir se la dire à elle-même. Cela est proche de ce qui m’est arrivé, même si le livre est majoritairement fictionnel. Écrire permettait d’accueillir ces mots, qui sont là depuis longtemps, mais qui arrivent difficilement.Ilfallaittrouveruneformedelangagepour dire l’indicible. Trouver le ton pour raconter la rupture, cette bascule d’une seconde à l’autre. Le livre explore cettequestiondelabasculed’unevie.Laviecommence à poindre avec ses désirs, ses espoirs, et puis, brutalement, elle ne sera plus jamais ce qu’elle aurait pu être. Alicevaeffectivementvivreaveccesilence,cette douleuraussi,quil’empêcheparfoisd’avancer. Commentconstruireuneviequandonena anéantiune?C’esttoutlesujetdevotrelivre... Comment vivre après avoir malgré soi provoqué un drame? Ce qui est particulier dans cette histoire, c’est qu’il y a à la fois cette bascule irrémédiable — elle ne pourra jamais défaire ce qui s’est passé dans cette seconde-là — et la parole d’un père qui vient déjouer toutes les évidences. Le père de la fillette décédée lui dit, peudetempsaprèsl’accident,“vousêtescommemafille”, alors qu’elle s’attend à la haine, au rejet. J’ai voulu explorer cet endroit où une paix arrive, dans un moment et un espace où il aurait dû y avoir rejet et colère. Onad’ailleursl’impressionqu’elleauraitpréféréla tempête,lacolère.Qu’onlajuge... Elle ne peut pas recevoir cette parole. Au moment où elle est prononcée, c’est impossible. Et en même temps, elle va s’accrocher à ces mots qui vont la maintenir hors de l’eau, résonner dans un endroit qui est mort en elle et, alors qu’elle est coupée en deux, la réconcilier. Un face-à-face humain va devenir possible. Ce personnage pourrait être un double et, en même temps, il est assez loin de moi quant à sa personnalité. Il va au bout de cette situation d’écart, de scission, qui vient de ce traumatisme. L’écriture permet d’aller dans ces recoins, à la fois de l’âme humaine, mais aussi des situations. Peuàpeu,lavies’imposetoutdemême.Revient. C’estunmessaged’optimisme? Petit à petit, Alice va entrer dans un processus de réparationàtraverslesrencontres.D’abordavecsonpère,sa mère.Quesepasse-t-ilquandonestfaceàsesparentset qu’il s’est passé un tel drame? Que leur dit-on? La question se pose tout au long de sa vie. Que dire à l’homme qu’elle aime, à ses enfants? Parce qu’il y a en elle cette peur, et ce silence, cette douleur de ne pas pouvoir être regardée à cet endroit-là de son âme. C’estunehistoireuniverselledelavie...Chacun peutunjourêtreconfrontéàunetellesituation, puistenirensoidesdouleursquiparalysent? C’était important pour moi de parler d’un événement traumatique, et très dur, qui est en somme le pire cauchemar de tout le monde. Et en même temps, le livre est traversé par cette parole du père qui ne va cesser de tenir Alice en vie. Parce que la question, c’est “est-ce quejepeuxvivre?”. Est-ce que je peux avoir des enfants? Est-ce que je peux travailler? Le livre ne résout pas ces questions, ne laisse pas Alice indemne. Mais, malgré tout,ilyacettepossibilitéd’uneformederéconciliation. Etcela,parcequ’àunmomentdonné,elleaétéregardée en ce qu’elle était et en ce qu’elle portait de douleur. C’estaussiunportraitdefemme.Devous? C’est le portrait d’une femme coupée en deux dès le début de sa vie. Plutôt que de me mettre dans sa peau, je me suis un peu laissé conduire par son personnage. J’aiécoutésavoixintérieure.Jelisaisletexteàvoixhaute pour essayer de trouver son rythme, son essoufflement, sa sidération, son espoir. L’écriture avance sur un fil. Parce que s’approcher de ça, de soi ayant vécu ça, c’est un endroit brûlant. Etilyacepèredel’enfantdécédée,capablede produirecetteparoleetcetincroyableeffort d’humanité.Quedit-ildenous? J’ai reçu cette parole et je n’ai pas d’explication pour savoir d’où elle vient. Et d’ailleurs, Alice ne détermine jamais le lieu d’où elle vient. Je pense que c’est aussi en connexionaveccequej’aipuvivreàuncertainmoment dans mon expérience professionnelle, à Alynea notamment. Comment est-ce que chacun peut être regardé comme un être humain, quelle que soit son histoire? Alice est regardée à un moment où, normalement, elle aurait dû être rejetée, voire perçue comme un monstre. J’ai la conviction que notre humanité se joue à cet endroit. Quoi qu’il se soit passé dans la vie, quoi que l’on porte, est-il possible de regarder la réalité en face et deregarderl’autredanssaréalité?