A/R MAGAZINE n°72 - Page 1 - 72 3 ÉDITO L a Bretagne est surprenante. Prenons le cas de Landerneau où s’est déroulé un évènement au retentissement international, un évènement digne de figurer dans le Guinness Book. Le 17 mai dernier, la paisible bourgade a battu le record du monde de rassemblement de Schtroumpfs après avoir échoué deux fois. Félicitations aux 3076 personnes qui ont réalisé cet exploit en résistant à la pression. À toutes sortes de pression. Ainsi le maire, pour les aider, avait par arrêté interdit aux bars de servir à boire aux Schtroumpfs avant le comptage. Pas un seul ne devait manquer à l’appel. Comme on dit lors des interviews sportives, la victoire se joue sur des détails. Vous me direz à juste titre qu’un Schtroumpf ne fait pas le printemps. Surprenante la Bretagne, oui, mais encore? Eh! bien, figurez-vous qu’à Landerneau, l’ancien couvent des capucins après avoir accueilli le premier super-centre Leclerc en 1964 abrite depuis 2011 le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture. Ainsi, l’épicerie a évincé la liturgie, l’art a remplacé le lard, la peinture et la sculpture ont chassé les pots de confiture. Sidérantes métamorphoses dont Landerneau n’a pas l’apanage. À Brest, les Papeteries Armoricaines et Morlaisiennes se sont transformées en La PAM, un tiers lieu original qui diffuse des ondes bienfaisantes. Quant aux Ateliers des Capucins où ont été fabriqués les fleurons de la Marine nationale, ils sont devenus un lieu public à la fois culturel, économique et touristique qui participe à la revitalisation de tout un quartier. Citons aussi Lorient où comme à Brest, il a plu des bombes durant la seconde guerre mondiale. Sortis indemnes, les blockhaus allemands ont fini par recevoir les sous-marins français. Aujourd’hui, ils sont le point autour duquel se déploie Lorient La Base, un site reconverti en haut lieu du nautisme et de la course au large où l’on vient travailler, se distraire, manger et boire un coup… Ah, mais, schtroumpf alors! Tout à la Bretagne, j’en oublie les autres destinations à l’honneur dans ce numéro 72: Les Alpilles où il fait bon vivre, la Forêt-Noire dont une coutume veut que l’on mette un coucou dans les pendules, et la Somme qui a vu vivre sur son territoire tant de grands hommes. Parmi eux, Jules Verne, amateur de voyages extraordinaires. Puissent ces reportages avoir eux aussi quelque chose d’un peu extraordinaire. LA BRETAGNE, ÇA VOUS SCHTROUMPFE! MICHEL FONOVICH Directeur de la publication DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Michel Fonovich mfonovich@ar-mag.fr RÉDACTRICE EN CHEF Sandrine Mercier smercier@ar-mag.fr DIRECTION ARTISTIQUE Florine Synoradzki & Julie Rousset GRAND-REPORTER Christophe Migeon cmigeon@ar-mag.fr JOURNALISTE MULTIMÉDIA Océane Wodzynski PARTENARIATS ET RÉSEAUX Jérémie Vaudaux STAGIAIRES Camille Merly, Jessy Reilles DIFFUSION MLP CONTACT DIFFUSEURS ET DÉPOSITAIRES Société OPPER Tél.: 01 40 94 22 23 aabadie@opper.io RÉGIE PUBLICITAIRE Mediaobs 44, rue Notre-Dame-des-Victoires 75002 Paris Tél.: 01 44 88 97 70 Tél.: 01 44 88 suivi de 4 chiffres pnom@mediaobs.com Directrice générale: Corinne Rougé (93 70) Directrice de publicité: Caroline Paris (89 03) IMPRIMEUR Imprimerie de Champagne A/R MAGAZINE VOYAGEUR Publication trimestrielle Édité par les éditions du Plâtre SAS au capital de 10000€ 1 rue du plâtre — 75004 Paris Tél.: 06 87 83 22 56 R.C.S: 523 032 381 ISSN: 2971-0804 CPPAP: 1025 K 90544 Dépôt légal à parution © A/R le nouveau voyageur La reproduction, même partielle, des articles et illustrations publiés dans ce magazine est interdite. IMAGE DE COUVERTURE © Antoine Lorgnier IMAGE DE SOMMAIRE © Antoine Lorgnier MERCI À TOUS NOS CONTRIBUTEURS Katia Astafieff, Julien Blanc-Gras, Julien Chevallier, Laurent Delmas, Clara Ferrand, Jennifer Lesieur, Antoine Lorgnier, François Mauger, Tristan Savin, Jeremy Suyker, Albert Zadar. WWW.AR-MAG.FR 10-31-3162 5 8 CARYL FÉREY 18 FORÊT-NOIRE 26 BRETAGNE 50 SOMME 68 ALPILLES 90 PORTFOLIO L’hiver à Montréal hiver 2025 73 À venir : Mais pas que… Pour les Dom-Tom: 44,60€ pour 6 numéros papier ou 55,30€ pour l’offre intégrale Europe ( dont Suisse): 51,60€ pour 6 numéros papier ou 62,30€ pour l’offre intégrale International: 56,60€ pour 6 numéros papier ou 67,30€ pour l’offre intégrale >> Pour s’abonner par courrier, envoyez ce bulletin avec votre chèque à : Éditions du Plâtre, 1 rue du Plâtre 75004 Paris >> Pour s’abonner en ligne, rendez-vous sur: boutique.ar-mag.fr ou flashez le QR code ci-dessous. 