MOTO JOURNAL n°2379 - Page 3 - 2379 ÉDITO La Chine à pas express R evenant de Chine où il était parti chez Zontes en voyage (Pékin) express essayer une nouveauté à 3-cylindres et visiter l’usine à Jiangmen au sud-est du pays, Aurélien est revenu impressionné par ce qu’il a vu. Il a évoqué le boss de la marque complètement barré qui se prend pour Elon Musk. « Il veut tout faire en interne, car il avoue que la qualité des sous-traitants chinois n’est pas au niveau. Et surtout très aléatoire. Il nous a aussi dit que si le gouvernement soutenait à mort l’industrie auto chinoise, il n’aidait pas du tout la moto. Voire il l’handicapait, comme par exemple l’interdiction de prendre l’autoroute à moto. Qu’est-ce que ce serait s’ils étaient plus soutenus ?! », s’interroge Aurélien. Notre rédac’ chef adjoint a aussi été marqué par l’usine à la taille gigantesque, par son modernisme, par ses centaines d’ingénieurs (oui, oui !) attablés méthodiquement à leur bureau telle une escadrille d’avions de chasse... « Quand j’ai vu ça, je me suis dit “Ah ouais, là, on n’a pas encore tout vu avec la moto chinoise. Ils ont une foutue avance”. » Même la porte d’entrée de l’usine, digne de Star Wars, l’a scotché. Et d'ajouter : « Enfin, globalement, tous les membres de Zontes qu’on a vus là-bas parlaient très bien l’anglais, alors que c’est loin d’être le cas des japonais. C’est un signe. Ils font l’effort de pouvoir communiquer et échanger. » Ce modernisme dans l’outil de production, la puissance des moyens financiers et humains mis en œuvre, cette façon de réagir à la moindre demande du marché confirment la progression fulgurante de la moto chinoise. À l’image de tous les autres domaines où la Chine impose sa cadence et ses volumes de production. On n’est plus maintenant à l’heure de la prévention. Ni dans le paradigme Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera, l’essai (annonciateur) d'Alain Peyreffite paru en 1973. Cette fois, on y est. Et on tremble. C’est ce qu’a relevé notre confrère de Caradisiac, qui cite le patron de la division moto chez Honda, interviewé par le magazine japonais Young Machine. Que dit Minoru Kato ? Rien d’autre que son inquiétude sur l’évolution de l’industrie moto chinoise. Je n’ai pas eu l’occasion de lire cet entretien, mais notre confrère rapporte ces mots lourds de sens : « Les constructeurs chinois commencent à produire non seulement des modèles de 400 et 500 cm3 , mais également des modèles de 600 à 900 cm3 avec deux, trois et quatre cylindres. Je pense qu’ils représentent une grande menace. Ils continuent de sortir un modèle après l’autre. De plus, ils ont acquis les droits sur des marques européennes. J’ai visité l’Eicma 2024 et j’ai vu que les jeunes acceptaient les motos chinoises. Les fabricants chinois s’efforcent d’améliorer leur image. (...) Les Chinois sont très agressifs, nous devons être plus rapides si nous voulons être compétitifs. Si quelque chose ne fonctionne pas, ils le réparent la fois suivante. Notre philosophie est de tester, tester et tester encore et de ne mettre en production que lorsque c’est parfait. Pour les parties qui n’affectent pas la sécurité, je pense qu’il faut aller plus vite. » C'est un responsable de la seule marque japonaise à pratiquer des prix agressifs qui parle ainsi… Changer brusquement de cap ou de méthode n’est pas dans l’ADN des Nippons. Mais face à la menace chinoise, ont-ils vraiment le choix ? Xavier de Montchenu, rédacteur en chef Moto Journal [3] www.moto-station.com motojournal@editions-lariviere.com Éditions Larivière, Espace Clichy, immeuble Agena, 12, rue Mozart, 92587 Clichy Cedex. Tél: 01.41.40.32.32. Président du conseil de surveillance : Patrick Casasnovas Présidente du directoire : Sophie Casasnovas Directeur général: Frédéric de Watrigant Éditeur: Philippe Budillon Les adresses e-mail personnelles: prenom.nom@editions-lariviere.com RÉDACTION Rédacteur en chef: Xavier de Montchenu Rédacteur en chef adjoint: Aurélien Ranéa Chef de rubrique essais: Matthieu Cayrol Rédacteurs : Michael Tora, Alexis Delisse, Rémi Darodes Secrétaire de rédaction : Frédéric Poujouly Ont collaboré à ce numéro Loïc Faujour, Laurent Simon, Damien Bullot, MAQUETTE Chef de studio: Ludovic Terreil PUBLICITÉ Directeur de publicité : Emmanuel Nemar (01.41.40.31.11) Chef de publicité : Nicolas Lux (01.41.40.32.11) Assistante : Mai-Ahn Vu (01.41.40.32.16) DIFFUSION ET PROMOTION Anciens numéros et abonnements Service abonnement 45, avenue du Général-Leclerc, 60643 Chantilly Cedex Tél.: 03.44.62.43.79. abo.lariviere@ediis.fr 1 an (12 numéros) version papier + numérique : 62 € Tarif abonnement 2024 en prélèvement : 4,90 €/mois Abonnements pour la Belgique Edigroup Belgique Sprl. 