L'OPINION n°250526 - Page 1 - 250526 2 l’Opinion 26 mai 2025 Johanna Rolland est maire de Nantes et première secrétaire nationale déléguée du Parti socialiste. Le PS s’achemine vers un duel entre Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol; la même affiche qu’au congrès de Marseille de janvier 2023. Les mêmes causes ne risquent-elles pas de produire les mêmes effets, à savoir des accusations de fraude tous azimuts et un parti au bord de l’implosion? Si l’on veut être audibles des Françaises et des Français, on doit tout faire pour éviter le brouhaha entre socialistes. La gravité du contexte international nous y oblige. A l’Ouest, Donald Trump. A l’Est, Vladimir Poutine. Partout, la progression de l’extrême droite. A l’intérieur de nos frontières, c’est la vie quotidienne des Français, leurs besoins les plus essentiels – se nourrir, se loger, se déplacer – qui sont en jeu. Ce congrès n’a de sens que s’il sert à répondre à ces urgences. Au-delà du « pour » ou « contre » une alliance avec LFI, quel différend stratégique s’est exprimé entre Olivier Faure et ses adversaires? Aucun socialiste ne veut faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Le sujet, c’est le choix entre deux lignes stratégiques. L’une, celle que j’ai défendue dans ce congrès, doit déboucher sur une plateforme commune de la gauche. Avec un périmètre clair : de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. Or, j’observe que cette formule est utilisée aussi par Olivier Faure et Boris Vallaud. L’autre ligne, celle de Nicolas MayerRossignol, Hélène Geoffroy, Jérôme Guedj et Philippe Brun, suggère de rester dans l’écosystème socialiste. Comment qualifieriez-vous la motion conduite par Nicolas Mayer-Rossignol? Anti-fauriste? Celle des « sociaux-libéraux »? D’évidence, leur démarche est animée par la volonté de changer de premier secrétaire. Olivier Faure a été personnellement ciblé dans ce congrès, ce qui est en soi un bel hommage au travail accompli depuis 2018. A l’époque, je crois me souvenir qu’ils n’étaient pas nombreux à se bousculer au portillon pour récupérer l’héritage du PS. Si le fauteuil de premier secrétaire génère autant d’envies aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Quant à la ligne du ToC [texte d’orientation C, celui de Nicolas Mayer-Rossignol], pour avoir débattu avec plusieurs de ses représentants ces derniers jours, je serais bien en peine de la définir. Selon qui s’exprime, elle est à géométrie variable. Eux plaident pour un « Grand parti socialiste » avec Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann et consorts! Alors, oui, tout le monde se déclare favorable à l’union de la gauche en 2027. La vérité, c’est que quand on fait d’une candidature socialiste un préalable, on se retrouve avec quatre, cinq, six candidatures de gauche éparpillés façon puzzle. Ce serait une folie. Avec François Ruffin, avec Clémentine Autain, avec Raphaël Glucksmann, avec nos partenaires écologistes et communistes, nous devons impérativement construire les conditions d’une candidature commune. En écoutant certains camarades socialistes, j’ai parfois l’impression qu’ils croient que tout redeviendra comme avant Emmanuel Macron en 2017, qu’il suffit d’occuper un espace politique pour emmener les électeurs derrière soi. Je crois, au contraire, que cette illusion nous mène dans le mur. La tripartition du paysage politique a changé les règles, il n’y a pas de retour en arrière possible. Une victoire de la coalition anti-fauriste serait-elle synonyme de fin des discussions avec les partisans d’une candidature commune de la gauche en 2027? Depuis quinze jours, nos partenaires de gauche nous disent leur inquiétude. Ils nous demandent: tout le monde dans votre famille politique réalise-til ce que signifierait une défaite de la ligne du rassemblement ? Et ils ont raison. Si l’orientation d’Olivier Faure n’est pas celle qui gagne ce congrès, l’idée d’une candidature commune de la gauche en 2027 