TECHNOSAURES n°21 - Page 1 - 21 1 2 / Gamme Petite histoire du TO16 Michel Leduc !omson TO16, la gamme François Tonic 8 / Gaming Maze War François Tonic 10 / Gamme Olivetti et la gamme Prodest François Tonic 12 / Gamme Philips et la gamme P2000x François Tonic 16 / Machine Le Falcon enterre définitivement Atari François Tonic 20 / Machine Acorn A4 : le portable RISC OS François Tonic 22 / Machine Il y a 50 ans : l’Atair 8800 François Tonic 26 / Internet Intel Dot Station François Tonic 30 / Histoire Pixar Image Computer François Tonic 36 / Histoire !e mother of the all demos François Tonic 40 / OS GeoWorks : l’ambition de concurrencer Windows François Tonic 44 / OS Modification vidéo sur le VideoPac Frédéric Sagez 51 / SCSI SCSIknife François Tonic 53 / MACHINE NeXTStation Color François Tonic 58 / REPLICA Un Altair 8800 moderne François Tonic 60 / EVENEMENTS Nos dernières expositions La rédaction 61 & 62 / Divers Abonnez-vous Ours VERSION 0.9/ 23042025 2 L’histoire de la création des TO16 et TO16 XP vécue de l’intérieur par Michel Leduc et qui pourrait se résumer par « quand !omson a baissé les bras et fait comme tout le monde un compatible PC. Nuuul ! »… En Novembre 1986, la presse tire à boulets rouges sur la SIMIV (!liale informatique de Thomson), suite à l’annonce de l’arrivée d’un compatible PC Thomson sur le marché français. Il faut avouer que le changement d’orientation de la stratégie Thomsonienne sur la micro-informatique a de quoi surprendre. D’une part, l’introduction de la nouvelle gamme TO8 et TO9 avait été bien accueillie par la presse, et d’autre part les fuites sur le développement d’un 16 bits à base de 68000, en collaboration avec d’autres sociétés européennes (Acorn, Olivetti), avaient donné l’espoir de voir naître un 16 bits Thomson supérieur aux Amiga, Mac et autres Atari. Changement d’homme, changement de stratégie Cependant, le grand public ne connaissait pas les bouleversements internes qui ont conduit à cette décision. Petite histoire du TO16 1986 : Thomson arrête les frais GAMME ANNÉES 80 Michel Leduc 3 Les changements politiques, ainsi que les résultats miri!ques de la division moniteur, grâce aux ventes … Atari, avaient amené Thierry d’Argoeuves à la tête de la micro-informatique, et mis dehors Jean Gerothwohl et Robert Kaplan, tout en conservant Guy Brissy comme directeur de la SIMIV. Thierry, qui ne jurait que par ce qui venait des US, décida de partir à Los Angeles et d’emmener avec lui l’équipe R&D de la SIMIV, dirigée par José Henrard à l’origine du TO7. Celui-ci refusera la proposition de Thierry de partir à la recherche d’un compatible PC et s’orientera vers le CD-I (Compact Disc Interactif). Thierry demandera alors à deux experts américains de s’en occuper : Elizabeth et Peter Cattaneo. Direction Taiwan Après quelques tentatives infructueuses aux US avec Tandon et Chuck Peddle, le CEO concepteur du 6502, c’est vers Taiwan que Peter a orienté ses recherches, en visant Copam et Multitech. Je fus alors réquisitionné par Thierry pour aller avec lui faire un audit qualité des deux entreprises choisies. La visite de l’usine Multitech de Taipei m’avait amené à faire un rapport accablant, vu le peu de précautions pris lors de la production des PC, un domaine nouveau pour Multitech. Rien à voir avec le niveau de qualité des usines coréennes de Daewoo, que j’avais sélectionnées pour fabriquer les derniers TO/MO (TO8, TO8D, TO9 et TO9+). Malgré ma position négative et l’annulation de la visite de Copam, j’appris que la décision avait été prise de choisir Multitech (devenu Acer), pour fournir 10 000 PC compatibles, à la !n de l’année 1987. Contrairement à ce que je pensais, les 10 000 TO16/TO16 XP furent de bonne facture et avec un bon niveau de qualité. Ils reçurent un excellent accueil de la presse et du marché ! 1987 : fin de l’histoire ! En attendant les produits taiwanais, l’équipe de Culver City, avec le support de mon équipe à Illkirch, développa un compatible PC semi portable, le CPC2, qui ne verra jamais le jour sous la marque Thomson car la décision de fermer l’activité micro-informatique tombera juste après la fabrication des premières maquettes. Ironie de l’histoire c’est sous la marque d’une !liale américaine de l’ennemi juré de Thomson, Philips, que l’on retrouvera le CPC2 aux US, sous le nom de Head Start Explorer. A lire : le Thomson TO7. 