HERITAGE AND CO n°71 - Page 1 - 71 DÉSIR D’ÉCRIRE MAGAZINE Pour Elles Au format kindle (liseuse electronique) et au format broché L O L A F R E S S A N G E S LAURÉAT 2025 OSEZ EXPLORER VOS FANTASMES DISPONIBLE SUR AMAZON Mes chéries, ça y est. On y est presque. On aperçoit la lumière au bout du tunnel de réunions à rallonge, de mails qui s’accumulent et de listes de choses à faire qui s’étirent comme un élastique un peu trop tendu. Dans quelques semaines (ou jours, pour les plus chanceuses), on pourra souffler. Et pas juste un petit soupir entre deux rendez-vous : je parle d’un vrai, grand, profond soupir de soulagement. Celui qui commence dans les orteils, monte jusqu’au cœur, et se termine dans un grand "ahhh" de gratitude… Parce que l’été arrive, et avec lui, notre droit à la déconnexion totale. Et vous savez quoi ? Il va falloir qu’on s’autorise à ne rien faire. Oui, mes belles, je parle de glander. De ne pas "rentabiliser" nos vacances. De ne pas culpabiliser si on ne fait pas ce road trip dans les Pouilles, ce stage de yoga dans le Luberon ou ce grand rangement du grenier qu’on remet depuis trois étés. Parce que parfois, le vrai luxe, c’est de ne pas avoir d’agenda. De ne pas mettre de réveil. De ne pas cocher de case. Juste écouter le chant des cigales, boire un café glacé en lisant un roman qu’on traîne depuis des mois, marcher pieds nus dans l’herbe, regarder les nuages. L’été est une invitation à ralentir, à se reconnecter à soi, à reprendre contact avec son corps, son souffle, son désir. Et ça, c’est sacré. Alors oui, profitez. Savourez. Que vous partiez au bout du monde ou dans le jardin de votre grand-mère, que vous ayez des vacances version piscine à débordement ou pataugeoire gonflable sur balcon, c’est VOTRE moment. À vous. Pas celui qu’on vous vend dans les pubs ou sur Instagram. Celui qui vous ressemble : doux, imparfait, mais tellement précieux. Et si, par hasard, vous êtes de celles qui bossent cet été (on vous voit et on vous envoie des tonnes de courage et de love), trouvez ces petits instants d’évasion du quotidien. Un dîner dehors, une virée express à la mer, une sieste en plein après-midi… Chaque micro-bulle de bonheur compte. Bref, mes amies, que cet été soit une saison pour recharger les batteries, nourrir vos rêves et vous rappeler que le simple fait d’exister, c’est déjà beaucoup. Et que parfois, ne rien faire, c’est faire beaucoup pour soi. À très vite pour un numéro qui sent bon le sable chaud, les tomates gorgées de soleil… et la liberté retrouvée. Avec tout mon cœur (et mes lunettes de soleil vissées sur le nez), Votre rédac’ cheffe déconnectée mais toujours là pour vous ! Bientôt les vacances… Et si on en profitait vraiment ? Lucie Pinzano Édito HEUREUX [ POUR ELLES BY HERITAGE PLUS QU'UN MAGAZINE, UN LIFESTYLE MODERNE POUR LES FEMMES D'AUJOURD'HUI [ On se pose quelques instants... La méditation, ce n’est pas juste rester assise en tailleur sur un coussin en attendant l’illumination. C’est surtout un rendez-vous avec soi. Un moment où l’on suspend le tumulte, où l’on met en pause les pensées qui galopent, les injonctions qui pèsent, les listes de choses à faire. Méditer, c’est respirer en conscience, revenir ici et maintenant, et se rappeler qu’on est vivante, tout simplement. Dans un monde qui va trop vite, la méditation nous apprend à ralentir. À écouter ce qui se passe en nous. À apprivoiser nos émotions sans les fuir. Elle muscle l’attention, calme le stress, adoucit les tensions du corps et allège celles de l’esprit. On croit qu’on n’a pas le temps, mais en réalité, méditer ne vole pas du temps, elle en donne. Elle l’élargit. La méditation ne demande rien, sauf peut-être un peu de régularité. Pas besoin d’être parfaite, ni même zen à 100 %. Il suffit de revenir, encore et encore, à soi. Même deux minutes peuvent faire toute la différence. Parce qu’au fond, méditer, c’est s’offrir le plus beau des cadeaux : une pause de douceur dans le vacarme du monde. Pour Elles POUR ELLES S O M M A I R E 16 R I T U E L S B E A U T É La fontaine de jouvence enfin trouvée ? La réponse est vite répondue... 7 S L O W L I F E A U Q U O T I D I E N Grâce à la vulnérabilité choisie. On accepte ses failles pour mieux avancer ! 21 Q U O T I D I E N T R A N Q U I L L E Et si la solitude était en fait notre meilleure amie ? Elles témoignent 28 P A U S E L E C T U R E ! On s'amuse à découvrir des couples à la sexualité très libérée... 