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Sport..........82 Triumph Tiger 800 Sport vs Ducati Multistrada V2, Moto Guzzi V85 Strada, Yamaha Tracer 9....................................84 CFMoto 800 MT-X vs Aprilia Tuareg, Honda Transalp 750, Yamaha Ténéré 700...................................86 Suzuki DR-Z4 S vs CFMoto 450 MT, Honda CRF 300 L, KTM 390 Adventure.............................................................................88 Yamaha Tracer 9 GT+ vs Honda NT 1100 EERA, Kawasaki Versys 1100 SE, Suzuki GSX-S 1000 GX....................90 Téléchargezl’applicationMotoJournal(MJ) Retrouvez l’édition digitale de MJ sur votre smartphone ou tablette ❯❯ Retrouvez Moto Journal sur Facebook et Twitter Photos de couverture: Bruno Sellier, Honda, Suzuki, Zontes, Gold and Goose SOMMAIRE#2379 Prochain numéro vendredi 21 février 2025 KTM 1390 Super Duke GT vs BMW S 1000 XR, Kawasaki H2 SX, Suzuki Hayabusa.................................................92 Ducati Panigale V4 S vs Aprilia RSV4 Factory, BMW M 1000 RR, Honda CBR 1000 RR-R SP................................94 Yamaha R9 face aux Ducati Panigale V2, Kawasaki ZX-6R et KTM 990 RC R...................................................96 98 On a testé pour vous Berner X-in-1 CDetailer, Squiddy Squidd Home, Fox ADV Defend Boot 100 Shopping 102 Dr Okkaze KTM Super Duke 104 . Tourisme 4 jours et 700 km dans l'Ain 112 Portrait Loris Capirossi 118 . Interview Jorge Viegas, président de la FIM 124 Courrier C’est vous qui le dites ! 126 Contre-braquage « Merd merd merd… » 128 Flash-back Il était une fois février 2005 129 Pub d'époque « Sous sa robe rétro, le plaisir » 130 BéDé Rossi Addict Abonnez-vous en direct avec votre smartphone Etaussi enpage127 112 TOURISME 4 jours et 700 km dans l'Ain PORTRAIT Loris Capirossi 104 Ce brillant numéro comporte un encart abonnement sur la diffusion kiosque Moto Journal [6] PLANÈTE MOTO Par la rédaction La circulation interfile entérinée C’est OK, c’est bath ! Fin du suspense. Après la remise en cause ponctuelle lors des JO de Paris 2024 qui interdisait la circulation interfile (CIF) sur le périphérique parisien, la phase d’expérimentation de la CIF en France démarrée en 2016 jusqu’en 2021, puis de 2021 jusqu’au 31 décembre 2024, a d’abord été prolongée le 2 janvier jusqu’au 31 juillet prochain. On attendait le résultat de l’évaluation du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement pour connaître le devenir de la circulation interfile en France. Il faut croire que la décision ne faisait pas l’unanimité à la Sécurité Routière ni au sein du ministère des Transports puisqu’un un nouveau décret du 9 janvier, définitif celui-là, généralise la circulation infertile pour les engins à 2 et 3-roues. Sans doute n’était-il pas très opportun en ces temps difficiles de mécontenter un pan de la population qui utilise un 2RM au quotidien pour aller bosser. Comme l’indique le communiqué de la Sécurité routière : « Le dernier rapport valide les modalités d’une pratique sécurisée. Il indique notamment une accidentalité stable, et souligne que les enjeux sont concentrés sur les conducteurs de deux-roues motorisés qui ne respectent pas les règles définies, principalement la vitesse. Le rapport préconise d’introduire la possibilité d’une verbalisation sans interception des contrevenants, pour agir sur les comportements et réduire les prises de risques. » Si le gouvernement généralise la CIF, celle-ci reste toutefois toujours soumise aux mêmes règles : elle s’applique aux 2-3RM de moins d’un mètre de large sur les autoroutes et routes comportant au moins deux fois deux voies séparées par un terreplein central et sur lesquelles la vitesse maxi autorisée se situe entre 70 et 130 km/h ; pour qu’elle s’applique, il faut aussi qu’elle se fasse entre les deux files de véhicules les plus à gauche de la chaussée. Elle reste interdite sur les autres types de route. La façon de la pratiquer est aussi spécifiée dans les textes : les 2RM ne doivent pas forcer le passage ; ne pas dépasser un autre 2RM circulant en interfile ; ne pas dépasser 50 km/h et si l’une des files est à l’arrêt, la vitesse autorisée est abaissée à 30 km/h. Le non-respect de ces règles entraîne une amende de 135 € et le retrait de 3 points sur le permis. On ne sait pas vraiment si ces sanctions sont appliquées, ni de quelle façon : nouveaux radars “intelligents”, voitures banalisées ? Probable que rien ne change et que la formule classique « tout ça pour ça » soit de mise. En tous cas, voilà enfin une bonne nouvelle pour les motards français. Mitt GT-K 700 Mitt ou réalité… ? Tarif 990 Duke 2025 TheSniper change de mire Une RT au rabais pour 11 000 €, c’est possible ? C’est en tout cas ce que propose le constructeur sino-espagnol Mitt, avec cette nouvelle GT-K 700. Mais avant toute chose… C’est qui ça encore, Mitt ? Il s’agit d’une marque fondée à Madrid en 2004 par l’importateur espagnol de véhicules récréatifs Jets Marivent (Head, CFmoyo Kawasaki Marine). Un homologue de la Sima en France, si vous préférez, pour qui la marque Mitt serait l’équivalent de Mash chez les Bourguignons. D’ailleurs, comme la dernière Mash FR 750, cette GT-K 700 est issue du catalogue de l’industriel chinois Jedi Motor, puis rebadgée et homologuée Euro 5+ par son importateur. Avec