s’effondre. Et avec elle, l’espoir d’être au second tour. Nous serons relégués au rôle de spectateurs. Que pensez-vous de la proposition formulée par François Ruffin d’une primaire « de François Hollande à Philippe Poutou »? Certains socialistes s’émeuvent que François Ruffin ait déclaré vouloir gagner cette primaire. Mais franchement, soyons honnêtes : qui a jamais vu un leader politique dont l’ambition n’était pas de gagner? J’espère bien que quand nous aurons un ou une prétendante socialiste, il ou elle voudra lui aussi gagner cette primaire. A nous, socialistes, d’avoir confiance en notre capacité d’être la force motrice de l’union de la gauche pour 2027. Avant l’été, il nous faut envoyer un signal fort au peuple de gauche. Il n’y a pas de fatalité à ce qu’il y ait quatre, cinq ou six candidats sur la ligne de départ. Ensuite, viendra le moment de choisir une modalité de désignation: une primaire, une convention des sages, un processus citoyen. Rien ne doit être exclu a priori. S’affirmer, ce n’est pas se recroqueviller. Quand certaines travaillent à l’union des droites, il serait irresponsable d’opter pour le repli sur soi. Il n’y aura pas de sauveur solitaire pour la gauche, quel que soit son talent, ça n’existe pas. Même Raphaël Glucksmann? Je souhaite clairement qu’il rejoigne notre démarche commune. En cas de réélection pour un quatrième mandat, Olivier Faure serait-il légitime à porter les couleurs du PS à la présidentielle 2027? Olivier l’a dit lui-même : ne confondons pas les étapes. Au lendemain des municipales, viendra le temps du débat sur l’incarnation présidentielle. Pas avant. Que dites-vous à Boris Vallaud s’il arrivait sur la troisième place du podium à l’issue du vote du 27 mai? Peut-il faire l’économie d’une consigne de vote? D’abord, Boris a apporté des propositions intéressantes pendant ce congrès. Ensuite, je crois que quand l’essentiel est en jeu, il faut savoir se retrouver. Lors de l’assemblée générale de la fédération de Paris, je l’ai dit à Boris: « Si d’aventure tu finissais troisième, tu ne pourrais pas rester la Suisse ». J’ajoute que si, mardi soir, Boris Vallaud sortait deuxième et qu’Olivier Faure était troisième, j’appellerai dans la seconde, sans la moindre hésitation, à voter pour Boris. J’espère profondément que la réciproque sera de mise. Interview A.O. «Ondoittoutfairepouréviter lebrouhahaentresocialistes » Dans le money-time de ce congrès, cette promotion anti-Faure a agité un chiffre en guise de symbole de la sclérose dont souffre le PS : 39 815. Soit le nombre d’adhérents à jour de cotisation. Etre plus nombreux que Renaissance, qui compte 10 000 âmes tout au plus, n’offre qu’un maigre lot de consolation. La chute est vertigineuse : de près de 90 000 au congrès d’Aubervilliers en 2018, le PS est passé à 51 544 à Villeurbanne en 2021, pour finalement atterrir sous la barre des 40 000. Le constat le plus cruel, c’est un ancien fauriste rallié à la bande de Nicolas Mayer-Rossignol qui l’énonce: « Le PS fonctionne comme une multinationale avec le chiffre d’affaires d’une boulangerie ». Un uppercut signé Philippe Brun, le jeune député de l’Eure, qui raille « un premier secrétaire testé à 4% pour 2027 ». Ici, se cache la source du peu d’attention médiatique soulevée par ce congrès, par contraste avec la bataille Retailleau-Wauquiez chez LR : l’absence de figure présidentiable incontestable. « Dès lors que ces ingrédients n’y sont plus, on se moque bien de savoir qui tiendra les clés de la boutique », analyse le chef du Parti radical de gauche, Guillaume Lacroix. Cette crise de leadership tient pour beaucoup, selon Boris Vallaud, le troisième homme de ce congrès, à l’absence de retour critique sur la débâcle d’Anne Hidalgo en 2022. « On a fait 1,74% et on a gardé ça comme un secret de famille, regrette le Landais. Normalement, quand il y a un crash aérien, on regarde la boîte noire ». Persistance rétinienne. Les débris de la présidentielle ont été enfouis, recouverts