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Elle vient des États-Unis, phare du divertissement. Les agriculteurs qui se prêtent au jeu peuvent en profiter pour faire un peu de pédagogie et vendre des produits fermiers en plus des entrées. Mettez du dédale dans votre vie. À en croire une campagne d’affichage en cours en Nouvelle-Zélande, le pays n’aurait pas 5 millions d’habitants,mais695milliards.Tousnejouentpasaurugbypuisquepouratteindrecechiffremonumental, on a comptabilisé toutes les créatures vivant sur l’île à l’exception des insectes et des limaces qui pourraient à juste titre se sentir ostracisés. L’objectif est primo de sensibiliser les 5 millions de Néo-Zélandais à l’extraordinaire biodiversité de leur pays, secundo de leur dire qu’elle est en danger. Alors, prêt à s’immerger respectueusement dans la foule et la nature? PRIÈRE D’ESCALADER AILLEURS Népal L’Everest étant le sommet qui cache l’Himalaya, le Népal a décidé d’attirer les alpinistes vers des montagnes trop souvent négligées en supprimant les frais d’ascension de 97 d’entre elles dont l'altitude varie entre 5870 mètres et 7132 mètres. Le but est de développer économiquement des régions déshéritées bien qu’elles détiennent de sublimes montagnes. Dans le même temps, le permis d’escalader le surfréquenté Everest passe de 9500€ à 12900€. Entre la nouveauté à 0€ ou l’éternel classique à 12900€, il faut choisir. Nouvelle-Zélande Photo : © Olyphotostories - stock.adobe.com Photo : © Vlevelly - stock.adobe.com ACTUS 8 ENTRETIEN 1967 Naissance de Caryl Ferey à Caen, mais il grandit à Montfort-sur-Meu en Bretagne, au milieu des vaches. 1985 Tour d’Europe en moto avec des copains, en mode Easy Rider. 1987 Exempté du service militaire, il part avec un ami en Nouvelle-Zélande. 1994 Son premier roman Avec un ange sur les yeux paraît chez Balle d’Argent. 2008 Il reçoit le Grand Prix de la littérature policière pour Zulu, Gallimard. 2022 Il publie une drôle d’autobiographie, Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale, Points. 2025 Publie Grindadráp chez Gallimard. 9 ENTRETIEN Une petite curiosité pour commencer, d’où vient votre prénom Caryl? C’est un prénom gallois que personne ne connaît. C’est aussi l’histoire pas très gaie d’un condamné à mort américain, Caryl Chessman, qui est devenu un symbole de la lutte contre la peine de mort, un truand qui est resté 12 ans dans le couloir de la mort avant d’être envoyé à la chambre à gaz en 1960. Durant son incarcération, il a écrit des livres pour se défendre et survivre. Mon père y a vu une sorte de Che Guevara et a choisi ce prénom pour moi. Ça vous a prédestiné à devenir un défenseur des causes perdues? À 6 ans, je voulais être tueur de braconniers après avoir vu à la télé un guépard se faire abattre. J’étais resté inconsolable. Je trouve ça hyper classe comme boulot. Je n’ai pas bougé là-dessus, mes livres parlent de ce lien perdu avec le sauvage comme Okavango centré sur le braconnage dans les parcs nationaux. L’humain est tellement arrogant et inconséquent alors quand je me retrouve dans la nature face à une girafe, ça me fait un bien fou parce que c’est un moment de paix. Le grindadráp est une forme traditionnelle de chasse aux cétacés encore en vigueur dans les îles Féroé. C’est le sujet et le nom de votre dernier polar. Est-ce un polar écologiste? Oui, le polar est un prétexte pour parler de l’état lamentable des océans. Le narrateur a 30 ans, c’est l’âge de ma fille et je connais assez bien l’écoanxiété de cette génération. Je voulais leur donner la parole sachant que les lecteurs de polar sont plus âgés. Au début du livre, il y a une course poursuite entre un navire de Sea Shepherd et un bateau-usine tueur de baleines. C’est flippant de vérité, avez-vous vécu cela en vrai? Ah non, j’ai peur de l’eau, comme tous les Bretons! Je nage à peine, enfin je coule plutôt, mais j’ai grandi avec Moby Dick et d’autres récits de mer où les éléments