seulement 422 unités vendues en France en 2024, on peut dire que la nouvelle KTM 990 Duke – ou The Sniper pour les intimes – a légèrement loupé sa cible... Alors pour réajuster le tir, l’Autriche revoit sévèrement son tarif de presque 2 000 € ! C’est énorme. La 990 Duke passe ainsi de 14 949 € à 12 949 €, ou plutôt, de 16 000 € à 14 000 €, si l’on inclut le Tech Pack, qui comprend des accessoires franchement incontournables dans sa catégorie (shifter, régulateur de vitesse, etc.). De quoi rattraper les 2 113 unités vendues de Triumph Street Triple 765 en 2024 ? Pas sûr. Puisqu’à la comparaison, la KTM n’est toujours pas meilleure marché... Elle est non seulement toujours plus chère, mais aussi moins performante sur la fichetechnique. Tous ceux qui ont acheté l’autrichienne au prix fort en 2024 pourront toujours se consoler en se rappelant que leur 990 Duke a été entièrement fabriquée en Autriche (ce qui ne sera peut-être plus le cas demain) et qu’elle n’en demeure pas moins une excellente moto. Nous l’avons gardé en essai longue durée pendant deux mois pour nos réseaux sociaux et sa nouvelle rondeur, son côté moins exclusif mais encore plus fun, nous ont vraiment convaincus. Ainsi, la MT GT-K 700 n’est autre qu’une Jedi Kirin 750. Et que propose-t-elle ? Une très bonne protection, un tableau de bord en couleur, des valises de 20 litres, des poignées et une selle chauffante, des prises USB et USB-C, un embrayage anti-dribble, une bulle électrique, un réservoir de 24 litres et un freinage radial Brembo associé à un ABS Bosch. Pour la mécanique, il s’agit d’un bicylindre en ligne de 730 cm3 , développant 75 ch à 8 500 tr/mn et 70 Nm à 7 000 tr/mn. La GT-K 700 est construite sur un cadre double poutre en aluminium et le poids tous pleins faits serait de seulement 225 kg. Nous avons contacté Warning Bike à Fréjus, pour le moment le seul concessionnaire de la marque en France. Bien qu’elle ne soit pas encore arrivée, elle est d’ores et déjà disponible en commande chez son fournisseur et devrait être donc dispo très prochainement chez lui à partir de 11 495 €. KTM DR DR Ça nous fait une belle jambe KTM 790 Duke 2025 Plus techno Nouveaux tarifs Suzuki Des hausses, des baisses Stages de pilotage Le calendrier H2S KTM profite du passage obligatoire à la norme Euro 5+ en 2025 pour rendre la 790 Duke plus techno avec l’adoption d’un nouveau tableau de bord, tout en l’habillant de deux nouveaux coloris. Inutile de chercher bien loin les différences esthétiques avec le modèle 2024, elles s’arrêtent au dessin du phare avant et aux nouveaux coloris au nombre de deux. Le reste est identique, tout du moins visuellement. Car pour 2025, la 790 Duke évolue techniquement pour être en conformité avec Euro 5+, tout en conservant ses 95 ch pour 169 kg à sec. La 790 bénéficie d’un nouveau tableau de bord un peu plus grand (5 pouces contre 4,5 auparavant) intégrant de nouvelles fonctions dont un écran de télémétrie et un mode qui permet de gérer automatiquement la hauteur des cabrages selon 6 niveaux, en option. Les nouveaux commodos devraient faciliter l’accès aux différents menus pour configurer sa moto à la carte. D’origine, la KTM 790 est livrée avec trois modes de conduite : route, pluie et sport. En option, on a accès aux modes piste et performances qui permettent, entre autres, d’ajuster le niveau d’intervention du contrôle de motricité indépendamment. Au rayon équipement, la 790 Duke est bien dotée avec des éléments de suspension WP (fourche réglable en compression et détente), des étriers de frein radiaux à 4 pistons et un bras oscillant en aluminium. La 790 Duke est logiquement bridable à 47,5 ch pour les titulaires du permis A2 tout en étant garantie 4 ans. Son prix est de 9 199 €. Parmi les traditions du Nouvel An, il y a les bizoux sous le gui et les nouveaux tarifs, barèmes et autres occasions de mettre la main au portefeuille… On sait le Nippon attaché aux usages, et Suzuki a récemment dévoilé sa grille 2025. On remarque un « avantage client » de 1 500 € sur les V-Strom 1050 DE et SE millésime M4, à respectivement 14 499 et 13 899 €. Les petites sœurs V-Strom 650 (versions XT ou standard, millésimes M3 et M4) perdent 600 €, à 8 999 € et 8 399 €. La GSX-S 1000 M4 perd 1 000 €, à 12 599 €. Pour ce qui est de la GSX-8S, la M4 perd 600 € (8 299 €) et la M3 1 000, à 7 899 €. Chez les millésimes M5, les V-Strom 1050 DE et 800 DE augmentent de 300 €, à 16 299 et 11 799 €, tandis qu’Hayabusa, GSX-S 1000 GX et GSX-8R enchérissent de 200 €, à 19 499 €, 18 099 € et 9 899 €. Toutes les infos tarifaires : suzuki.fr 25 journées, 13 dates, 8 circuits parmi les plus renommés de France, tel est le programme des stages de pilotage H2S, étiquetée Yamaha official riding school, pour cette année 2025. À noter également un nouveau site internet plus intuitif et performant, www.h2smoto.com. Pour ceux qui seraient tentés par l’apprentissage ou le perfectionnement du pilotage moto sur circuit, voici les dates proposées : Fred a reconnu de façon certaine