4 Dans les équipes de R&D de !omson SIMIV, le futur de la gamme TO se dessine quelques mois après la sortie du Macintosh. Des prototypes du TO16 commencent à voir le jour dès 1985 : Motorola 68000, disque dur SCSI, une carte graphique dédiée, système moderne (OS-9). Mais le projet avance lentement et l’IBM PC s’impose de plus en plus. Les équipes vont alors redéfinir le TO16 pour le transformer en IBM PC compatible. Le virage PC du TO16 est sans doute pris dès 86, début 87. Le 1er TO16 PC sort à l’automne 87. Le projet TO16 68000 est abandonné au plus tard en 88. Les premiers modèles sont peu performants, avec une électronique peu chère mais dépassée. Les cloneurs font beaucoup mieux. La gamme Voir le tableau La gamme TO16 PC est une rupture totale avec les précédentes gammes 8 bits. Dans son n°43, SVM saluait l’entrée de Thomson dans une informatique plus moderne, seul le nom TO rappelle la gamme 8 bits. Le modèle PC est présenté comme bon marché, relativement performant mais avec une extensibilité limitée. Le processeur 8088 peut fonctionner à 4,77 MHz ou à 9,54 MHz. En puissance maximale, le TO16 PC a#che une puissance honorable même s’il THOMSON TO16 La gamme GAMME 1986 TO16 PC Intel 8088 512 Ko de RAM par défaut 1 lecteur 5 $ 360 Ko 2 slots ISA TO16 PCM Intel 8088 512 Ko de RAM par défaut 1 lecteur 5 $ 360 Ko 2 slots ISA Modem TO16 XPDD Intel 8088 512 Ko de RAM par défaut 2 lecteurs 5 $ 360 Ko 4 slots ISA Horloge temps réel TO16 XPHD Intel 8088 512 Ko de RAM par défaut 2 lecteurs 5 $ 360 Ko 4 slots ISA Horloge temps réel Disque dur MFM 20 Mo FRANÇOIS TONIC est en dessous des PC XT et PC AT. Le 1er modèle est volontairement limité, pour abaisser les tarifs. Petit plus : le bouton RESET. Le 1er marché est la maison et l’éducation. Mais, les premiers modèles sont trop limités pour avoir une réelle chance en entreprise. Pour construire la gamme, Thomson SIMIV s’appuie sur un OEM : Multitech (aujourd’hui Acer). La carte mère est d’origine taiwanaise et fabriquée par Multitech. Même le design du TO16 ressemble à lui de la gamme ACER, sortie la même année. Mais cette nouvelle orientation est arrêtée nette quand Thomson décide de sortir de la micro-informatique, avec l’annonce du 27 janvier 1989. Notre modèle : TO16 XPDD Par rapport au TO16 PC, le boitier est plus haut, permettant d’avoir 4 slots ISA 8 bits. Ils sont situés sur un panier et non directement sur la carte mère. Le processeur reste l’Intel 8088 cadencé à 4,77 ou 7,54 MHz (mode turbo). Il possède 512 Ko de RAM, extensible à 768. La ROM embarquée est de 32 Ko. On dispose de deux lecteurs 5 $ 360 Ko. La principale nouveauté est l’horloge temps réel, sauvegardée grâce à la batterie intégrée à la carte mère. Pour le reste, hormis le 2e lecteur 5 $ et 4 slots ISA, le XPDD reste identique. Aucune baie n’est prévue pour installer un disque dur, contrairement au XPHD. Ou alors il faut retirer un des lecteurs 5 $, pour y loger un disque dur. Thomson opte pour la technologie MFM. L’alimentation est standard pour l’époque : 85 watts. Il ne faut pas trop tirer dessus. Côté connectique, on dispose d’un port série, d’un port parallèle et une sortie vidéo intégrée à la carte mère. Le connecteur clavier est sur le côté. Côté vidéo, le port intégré supporte le CGA et le MDA. Mais la partie graphique propose des bizarreries sur les modes disponibles. Pour l’EGA, il fallait ajouter la carte GB-100. Cette carte est un rebranding pur et simple d’une carte conçue par Renaissance. Rareté : **** Prix : 300-500 % pour une con!guration complète et selon le modèle Photos TO16 XP DD : boîtier et intérieur. 5 7 Arrière La connectique standard est très limitée : le strict nécessaire 8 Parmi les premiers jeux évolués, nous pouvons citer Maze War. Il a été conçu par Steve Colley et la NASA. Il autorise un a#chage en 3D rudimentaire et se joue en réseau. Il fonctionne sur le mini-ordinateur IMLAC PDS-1. Nous sommes à l’été 1973… Le PDS-1 permet un a#chage graphique précis et capable de supporter des graphismes évolués, comme la 3D rudimentaire. Il était réservé aux grandes entreprises. Il coûtait un peu moins de 9 000 $. Il embarquait jusqu’à 16 Ko de mémoire magnétique. Le jeu se déroule dans un labyrinthe dans lequel on se déplace. Nous sommes le personnage principal du jeu et l’écran a#che ce que l’on voit par ses yeux. C’est le principe de Doom et des autres jeux du genre. L’a#chage 3D est une prouesse pour l’époque, même si les machines sont parmi les plus puissantes du marché. Le gameplay est simple, mais e#cace. Cela rappelle certaines séquences du !lm Tron. Le jeu est développé par trois étudiants, dont Colley, qui réalisent un stage au NASA Ames Research Center de la Silicon Valley. Colley crée les matrices permettant de créer le décor 