44 S E X O L I B I D O Les positions de base et plus si affinités : Tout savoir pour le rendre encore plus amoureux 53 I N S T A N T B . D . Un BD unique... comment se sentir mieux dans une société qui nous écrase ? 77 A P R E S L ’ E F F O R T Le réconfort... d’une belle dose de vitamine D ! Nos copines qui s’assument Pour Elles est édité par C.A Editions - 8 rue des Peupliers 17 000 La Rochelle Représentée par Mme Lucie Pinzano Périodicité : Mensuel Numéro - Juin 2025 Directrice de publications : Lucie Pinzano Conception graphique : Marjorie Xheni Maquette : Tom Vong Aide à la maquette : Louis Giraudeau Aide à la rédaction : Alain Belouis Sujet beauté : Virginie Lamort de Gail Photographies : Pierre Lafin Merci à : Margaux Pénélope, Rachel Papivoulo, Jordan Imari, Vincent Gauthier, Alex Minc, Clara Debavelaere Accueillir sa vulnérabilité, et avoir le courage d’être soi... On confond trop souvent la vulnérabilité avec de la fragilité, et cette confusion nous empêche d’accueillir un trésor essentiel : celui de s’accepter tel qu’on est, de développer une véritable empathie, et surtout, de cultiver l’humilité. Oui, je comprends, ce n’est pas facile de se sentir à nu. On doute, on vacille, on aimerait se cacher ou obtenir des réponses pour se rassurer. Et pourtant, je vais te montrer pourquoi c’est loin d’être une mauvaise chose. C’est un état intérieur qui bouscule, qui nous fait nous sentir réduits, fragilisés, enveloppés de peurs et de gênes. Ce n’est pas agréable, c’est vrai. La vulnérabilité secoue notre sentiment de sécurité. Moi-même, je me sens souvent désorientée et figée quand elle me traverse. Notamment quand je laisse transparaître mes sentiments à un garçon qui me fait vraiment craquer. La chercheuse Brené Brown explore beaucoup cette notion. Pour elle, la vulnérabilité, c’est aussi l’acte courageux de s’exposer, de dire oui à ses émotions et à sa sincérité. C’est se montrer tel qu’on est, avec nos aspérités, nos bizarreries, nos forces et nos failles. Bref, tout ce qui fait de nous des êtres humains, sensibles et pleins de tendresse. PAR STEFANO PRATT La honte qui surgit C’est cette impression amère qu’il y a un problème chez nous, que l’on n’est pas assez bien. Et alors, on coupe les ponts avec les autres, alors même que ces liens nous sont essentiels. On a appris à avoir honte, à se sentir mal, à travers des normes sociales qui glorifient la perfection. Parfois, même nos proches n’y vont pas de main morte, avec des blagues douteuses ou des critiques déguisées qui blessent plus qu’elles ne font rire. Quand le doute s’installe Ce flou intérieur nous ronge parce que notre mental réclame sans cesse des explications, des certitudes. Il veut comprendre ce que l’on ressent, mais aussi décoder ce que les autres font ou disent. Et si on reste dans l’inconnu, une petite voix dure se met à chuchoter qu’on est à côté de la plaque, qu’on n’est pas à la hauteur. On redoute cette incertitude, car on la lie à un échec ou à une faiblesse. Pourtant, ne pas tout savoir, ce n’est pas une faute. Mais tu le sais, cette quête de perfection nous pousse à nous juger, à nous malmener dès qu’on se sent un peu bancale. Non, être vulnérable n’est pas être faible C’est une croyance tenace, mais ô combien trompeuse. Penser que la sensibilité ou l’émotivité équivaut à un manque de force, c’est passer à côté de ce qu’il y a de plus authentique en nous. Car il faut un vrai courage pour se montrer tel que l’on est, sans filtres, sans armure. Il faut une vraie force intérieure pour oser dire : “voilà ce que je ressens”. Dans une relation – qu’elle soit personnelle ou professionnelle – on apprend à jauger, à doser, à se dévoiler progressivement, selon la confiance qui s’installe. La vulnérabilité, c’est offrir une part de soi dans un espace sécurisé, avec des personnes qui nous écoutent et nous respectent. Et souvent, dans ce lien de confiance, les confidences circulent dans les deux sens. On partage, on se soutient, on crée un lien humain, vibrant, vrai. Je joue les solitaires invincibles Parmi les idées reçues sur la vulnérabilité, il y a cette posture très en vogue : celle du loup solitaire. Le genre de personne qui garde tout pour elle, qui esquive les confidences, qui se la joue insaisissable, détachée, et qui préfère les liens légers, sans profondeur, histoire de ne jamais trop s’attacher — et donc, de ne jamais souffrir. Cette posture