l’Africa Twin de Xavier garée non loin de l’apéro annuel organisé par Yamaha grâce à son sticker Euskadi-64 sur la plaque d’immatriculation. Il avait déjà eu un soupçon en constatant que ses warnings étaient en fonction… Aurélien a été impressionné par la porte d’entrée de l’usine Zontes en Chine, dans le plus pur style décor de film de SF des années 2000. Bar2, père du Joe Bar Team, a appris à Xavier qu’il avait chanté à la fin d’une soirée arrosée Blue Suede Shoes avec Johnny Hallyday pendant le tournage de Terminus en 1986 où il dessinait des story-boards. Le même Bar2 a aussi raconté que lors d’une séance de dédicaces du JBT, un motard lui avait dit d’un air goguenard « De toutes façons, le dessin on s’en fout, ce qu’on veut, c’est se marrer ! » LE truc à ne pas dire. Phrase d’accueil du site victimes. org : « Statistiquement, conduire comme une femme, ne veut dire qu’une seule chose, rester en vie. » Pensée du mois : si le motard refuse de rouler avec les roues voilées, ce n’est pas au nom de la laïcité. Damien Bullot, dernier responsable des hors-série de MJ, a été nommé directeur de Casa Editions, la branche bouquins du groupe Larivière qui édite MJ. Avril Issoire (samedi 5, stage) Le Mans (mardi 22 et mercredi 23, roulage) Mai Magny-Cours (mardi 6 et mercredi 7, stage) Issoire (samedi 24 et dimanche 25, stage) Juin Le Vigeant Nogaro (jeudi 12 et vendredi 13,stage) Lédenon (mercredi 25 et jeudi 26, stage) Juillet Issoire (samedi 5 et dimanche 6, stage) Magny-(Cours (mercredi 16 et jeudi 17, stage) Août Le Mans (mardi 19 et mercredi 20, roulage) Septembre Issoire (samedi 6 et dimanche 7, stage) Alès (mercredi 17 et jeudi 18, stage) Pau-Arnos (mercredi 24 et jeudi 25, stage) FICHE TECHNIQUE ● Moteur: bicylindre en ligne, 799 cm3 , 4 soupapes / cyl., 95 ch, 8,86 mkg à 8 000 tr/mn, boîte 6 rapports, embrayage anti-dribble. ● Partie-cycle: cadre treillis tubulaire acier avec moteur porteur, fourche inversée WP Apex Ø 43 mm (déb. 140 mm) réglable en compression et détente, amortisseur arrière WP Apex (déb. 150 mm) réglable en précontrainte, frein AV 2 disques Ø 300 mm et étriers 4 pistons, pneus AV 120/70 x 17, AR 180/55 x 17, hauteur de selle de 835 mm, garde au sol 186 mm, réservoir 14 litres, 169 kg à sec. ● Électronique: 3 modes de conduite, contrôle de motricité, ABS. « Le seul avenir que je vois pour le Superbike, c’est : dévissez les clignotants, les rétroviseurs et courez. » MassimoRivola, patrond’ApriliaRacing La phrase du mois KTM KTM Moto Journal [8] PLANÈTE MOTO &AUSSI… Bilan marché 2024 Le retour des sportives À l’issue de cet exercice 2024, trois principales tendances se dessinent lorsque l’on analyse les chiffres de vente du marché. D’abord, la croissance générale est à la baisse avec seulement 4 mois dans le vert sur les 12 écoulés. Ensuite, le premier constructeur en France est toujours Honda, fort de rapports qualité/prix imbattables avec en tête de gondole l’impertinente Hornet 750. Enfin, on observe un retour en force des sportives. Un engouement qui s’explique par un renouvellement de gammes et l’apparition de machines à bracelets mid-size moins radicales et plus routières qu’auparavant. L’arrivée en 2025 des tant attendues Yamaha R9 et KTM RC 990, ainsi que de la nouvelle Ducati Panigale V2, devrait confirmer (ou pas) ce nouvel élan dans un future proche. Quoi qu’il en soit, tout cela ne sera pas encore suffisant pour déstabiliser les championnes établies… Tout devant, on retrouve encore et toujours l’irréductible GS dans sa version 1300. BMW confirme ainsi le passage du Boxer 1250 au 1300. Et notez qu’au cumul des versions (1250, 1250 Adventure, 1300, 1300 Adventure), c’est pas moins de 7 953 GS qui ont été vendues en France en 2024… La petite Yamaha MT-07 est également toujours là, en bataille avec la Hornet 750 sur la troisième marche du podium. Et son bicylindre CP2 n’en finit plus d’être amorti… Puisqu’on retrouve juste derrière elle la Ténéré 700 et la Tracer 7. On note enfin que la deuxième (et dernière) européenne de ce Top-20 2024 est la Triumph Street Triple 765. 1 BMW R 1300 GS 4 624 unités 2 Honda Hornet CB 750 4 229 unités - 11,7 % 3 Yamaha MT-07 3 231 unités - 7,1 % 4 Yamaha Ténéré 700 3 222 unités + 1,9 % 5 Yamaha Tracer 9 3 196 unités - 4,5 % 6 Kawasaki Z 900 3 160 unités + 3,5 % 7 Yamaha MT-07 Tracer 2 986 unités - 1,0 % 8 Honda Transalp 750 2 163 unités + 0,1 % 9 Yamaha MT-09 2 154 unités + 19,0 % 10 BMW R 1250 GS-A 2 154 unités - 24,2 % 11 Triumph Street Triple 2 113 unités - 18,5 % 12 Honda Africa Twin 1100 1 715 unités - 11,1 % 13 Kawasaki Z 650 1 669 unités - 7,8 % 14 Honda NT 1100 1 658 unités - 16,6 % 15 Suzuki DL 800 1 499 unités + 73,9 % 16 Honda CB 125 R 1 493 unités + 3,8 % 17 BMW R 1250 RT 1 473 unités - 16,8 % 18 Honda CB 500 Hornet 1 414 unités - 19,2 % 19 Royal Enfield GT 650 1 390 unités + 1,1 % 20 Yamaha XSR 125 1 278 unités - 22,6 % LE TOP20DES MOTOS Cette année, le salon du 2-roues à Lyon ouvrira ses portes un peu plus tôt que d’habitude, du 13 au 16 février 