se déchaînent. En 1999, la pire des tempêtes a balayé l’Atlantique Nord, j’ai repris CARYL FÉREY L’action de Grindadráp, le dernier polar de Caryl Férey, se déroule aux îles Féroé sur fond de chasse aux cétacés et activisme écologique. Comme à son habitude, l’auteur, grand baroudeur, s’est immergé dans le décor pour nourrir son inspiration. Revenu du pays des tempêtes féroces, il a écrit un livre à la fois politique et mystique. TEXTE SANDRINE MERCIER PHOTO FRANCESCA MANTOVANI 10 toutes les données en poussant les curseurs pour que ça soit vraiment effrayant. J’ai passé du temps avec des membres de l’organisation environnementale Sea Shepherd qui m’ont raconté comment ils abordent les baleiniers. Je remets tout cela en perspective dans le roman. Qu’est-ce qui a nourri l’intrigue? D’abord le grind. Les images des massacres du grind sont choquantes. Des baies rouges de sang où des cétacés se débattent. Mais je ne voulais pas que ce soit les bons défenseurs de la nature contre les méchants chasseurs. Sea Shepherd, je les ai mis dans un endroit où ils n’ont pas le droit d’aller et je leur ai collé une tempête. Et enfin le côté polar, c’est presque un jeu, il faut toujours un cadavre, alors j’ai choisi le chef du grind. Après, il faut brouiller les pistes. Mais est-ce que vous avez aimé voyager aux Féroé, malgré cette tradition qui vous dégoûte? Les gens sont sympathiques, mais le sujet est hyper clivant. Sinon le fait que ce soit des îles avec des falaises qui tombent dans une mer déchaînée, c’est joli et inquiétant à la fois. C’était bien pour un polar. Et la tempête qui les met en totale autarcie crée des situations anxiogènes. Aux Antilles, ça n’aurait pas été la même ambiance! Vous semblez fasciné par les orques? Complètement! À la fin du livre, il y a d’ailleurs une plongée un peu chamanique avec les orques. C’est un animal d’une très haute intelligence, bien plus intelligent que les hommes puisqu’ils ne se battent pas entre eux. Leur société est matriarcale. Tout est dit. Ça montre à quel point leur société est évoluée! En mer de Norvège, j’ai eu la chance de nager en compagnie d’orques. L’eau était noire et froide, mais j’ai pu voir avec mon masque et mon tuba de grosses taches blanches circuler sous mon corps, c’est inoubliable. ENTRETIEN À 20 ans, j’ai fait le tour du monde, c’était ça, mes études. Après quand tu reviens, tout est possible, t’as plus peur de rien. Je pense que ça devrait être obligatoire pour tous les jeunes. Après ça, il n’y a plus de racisme. Caryl Férey 11 Est-ce que vous aussi, comme Gab le narrateur, vous êtes prêt à mourir pour une baleine? Je ne suis pas du tout plongeur comme le héros, moi, j’ai peur de la mort en apnée, c’est ma phobie, mais pourquoi pas si j’avais 75 ans. À 25 ans, non! Alors, où se situe votre conscience écologique? Moi, je suis pour l’écoterrorisme. Paul Watson est considéré par beaucoup comme écoterroriste, alors qu’il essaie juste de faire respecter les traités qui ont été signés et qui ne sont pas respectés. Je ne vois pas où est le terrorisme. Utiliser ce mot, c’est une façon de disqualifier la cause écolo et d’utiliser toujours les vieux codes du xxe siècle alors qu’on a déjà pris 3 degrés dans la vue. Les jeunes sauront eux prendre des mesures radicales. Vous rendez un hommage à Jean Malaurie au début du livre. Pourquoi? Parce qu’au Groenland, il a été en vraie interaction avec les Inuits et leur cosmogonie, il a découvert le chamanisme et un autre rapport au monde. Quand il revenait au collège de France, tout le monde disait: «Oh! Malaurie, il a pété un câble, il est devenu mystique.» Gaston Bachelard lui a dit: «Ne les écoutez pas, c’est une bande d’imbéciles, ils n’ont jamais bougé leur cul de leur siège en cuir et ils sont en train de vous faire des leçons alors que vous avez vécu pendant des années avec des choses qu’ils ne verront jamais.» C’est l’un des rares Occidentaux à s’être reconnecté avec ce qu’on a perdu, nous. À chaque roman, un pays, une tragédie, comment travaillez-vous et à quel moment voyagez-vous? D’abord, je me renseigne sur le pays, donc quand j’arrive la première fois, je connais assez bien son histoire, sa sociologie. Je pars en repérage trois semaines, souvent avec