peut sembler forte… mais elle cache bien souvent un cœur cabossé. Et il faut dire que beaucoup d’hommes y ont recours, car on leur a appris à ne pas montrer leurs failles. Mais cette carapace, femmes et personnes non-binaires la connaissent aussi, surtout lorsqu’on a été trahi. C’est dans cet espace de fragilité que l’on apprend à s’aimer, à se respecter, à assumer ce qu’on est, sans masque. Et soyons clairs : ressentir un moment de faiblesse n’a rien de honteux. C’est un aspect humain, tout simplement. Et si l’on peut être vulnérable, c’est qu’on a aussi la possibilité d’être résilient, solide, debout. À vouloir se couper de ses émotions, à vouloir jouer les impassibles, on construit une armure. Mais cette armure, il faut l’entretenir, et ça épuise. À force de vouloir paraître invincible, on finit par se perdre soi-même. Quand la vulnérabilité est complètement rejetée L’autrice Madeleine L’Engle a cette phrase merveilleuse : « Être vivant, c’est être vulnérable. » Et je ne peux qu’approuver. En tant qu’hypersensible, je vis chaque émotion avec intensité, parfois jusqu’à l’inconfort. Notamment lorsque je me retrouve face à quelqu’un de brutal, qui me coupe la parole ou nie mes ressentis. C’est rude, c’est blessant, car mes besoins ne sont pas reconnus. Mais cette même sensibilité me permet aussi de goûter à des bonheurs immenses : un éclat de rire avec un ami, un frisson d’amour dans les bras de celui que j’aime, une bouffée de lumière en regardant le ciel. Et c’est ça, ma vitalité. Sans émotion, sans cette palette de ressentis, la vie serait vide. J’aime trop la tendresse, l’extase d’un baiser, le frisson de la connexion, pour m’en priver. On a beau dire que l’émotion est une faiblesse ou un excès, elle est bel et bien constitutive de l’être humain. Faire comme si elle n’existait pas, c’est tourner le dos à ce que nous sommes profondément. Non, être vulnérable ne veut pas dire tout raconter Autre cliché : croire que la vulnérabilité consiste à exposer toute sa vie, sans filtre, à n’importe qui. Pourtant, c’est bien plus subtil. Être vulnérable, c’est surtout choisir à qui l’on ouvre une porte. Ce n’est ni un déballage incontrôlé ni un aveu permanent. Ce n’est pas une honte d’avoir des zones d’ombre, bien au contraire. Les regarder en face, c’est déjà une forme de lumière. Faire face à ses peurs Oui, il y a la peur. Cette émotion qu’on voudrait fuir. Moi non plus, je n’aime pas avoir peur. Mais la peur a sa fonction : elle alerte, elle protège, elle signale. Elle n’est pas notre ennemie. À force de l’apprivoiser, elle devient une boussole plutôt qu’un boulet. Inspire, expire. Tu peux y arriver. Vraiment. De la fragilité au courage Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que la vulnérabilité n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de bravoure. À chaque fois qu’on choisit d’être vrai, qu’on ose parler avec le cœur, on fait preuve d’un courage immense. Ce courage-là, il ne se voit pas forcément, mais il transforme tout : nos relations, notre regard sur nous-même, notre joie de vivre. Oui, tu es à découvert quand tu te montres vulnérable. Oui, l’incertitude est désagréable. Oui, tu mets ton cœur sur la table, sans garantie de retour. Mais nulle part il n’est écrit que la prudence extrême rend heureux. Comme le dit si bien Brené Brown, « la vulnérabilité, c’est le berceau de l’amour, de l’appartenance, de la joie, du courage, de l’empathie et de la créativité ». Moi, je me souviens très bien : c’était à l’école primaire. Mes copines adoraient aller dire au garçon que j’aimais que, justement, je l’aimais. Systématiquement. À force de ces petits coups en traître, j’ai verrouillé l’accès. J’ai appris à me taire, à cacher ce que je ressentais, à mentir un peu pour ne plus être exposée, vulnérable. J’ai commencé à m’inventer un personnage plus solide que moi. Ce n’est que des années plus tard que j’ai réussi à redonner ma confiance. À mes amies proches, d’abord. Puis à moi-même, grâce à un long chemin intérieur. Aujourd’hui, je suis capable de me montrer sans armure. D’être entière. Vraie. Et c’est incroyablement libérateur. Un apprentissage parfois rude, mais libérateur Reconnaître sa vulnérabilité, c’est tout sauf confortable. C’est remuer la terre de son jardin intérieur, voir sortir quelques vers, et accepter qu’on ne peut pas contrôler ce qu’on ressent. Mais en même temps, c’est cette démarche qui permet de