Àpartirdelà,voyons comment quelque chose est possible.» «Est-il possible de regarder l’autre dans sa réalité? Notre humanité se joue à cet endroit.» CÉCILE BOURGEAT L’invitée de la semaine BIOEXPRESS 10.2009 Première édition du Festival Lumière. 11.2023 200 kilomètres de marche, seule, entre Le Puy-enVelay et Conques. 05.2025 Ouverture (avec Alynea) de la Casa Ricochet, habitat pour des jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance. 09.2025 Première Biennale de la danse au sein de l’équipe de la Biennale de Lyon. 01.2026 Publication de son premier roman Vous êtes comme ma fille, chez Robert Laffont. 10 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026 vous souhaite une très belle année 2026 +3 STYLETO. Engageant. La chanteuse née à Lyon rejoint la troupe des Enfoirés. Elle se produit sur la scène de l’Accor Arena de Paris du 13 au 19 janvier 2026. Styleto a récemment été nommée dans la catégorie révélation féminine aux Victoires de la musique. La chanteuse-compositrice de 27 ans a marqué les esprits avec son titre Faut que tu m’aimes, extrait de son premier album Carrousel. Aujourd’hui encore, elle n’hésite pas à mettre en avant sa ville natale. -1 LINDSEY HEAPS. Terminé. La milieu de terrain internationale des Lyonnes va quitter l’OL. Elle retourne dans ses terres natales: le Colorado. Un départ qui se fera à la fin de la saison après quatre ans de collaboration avec le club lyonnais. Lindsey Heaps a disputé 106 rencontres et inscrit 31 buts sous les couleurs des Lyonnes. Un départ pour des raisons personnelles. À 31 ans, elle continuera à jouer dans l’équipe de football du Denver Summit FC. +5 ENDRICK. Triomphant. Prêté six mois par le Real Madrid, le prodige brésilien a réussi des débuts tonitruants avec l’OL: buteur dès sa première titularisation à Lille en Coupe de France, il offre la qualification aux Lyonnais et confirme l’emballement autour de son arrivée. À 19 ans, l’attaquant venu chercher du temps de jeu avant le Mondial 2026 s’est montré omniprésent, dangereux dès les premières minutes et parfaitement intégré au collectif lyonnais. +2 MATTHIEU FORICHON. Rayonnant. La Poste dévoile un bloc de timbres célébrant les 200 ans du Figaro, conçu par l’illustrateur lyonnais Matthieu Forichon. Le timbre, disponible depuis le 12 janvier, reprend l’affiche de l’exposition anniversaire et présente un gaufrage spécial sur le logo bicentenaire. Une mise en lumière nationale pour l’artiste lyonnais, déjà reconnu pour son trait élégant et narratif. -3 MARTIAL PASSI. Débouté. L’ancien maire de Givors avait été condamné pour détournement de fonds publics en mars 2025. Cet été, Emmanuel Macron a fait publier un décret qui acte la suspension de sa Légion d’honneur pour trois ans. Martial Passi voulait quand même continuer à porter la prestigieuse décoration, il avait donc saisi le Conseil d’État en septembre pour faire annuler ce décret présidentiel. La demande a été rejetée le 30 décembre. -5 CHRISTOPHE CÉDAT. Critiqué. Le patron du Café 203 et mari de la candidate de Cœur Lyonnais, Laure Cédat, a lancé une remarque contre Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate LFI à la Mairie de Lyon et députée. Dimanche, au marché de la Croix Rousse, Christophe Cédat l’a interpellée à propos de son tract: «C’est quand même votre physique qui apparaît, plus que les idées!» Face aux critiques de propos sexistes, il a répondu: «Mais je suis masculiniste!» TOP3 Cumuldes pointsdepuis le01.01.2026 +5 -1 +3 -3 +2 -5 FLOP3 LE BAROMÈTRE DES PERSONNALITÉS LYONNAISES En vue 12 TRIBUNE DE LYON NO 1049 DU JEUDI 15 AU MERCREDI 21 JANVIER 2026
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