2025. Mais la recette qui a fait le succès de ce grand rendez-vous de la moto en France reste essentiellement la même, pour notre plus grand plaisir ! Du spectacle, de l’équipement, de la moto moderne, de la moto ancienne et de la customisation. Voilà le cocktail dont on peut se saouler sans modération à Lyon et qui avait attiré LE rendez-vous Salon du 2-roues à Lyon Tarifs:18€parjour.15€en tarifréduit(-18ans,étudiants, chômeurs).16€pourleslicenciés FFM.Gratuitpourles-10ans. 30€lepasse2jours.45€lepasse 4jours.Parkingmotogratuit. Horairesd’ouverture:Jeudi 13février: ouvert aux pros et au grand public de 9 h à 21 h. Vendredi14février:ouvert aux pros et au grand public de 9 h à 20 h. Samedi15février: ouvert au grand public de 9 h à 23 h Dimanche16février: ouvert au grand public de 9 h à 18 h. Adresse: Eurexpo Lyon, boulevard de l’Europe, 69680 Chassieu INFOSPRATIQUES près de 150 000 visiteurs en 2024. Dans le détail, cette année célébrera de nombreux anniversaires à travers de expositions rassemblant des pépites éparpillées en France et ailleurs. À l’instar des 80 ans de MV Agusta qui seront célébrés avec la présence de Giacomo Agostini, ou encore les 40 du grand chelem réalisé par Freddie Spencer en Grands Prix. Il était alors titré champion du monde en catégorie 250 et 500 sur des Honda qui, chose exceptionnelle, ont fait le déplacement depuis le Japon. Le Lyon Kustom Factory régalera les mirettes des amateurs de préparation sur 9 000 m2 et Dafy aura deux stands sur plus de 2 800 m2 . Chacun pourra aussi prendre sa dose d’adrénaline en admirant les champions de FMX dans leurs œuvres (David Rinaldo, Benjamin Godard, Sylvain Masson et William Saule), ou en participant carrément à une course de motocross indoor (inscrivez-vous dès maintenant pour y participer). Enfin, nous représenterons Moto Journal sur un stand du salon et ça reste toujours une bonne occasion pour vous rencontrer. Bref, si vous le pouvez et si vous aimez la moto, on vous conseille vivement de faire un crochet à Lyon ce mois de février. LepiloteitalienJacopoCerutti s’est imposé à l’Africa Eco Race, devançant Alessandro Botturi de seulement 26 secondes. Avec cette victoire, Cerutti décroche son deuxième titre consécutif à l’Africa Eco Race. Il était au guidon d’une Aprilia Tuareg. MonsieurPingouin a dévoilé son calendrier de voyages à moto aux quatre coins de la planète : du Sri Lanka (28 janvier-9 février) à l’Afrique du Sud (10-26 novembre) en passant par le Bhoutan 5-16 avril), le Tourist Trophy (30 mai-8 juin) ou le cap Nord (6-5 juillet), dépaysement garanti ! Toutes les infos sur monsieurpingouin.com ÉtienneGodart, le véloce et truculent éleveur de volailles, a annoncé dans un mail avoir vaincu le fourbe lymphome qui avait osé l’agresser. Il remercie chaleureusement les nombreux soutiens qui l’ont épaulé dans cette farouche bataille, notamment les 265 donateurs ayant réuni à son bénéfice 27 650 € qui se sont révélés de précieux alliés. Lesinscriptionsàla3e éditiondela Trans’Atlas sont ouvertes ! Du 24 au 31 octobre 2025, cette rando tout-terrain au Maroc est déclinée en deux parcours : un parcours off-road exigeant une bonne technique (surtout pour les maxi-trailistes) et un parcours mixte plus cool. Tous les détails sur bullsport.fr HugoBecker devient ambassadeur de Royal Enfield en France. L’acteur (Le dernier voyage, Baron Noir (Canal+), Osmosis (Netflix)...) roulera désormais en Shotgun 650. Crée par Alyson Aigrain, lejeuRide Trippers est désormais décliné en une version spécifique à la marque Triumph. Si le principe est identique, les 130 cartes comportant des questions de culture générale sur la moto sont inédites. Disponible sur le site internet ridetrippers.com et dans le réseau Triumph au prix de 25 €. Nous avons appris avec tristesse la disparition début janvier de François Vincent qui fut directeur de la pub de Moto Journal de 1985 à 1991. Il fut ensuite patron de l’agence de com’ Noir mat, promoteur du Challenge One, un championnat de supermotard réservée aux Husqvarna et instigateur de la Journée nationale de la moto et des motards. Il s’était aussi illustré sous le nom Détonator pour réaliser le holeshot au Touquet au guidon d’une 900 Ducati bicylindre préparée par la Sima de Marcel Seurat. MJ adresse ses sincères condoléances à sa famille et à ses amis. DR Yamaha DR Moto Journal [9] Dakar Sanders cruise vers sa première victoire 2025 pourrait bien être enfin l’année de Daniel Sanders sur le Dakar. Meilleur rookie en 2021 avec une impressionnante quatrième place à l’arrivée, le pilote officiel KTM n’avait par la suite pas réussi à concrétiser son impressionnant potentiel après une vilaine fracture du coude en 2022, une intoxication alimentaire en 2023 ou encore une fracture du fémur qui l’avait poussé à s’engager dans l’édition 2024 totalement à cours de préparation. Une mauvaise série qui a pris fin cette année avec la présentation de Chucky à sa cinquième participation au plus exigeant rallye du monde en pleine forme, fort de