devenir soi, pleinement. Soit on continue à se battre contre ce qu’on ressent. Soit on s’ouvre enfin à qui l’on est. Et c’est là que commence la vraie paix. Apprendre à aimer ses zones d’ombre Ce n’est pas facile de commencer par ce qui nous dérange : les complexes, les cicatrices, les maladresses. Mais c’est là que réside notre humanité, notre beauté brute. Oser l’inconnu émotionnel Être vulnérable, c’est marcher dans la brume. Ne pas savoir où l’on va. Être nue au milieu d’un monde qui juge vite. Mais une fois que tu as enfilé ta cape de courage, il ne reste qu’une chose à faire : avancer. Pas à pas. En pleine conscience. Tu n’as pas à tout maîtriser. Tu as juste à respirer, à observer, à te rappeler que tu n’es pas seule. Et quand le moment viendra de faire un saut dans le vide, tu verras : tu n’es pas tombée. Tu as appris à voler. Même si je ne te promets pas que tout sera facile, je peux t’assurer que ce sera vrai. Renforcer l’estime de soi Plus tu apprendras à apprivoiser ta vulnérabilité, plus tu cultiveras une véritable estime de toi. Petit à petit, en passant par l’amour de soi, puis par la confiance. Ce n’est qu’en expérimentant chaque jour que tu découvriras ce que signifie réellement s’aimer. Faire grandir l’humilité Lorsque tu commences à observer ce que tu ressens intérieurement dans tes moments de fragilité, une nouvelle forme d’humilité naît. Et cette qualité est précieuse, parce qu’elle ne court pas les rues. L’ego adore se croire indispensable, se raconter des histoires et se donner le beau rôle — et souvent, il ne se gêne pas pour voler la vedette. On aime se mettre en avant, même derrière une couche de modestie bien calculée. Mais quand on touche à sa propre vulnérabilité, cette façade s’effrite. Et c’est là que la vraie humanité se révèle. Oser être soi Difficile de trouver sa vérité intérieure si l’on a honte de ce que l’on pourrait y croiser. Pourtant, c’est uniquement en acceptant nos zones d’ombre comme nos lumières qu’on peut s’épanouir. Ce n’est qu’en se montrant tel que l’on est qu’on peut vraiment être heureux. Alors oui, oser être authentique est une clé. Rien ne nous transforme autant que ces moments où l’on vacille. Je ne vais pas te mentir : les vraies métamorphoses ne se font pas dans le confort. Mais une fois ces épreuves dépassées, tu verras — tu te sentiras ancrée, lumineuse, plus forte et plus libre. Et tu découvriras que même les vagues les plus hautes peuvent être surfées avec grâce. Faire éclore la joie de vivre Chaque fois que tu dépasses un vieux réflexe de protection, que tu lâches une croyance toxique ou un réflexe dicté par ton ego, célèbre-le. Félicite-toi, savoure ce pas en avant. C’est une petite victoire intérieure, mais une grande avancée vers la liberté. Personnellement, à force de me libérer de mes schémas épuisants, je me sens plus pleine d’amour, de joie, et surtout… en paix avec moi-même et les autres. Prendre soin de soi, vraiment Se confronter à sa vulnérabilité, c’est un vrai sport émotionnel. Et comme après toute séance intensive, on a besoin de récupérer. Alors prends soin de toi, non seulement parce que tu le mérites, mais aussi parce que ton bien-être est la base de ton équilibre. Crée-toi une bulle, une routine qui recharge tes batteries et t’infuse une bonne dose de vibes positives. Se traiter avec bienveillance La vulnérabilité n’est pas agréable, et c’est précisément pour cela qu’il est vital de s’accueillir avec tendresse. Doucement, généreusement. Donne-toi de la douceur, aussi souvent que nécessaire. Et rappelle-toi que chaque malaise émotionnel est une opportunité d’aller vers toi-même. Choisir la résilience Accepter que la vulnérabilité fasse partie de nous, ce n’est pas se résigner. C’est reconnaître que certains inconforts sont inévitables, mais qu’ils peuvent nous aider à grandir. Résister ne fait que prolonger la douleur. En revanche, accepter ce qui est là, avec curiosité et humilité, ouvre la voie à plus de paix intérieure. C’est aussi comprendre que ne pas avoir les réponses, être perdu·e ou dépassé·e, fait partie de l’expérience humaine. Apprends à accueillir le flou, à danser avec l’imprévu. Respire. Ressens. Apprends. Avance. Cultiver la reconnaissance Même au cœur des tempêtes, il est possible de dire merci. Pas pour la souffrance elle-même, mais pour ce qu’elle révèle en toi, pour les leçons cachées.
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