des potes comme ça on fait la bringue, on rencontre des gens, des musiciens, des libraires… ils finissent par me donner des pistes qui vont se recouper. Après, je rentre à Paris et j’écris pendant un an et demi puis je retourne sur place pour peaufiner les détails pour qu’on ait vraiment l’impression d’y être. Appartenez-vous à la famille des écrivains voyageurs? Avant voyager, c’était une vraie expédition. Maintenant, on prend l’avion. C’est pas le même voyage, les lieux sont vite surchargés de touristes. Je suis plutôt un écrivain qui voyage. Quand les Kessel et compagnie voyageaient, c’était de vraies aventures. Moi, ce sont des petites aventures. Vous avez quand même suivi les traces de Lawrence d’Arabie? Ah oui, ça, c’est un délire. J’adore son histoire, j’adore sa personnalité, j’adore le film de David Lean. Et justement dans le film, avant de prendre d’assaut Aqaba, Lawrence traverse un désert absolument magnifique. Quand j’y suis allé, j’ai parcouru aussi le désert avec des dromadaires, mais quand j’ai voulu me rendre à Aqaba, le fils du chamelier m’a prévenu que c’était ridicule, car trente kilomètres avant Aqaba, tu traverses la banlieue pleine de Jardiland et de centres commerciaux. T’arrives en aventurier dans une zone industrielle, le monde a changé! ENTRETIEN 12 Vous avez grandi à Montfort-sur-Meu en Bretagne. C’est un coin qui vaut le détour? Ça me fait marrer. Montfort-sur-Meu, comme son nom l’indique, c’est au milieu des vaches. Souvent, les écrivains se prennent au sérieux et se la jouent 6e arrondissement, moi c’est plus rigolo. Comment est né votre appétit pour l’ailleurs à Montfort-sur-Meu? Le village c’est sympa quand t’es petit, mais j’avais qu’une hâte, arriver au lycée pour aller à Rennes. Et puis à Rennes, une fois que t’as fait 30000 fois le tour des bistros, c’est bien d’aller ailleurs. Je n’étais pas scolaire, j’avais un problème avec l’autorité, alors à 20 ans, j’ai fait le tour du monde, c’était ça, mes études. Après quand tu reviens, tout est possible, t’n’as plus peur de rien. Je pense que ça devrait être obligatoire pour tous les jeunes. Après ça, il n’y a plus de racisme. Tu développes l’altérité, t’es forcément uni avec tous les peuples parce qu’il y a des gens sympas absolument partout. C’est en voyage aussi que tu sais vraiment qui tu es, tu te révèles. Ça fait beaucoup de bien pour la confiance en soi. J’ai lu que vous avez été auteur du Guide du Routard. Non, c’est Wikipédia qui se goure. En fait, dans les années 90, ils faisaient des polars du Routard. Ils demandaient à des auteurs d’écrire. Ça m’a permis d’aller au Maroc, mais ce n’était pas pour les guides. ENTRETIEN Un souvenir de voyage qui restera gravé? Au fin fond du Chili en territoire Mapuche, on a rencontré une vieille qui était vraiment toute pétée, elle paraissait 130 ans. Elle était chamane, on a fait une cérémonie, elle a invoqué les volcans, on ne comprenait rien et, à la fin, elle a nous a prévenus: «Attention en France, vous allez avoir des problèmes avec les volcans.» On s’est dit qu’avant que les volcans du Massif central se réveillent on pouvait attendre longtemps. Et en fait, on a été bloqués quelques jours après à Madrid à cause d’un volcan islandais qui a paralysé toute l’Europe. C’est peut-être un hasard, mais j’adore. Le dernier voyage? Je reviens des territoires Sioux dans le Midwest américain: Dakota, Wyoming, Montana. Là, je suis dans la phase d’écriture. Les Américains ont mis dehors les Indiens et leur ont donné les terres les plus infertiles. Ils ont perdu leurs terres sacrées et vivent dans des réserves qui sont de vrais dépotoirs avec des gens défoncés. Heureusement, il y a des activistes qui veulent récupérer les terres, qui se battent contre le gouvernement de Trump qui veut installer des pipelines. Je ne sais pas poser des bombes, mais je combats avec les mots. Et le prochain voyage? La Mongolie? Je vois un disque de chants mongols et bouriates à côté de votre platine. Moi, je suis plutôt rock, mais j’aime bien tout ce qui est un peu chamanique. Sinon, je n’aime pas du tout le lait caillé, et, comme c’est la boisson nationale, non merci! Grindadráp Caryl Férey Gallimard
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