3D et les déplacements. Il code la manipulation des objets 3D. Quand Ethernet fut mis au point au Xerox Parc, la possibilité de jouer en réseau fut intégrée dans les machines du Parc. L’origine du jeu n’a jamais été clairement mentionnée par les développeurs. Colley travaillait, avant même Maze War, sur l’a#chage 3D et la manipulation des objets sur l’écran : comment faire une rotation d’un cube 3D, comment interagir avec. Le 1ère version du jeu est en mode 1 joueur. Peu à peu, les déplacements ont été mieux gérés et la vue en perspective a#née, au fur à mesure du développement. Howard Palmer et Greg Thompson intègrent la gestion du multijoueur, grâce à une liaison série entre 2 IMLAC ! Si, au départ, il n’était pas possible de tirer sur l’autre joueur, cette fonction fut ajoutée assez rapidement. MAZE WAR LE 1ER JEU 3D ET EN RÉSEAU GAMING 1973 FRANÇOIS TONIC 9 En 74, la petite équipe se disperse entre le MIT, Stanford et CalTech. Ce n’est pas pour autant que le jeu tombe dans l’oubli. Thompson, alors au MIT, améliore le code : mode multijoueur complet, nouvelle vue graphique, utilisation de codes cachés dans le jeu. Un serveur Maze est même codé par Dave Lebling, sur un PDP-10. Il permet de jouer jusqu’à 8 joueurs, un système de messagerie est intégré ! Le jeu se di&use sur le réseau ARPANET. Devant son usage croissant, la DARPA décide de l’exclure du réseau. En 77, le jeu continue d’évoluer. Thomspon imagine 4 niveaux de sols. Pour améliorer les performances, il imagine même un composant spéci!que : le Maze Processor. S’il conçoit le design, d’autres ingénieurs du MIT l’aident à créer la puce et à écrire le code pour la gérer. Toujours en 77, au Xerox PARC, des ingénieurs redéveloppent le jeu pour l’Alto et le futur Star. Raf!nement ultime : le jeu supporte le nouveau réseau Ethernet 3 Mb/s ! En 82, le jeu Snipes, sur MS-DOS, reprend les principes de Maze. En 87, le jeu originel renaît sur Macintosh : Maze Wars+. Photos Evénement DigiBarns 2024 10 Le constructeur italien a été un des plus importants en Europe. Il aura marqué l’histoire de l’informatique avec le Programma 101. Il n’a cessé grandir pour racheter plusieurs marques dont le Français Logabax. La gamme Prodest visait le grand public. Olivetti s’intéresse au marché grand public au milieu des années 80 avec la gamme Prodest. Deux modèles sortent : - Prodest PC 128 et le PC 128 S : 1986 et 1987 - Prodest PC1 et le PC1 HD : 1987 et 1989 Si le nom est identique, les deux modèles ne sont pas compatibles. Le PC 128 est basé sur le Thomson MO6 et le 128 S sur le BBC Master Compact. Cela signi!e que les deux modèles 128 ne sont même pas compatibles entre eux. Le PC1 est un véritable PC compatible de type XT. Olivetti et la gamme Prodest GAMME 1986 FRANÇOIS TONIC 11 PC 128 / 128 S Ce modèle n’est pas le plus connu, ni le plus répandu. Il s’agit d’un repackaging du MO6 de Thomson. L’ambition du Français était d’étendre sa présence en dehors de la France. Olivetti pouvait être un excellent relais. Le MO6 connaît un succès très limité. Le design du 128 est identique. Les deux constructeurs avaient conclu un partenariat en 1985. Il garde les caractéristiques du Thomson, seuls le clavier et la ROM changent. Olivetti procède de la même manière avec Acorn, pour produire une version italienne du BBC Master Compact, destinée au marché italien. Elle en reprend l’électronique et le design. Seul le logo change et la localisation du système. PC1 Le PC1 est le Prodest le plus connu. Il s’agit d’un clone du PC XT, très similaire à l’Amstrad PC20 / Euro PC / Sinclair PC200. Il embarque un processeur Nec V40 (compatible avec l’Intel 8088), 512 Ko de RAM, 1 ou 2 lecteurs 3”½ 720 Ko, une sortie composite, une sortie moniteur. Le design est un peu atypique, avec les excroissances pour les lecteurs de disquettes. La fabrication est honnête, mais sans plus, tout comme la connectique réduite à l’essentiel. Il était relativement peu puissant pour réduire le prix. Il se destinait vraiment à la maison par son design et la sortie TV / composite. Le design compact ne permettait aucune extension interne. Il fallait ajouter un panier ISA sur le slot d’extension latéral. La carte mère est assez compacte et l’alimentation occupe le quart de la place intérieure. La version HD est une simple évolution du PC1 : support des disques 1,44 Mo et 640 Ko de RAM. La mention HD se réfère à la capacité des disquettes, et non à la présence d’un disque dur. Et comme le PC1, aucun slot ISA interne. Photos Annonces eBay
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