sa victoire au Rallye du Maroc au mois d’octobre. Une forme qui faisait merveille au moment de boucler ces lignes, puisque Sanders attaquait le rallye par trois victoires d’étapes avant d’en remporter deux autres pour se forger une avance d’un quart d’heure en tête du classement général. Le voilà donc idéalement placé pour devenir le deuxième Australien à Vainqueur de la 5e étape, Adrien Van Beveren est en route pour son deuxième podium d’affilée, son 4e top-5 consécutif sur le Dakar. Ce qui fait aujourd’hui du Français l’un des pilotes les plus réguliers de la discipline. Tosha Schareina est la petite surprise de cette édiion 2025. À 3 jours de l’arrivée, l’Espagnol est toujours en lice pour la victoire et meilleur représentant Honda. Après avoir commencé le rallye en trombe, Daniel Sanders se montre appliqué pour aller chercher son premier succès sur le Dakar. remporter le Dakar après Toby Price. Il lui faudra tout de même se méfier de l’Espagnol Tosha Schareina qui monte lui aussi en puissance à 29 ans après avoir remporté le prologue 2024 avant de chuter dès le jour suivant. Fort de cette expérience, celui qui porte les espoirs de Honda roule vers son premier podium avec cinq minutes d’avance sur son coéquipier Adrien Van Beveren qui vise lui son deuxième podium consécutif sur le rallye. Le Français apparaît quelques minutes devant un Luciano Benavides qui n’a pas renoncé à ses espoirs de top-3 alors que le vainqueur 2024 Ricky Brabec est pour l’instant plus discret, à une bonne demi-heure du leader du rallye. Un rallye qui a d’ores et déjà permis au rookie espagnol du clan KTM Edgar Canet de se mettre en valeur avec la première position du classement Rally 2 tandis que Lorenzo Santolino se mettait lui aussi en évidence avec sa première victoire d’étape au guidon de la Sherco. Des réussites qui contrastent avec les déboires de Pablo Quintanilla, Kevin Benavides ou du champion du monde W2RC en titre Ross Branch qui ont tous les trois abandonné, tout comme Mason Klein qui réalisait de belles choses pour la marque chinoise Kove avant d’être une nouvelle fois victime de sa mécanique. Le classement malle-moto est lui dominé par le très expérimenté Emanuel Gyenes. Mention spéciale à Toby Price et Sam Sunderland qui ont délaissé la moto cette année pour tenter l’aventure ensemble en auto avant d’abandonner lors de la 7e étape. DR DR DR Moto Journal [10] PLANÈTE MOTO ZFE: plus de véhicules interdits, plus de confusion La chronique de la Ligue de Défense des Conducteurs Amiens ou Perpignan qui bénéficient d’une dérogation, Le Mans ou Orléans qui affichent une dispense, Béthune ou Valenciennes qui restent indécises, Bayonne ou Metz qui s’accordent un petit délai… Le calendrier d’application des Zones à faibles émissions (ZFE) est “limpide“ sur le papier, puisqu’il découle de la loi Climat et Résilience de 2021. Mais dans les faits, alors qu’au 1er janvier 2025, 43 métropoles devraient normalement être concernées (excluant de fait plus de 1,8 million de véhicules qui y sont immatriculés, soit 11 % de leur parc automobile), la cacophonie reste de mise. La plus grande confusion continue en effet à régner sur la mise en place de cette mesure injuste et antisociale, interdisant aux automobilistes n’ayant pas les moyens de remplacer leur vieux véhicule par un plus récent de circuler librement. Illisible, brouillonne et toujours aussi injuste pour les automobilistes au budget le plus restreint. Voilà en résumé ce qu’on peut dire deszones à faibles émissions, alors que depuis le 1er janvier 2025, ce sont, donc, 43 métropoles qui sont concernées. Enfin, ça, c’est si la loi Climat et Résilience de 2021 était appliquée. Car dans les faits, le bazar règne toujours en maître. Entre dispenses et dérogations, « périodes pédagogiques » et premiers PV à 68 ou 135 €, les ZFE confirment leur vocation à empoisonner la vie des usagers et à semer la confusion. Du côté de notre association, pas question de nous plaindre de ce retard à l’allumage, puisqu’il permet aux 1,8 million de voitures particulières et véhicules utilitaires (auxquels il faut ajouter quelques dizaines de milliers de poids lourds et des milliers de motos) directement concernés, car immatriculés au sein de ces ZFE, de continuer à circuler sans trop s’inquiéter des PV… pour le moment. Mais il faut reconnaître qu’on aura rarement vu loi plus mal fichue, plus méconnue et plus à côté de la plaque. Explications. 43 Zones à faibles émissions… mais 12 « dormantes » C’est la grande nouveauté depuis le 1er janvier 2025 : de deux ZFE obligatoires (Grand Paris et Lyon), plus dix ZFE déjà volontairement engagées dans un calendrier Les zones à faibles émissions (ZFE) sont entrées en application depuis le 1er janvier. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aux très nombreux usagers qui se voient lésés pour circuler s’ajoute une certaine confusion. Pour dénoncer cette mesure antisociale (à perdre son sang-froid !), la Ligue de Défense des Conducteurs (LDC) fait le point sur les niveaux d’application des ZFE, mais aussi sur les dispenses et autres dérogations. ZFE,QUI PEUT ROULER? Avec l’application des ZFE depuis le 1er janvier 2025, c’est au tour des véhicules Crit’Air 3 d’être interdits de circulation et ce, dans les périodes horaires indiquées, soit du lundi au vendredi jusqu’à 20 h. Avant 8 h et après 20h en semaine, les week-ends et jours fériés, il est possible de circuler avec son véhicule qui n’a pas la bonne vignette Crit’Air. En l’absence de contrôles automatiques, on peut considérer que 2025 devrait rester une année de pédagogie auprès des usagers concernés. RAPPEL VIGNETTES CRIT’AIR Crit’AirVert: 2-roues électriques et à hydrogène (Zero, Livewire, Super Soco...) Crit’Air1(euro4-5):2-3RM hybrides rechargeables (Kawasaki Ninja 7 et Z7 Hybrid, Piaggio MP3 300 LT Hybrid), immatriculées à partir du 1er janvier 2017 et cyclos à partir du 1er janvier 2018 Crit’Air2(Euro3): 2-3RM immatriculées du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2016 et cyclos du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2017. Crit’Air3(Euro2): 2-3RM immatriculés du 1er juillet 2004 au 31 décembre 2006. Crit’Air4: tous véhicules sans vignette attribuées immatriculés du 1er juin 2000 au 30 juin 2004. de restriction de circulation, nous sommes passés à 43. Dans les faits, comme le montre notre tableau ci-contre, douze des 43 ZFE ne vont pas lever le petit doigt pour le moment, malgré la loi. Mais si l’on en croit le standard téléphonique de notre association qui ne cesse de sonner, personne n’est au courant ! La valse des dispenses et dérogations Les douze métropoles nouvellement concernées par la première étape de mise en place de cette mesure (consistant à interdire la circulation des véhicules à vignette Crit’Air NC pour non classés, c’est-à-dire les voitures particulières d’avant 1997, les utilitaires d’avant octobre 1997 et les poids lourds d’avant octobre 2001), mais qui ne l’appliqueront pas, oscillent entre consignes kafkaïennes et volte face de dernière minute pour passer entre les filets de la ZFE. Exemple avec la métropole de Dijon et son arrêté ZFE. Extrait de l’article 1er : « À compter du 1er janvier 2025, l’ensemble des voies de circulation de la Métropole de Dijon situé à l’intérieur de la rocade, est dorénavant inclus en zone à faibles émissions mobilités […]. » Extrait de l’article 3 : « De manière temporaire, la mesure instaurée à l’article 1er ne s’applique pas, à titre dérogatoire, à l’ensemble des véhicules. » Débrouillez-vous avec ça ! Toulon, de son côté, informait ses habitants des interdictions de circulation en novembre 2024 (modèles Crit’Air 5 et NC bannis de 8 h à 20 h du lundi au vendredi)… pour y renoncer fin décembre, avec la bénédiction de la préfecture du Var, qui souligne que la loi fixe des échéances, « mais sans cadre coercitif » (bfmtv.com, 26/12/2024) ! PV… ou pas Aux dernières nouvelles, la verbalisation automatique pour non-respect des ZFE est pour 2026. N’y voyez aucune mansuétude de la part des pouvoirs publics. Derrière les périodes « pédagogiques » généreusement annoncées se cache un véritable cassetête pour croiser les bases de données nationales et locales qui permettront de déterminer si les propriétaires des véhicules concernés doivent recevoir une amende… Ce défi technologique profite pour le moment aux conducteurs, mais ce n’est qu’un répit. En revanche, lorsque les PV à échelle industrielle commenceront à tomber, nul doute que les erreurs elles aussi afflueront, comme nous l’avions Moto Journal [11] démontré en 2023, quand nous avions mis la main sur le « schéma de principe du contrôle automatisé » des ZFE… Malgré les risques et l’indignation que ces amendes ne manqueront pas de susciter, les collectivités, en manque de liquidités, auront tout intérêt à récupérer leur part du gâteau : un décret publié le 31 décembre 2024 détaille en effet les conditions d’affectation des recettes générées. En attendant, les rares PV dressés (68 € pour les véhicules légers, 135 € pour les poids lourds) le sont “à la volée”. Avec 1,8 million de véhicules directement concernés par les interdictions de circulation car immatriculés au sein des zones à faibles émissions (source : base de données du ministère de la Transition écologique), c’est une nouvelle étape qui a été franchie en ce 1er janvier 2025. Mais une trop grande partie des Français ignore encore tout des ZFE, et une trop grande quantité de métropoles ne jouent pas suffisamment la transparence. La Ligue de Défense des Conducteurs déplore vivement cette confusion… d’autant que le bénéfice direct – à savoir l’amélioration de la qualité de l’air – reste à prouver. Vu du paddock Passion deux roues Avec 15 000 km par an en moyenne, cela fait de nombreuses années qu’Aleix Espargaro passe plus de temps sur un vélo que sur une moto ! Une passion au moins aussi importante que celle qui l’a lié aux Grands Prix pendant deux décennies (et qui lui vaut même un tatouage sur la cuisse), qu’il va désormais pouvoir embrasser à pleines jambes. Sitôt sa retraite actée, le pilote espagnol a en effet officialisé sa nouvelle association avec l’équipe professionnelles Lidl-Trek où il assumera Humeur On doit être hors saison… Le bouclard d’anglaises jouxtant le kiosque à journaux, j’ai signé chez Triumph et replongé dans MJ que j’allais chercher puceau à 16 ans. Marquez en couverture, une Bonnie dans le garage, on est bien Tintin…Je me souvenais de ce mec puant d’orgueil s’en mettant deux à Jerez parce qu’un jeunot nommé Quartararo faisait trembler sa couronne. Marquez… La suite de Monsieur ôte-toi de mon chemin, on la connaît, fini le bowling ! Un bras rafistolé avec trois cruciformes, un contrôle technique de 50 pompes devant le toubib, un tampon Bon pour le service, et zou on y retourne ! J’y ai cru aussi. Un Sarron qui prenait dans le casque un choc équivalent-chute du 6e étage le samedi, démarrait sa bécane à la poussette le dimanche. On a même vu Lorenzo s’en mettre une énorme aux essais, faire un aller-retour express en Espagne pour pose urgente d’une broche claviculaire et retrouver l’arène d’Assen pour un top-5. « Au seuil des pavillons, on doit être hors-saison … » C’est pas moi, c’est Cabrel, mais je décode « au seuil des gravillons. » Les mots servent à cela : (se) mentir. Marquez déménage, change de chirurgien, de mutuelle, de statut et de moto. Résurrection christique : le diable ne l’avait crucifié que d’un bras. C’est grâce à l’article MJ de nos résiliences secondaires que j’ai remis mes bottes de tarmo et vu Marquez descendre de son piédestal pour un intérim en milieu de peloton. Une écurie accepte ce cheval de retour, en bénévole intérimaire. Celui que beaucoup voyaient comme une vieille rosse, dans un métier où l’on est vieux à 27 ans, avait tout à craindre et à prouver. Pour un riche, rien n’est pire que d’être pauvre, pour un homme brillant rien n’est pire que les ténèbres. Bien sûr, les codes ont changé, les temps de qualif sont serrés comme une jeune fille, faut y aller à l’arme blanche, couteau entre les PLANÈTE MOTO MOTOGP Par Serge Pradoux essentiellement un rôle d’ambassadeur et de conseiller auprès des jeunes recrues de l’équipe. Mais ne croyez pas qu’il ne s’agît là que d’un coup de com’ pour l’homme de 35 ans qui espère bien s’aligner au départ de quelques courses de haut niveau ! Destination Brésil Le MotoGP retournera au Brésil à compter de 2026. 22 ans après la dernière course disputée à Jacarepagua, le paddock posera ses caisses du côté de Goiás, une piste qui a déjà accueilli le championnat du monde de 1987 à 1989 et dont d’importants travaux de modernisation sont en cours. Un contrat de 5 ans a été signé avec Brasil Motorsport, déjà promoteur de l’actuel GP de Formule 1. VR46 et Yamaha, c’est fini Bien que faisant rouler une paire de Ducati en MotoGP, Valentino Rossi est resté très lié à son équipe de cœur Yamaha, constructeur dont il est un des ambassadeurs officiels. Le nonuple champion du monde accueillait également chaque année des jeunes pilotes de la marque pour un stage sous forme de bootcamp dans son ranch de Tavullia et équipait le team officiel en MotoGP avec des tenues fabriquées par son entreprise VR|46 Racing Apparel. Deux partenariats qui ont pris fin cet hiver. La liberté attendra Ce devait être bouclé pour la fin 2023. Il faudra finalement patienter un peu plus pour que Liberty Media ne soit officiellement propriétaire du MotoGP. À moins que l’affaire ne capote finalement totalement à cause de la Commission européenne. Cette dernière, qui a son mot à dire dans ce genre d’opérations, a en effet ouvert une enquête approfondie (phase II) pour demander des éclaircissements sur la situation de monopole qui pourrait découler de cette acquisition de Dorna par l’américain Liberty Media, déjà aux commandes de la Formule 1. Moto Journal [12] dents. Malgré des places dans le ventre mou du peloton, à chaque départ j’ai vu un Marquez motivé comme un acarien lâché au salon de la moquette. La saison ? Pendant que Quartararo cherchait une station-service ouverte le dimanche, Zarco peaufinait sa Honda, les Ducati factory caracolaient en tête et Viñales continuait à geindre sur l’Aprilia. Avec sa meule d’occase, Marquez a vu dans ses rétros débouler un Acosta, rookie sans complexes qui klaxonnait dur. Au pilote KTM le record de meules froissées à la déchèterie : chez les Orange, la banque est au rouge et les ingénieurs bosseraient sur des motoGP à mémoire de forme. Essai transformé, Marquez a regagné les cœurs en même temps qu’un guidon d’usine à coups de podiums. Vrai fauve qui n’a pas oublié le goût du sang ! Le dernier soir, le paddock s’est vidé tel une station balnéaire abandonnée. Cabrel, un petit dernier pour la route jusqu’à 2025 ? « C’est le silence qui se remarque le plus, on pourrait tout prendre, les murs, les jardins, les rues, ou bien peut-être un jour les gens reviendront, on doit être hors saison. » DR DR DR DR Moto Journal [13]
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