à deux reprises par le ciment de l’union de la gauche. Alors comment expliquer que tout le microcosme s’enquiert toujours des résultats de ces querelles picholines? Les anciens partenaires du Nouveau Front populaire regardent l’appareil socialiste comme un astre qui brillerait encore, plusieurs années après sa mort. « C’est vraiment aussi tendu qu’on le raconte pour Faure ? », demande l’ex-insoumis Alexis Corbière. « Et Vallaud, qu’est-ce qu’il va faire après le premier tour? », poursuit une parlementaire écologiste. L’ancien premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis attribue cela à la « persistance rétinienne » : « Vous ne dominez pas la gauche depuis 1920 sans que ceci ait des conséquences dans la mémoire collective. Vous ne gouvernez pas la France depuis 1970 à trois reprises sans faire partie des meubles de la Ve République ». lll Suitedelapage1 Or, une grande histoire implique de grandes responsabilités. Les votants socialistes ont, entre leurs mains, une partie de l’avenir de la gauche pour 2027. « Si Nicolas Mayer-Rossignol gagne, Jean-Luc Mélenchon peut commander dix caisses de champagne. C’est son assurance-vie pour faire échouer une candidature commune de la gauche et des écologistes », à en croire Pierre Jouvet. Le mantra des fauristes demeure d’avoir un seul et unique candidat de la gauche à côté de Jean-Luc Mélenchon, quitte à se jeter dans le grand bain d’une primaire avec Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain et consorts. Manque de chance, le dessein unitaire a pris du plomb dans l’aile avec le refus de Raphaël Glucksmann de participer à une primaire qui irait de Philippe Poutou à François Hollande. Le leader de Place publique dit, en revanche, vouloir discuter d’une « offre commune avec le PS dans le mouvement des européennes et avec un cap clair ». Jusqu’ici, Raphaël Glucksmann s’était astreint à ne pas se mêler des affaires internes du PS. Son interview dans Le Monde vient, sans le dire formellement, accréditer la démarche de Nicolas Mayer-Rossignol, désireux d’attirer les « socialistes de l’extérieur » vers un pôle socialdémocrate. Même à la renverse, le cadavre socialiste reste l’objet de bien des convoitises. @A_Oberdorff @A_Oberdorff X X Olivier Faure, candidat à sa propre succession, occupe le poste de premier secrétaire du parti depuis 2018. SIPA PRESS CongrèsduPS:levraicoupd’envoipour2027àgauche Les insoumis ont affiché la couleur pour 2026? Dont acte. A Saint-Ouen, Karim Bouamrane a choisiderendrecouppourcoupaubaroninsoumis de la Seine-Saint-Denis. « Je l’ai dit à Eric Coquerel: si tu viens nous emmerder ici, un, on va te défoncer, et deux, on gagnera la circonscription », menace le socialiste sortant. A ses côtés, le maire PS de Montpellier, Michaël Delafosse, aborde, lui aussi, l’échéance des municipales, en ayantlesinsoumisàsestrousses.«Etrangement, LFI ne fait pas de sa priorité politique la lutte contre l’extrême droite. On voit bien où se déchaînelameute:cen’estpasàBeaucaire,àPerpignan ou à Hénin-Beaumont. Ils veulent se payer dessocialistes»,dénoncel’édilehéraultais. Une inconnue manque encore à l’équation de 2026 : de quel côté pencheront les écologistes? A Montpellier, il n’y a plus de doute sur la volonté de Julia Mignacca, co-secrétaire des Verts locaux, de faire liste commune avec les insoumis dès le premier tour. Avec la députée LFI locale, Nathalie Oziol, elle partage la même volonté de débarquer Michaël Delafosse qu’elle accuse de « dérive droitière ». Alliance rouge-verte. Sans une alliance rouge-verte,laformationdeJean-LucMélenchon ne pourra atteindre ses buts de guerre. Or, il n’a échappéàpersonne,etcertainementpasàl’étatmajordeLFI,quelesVertsontdésormaisdespositions à conserver: Strasbourg, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Tours, Poitiers, Besançon… « On veut bien les soutenir dans ces villes, mais ce n’est pas gratuit, prévient-on à l’intérieur de la maison Mélenchon.Ilfaudraqu’ilsrenvoientl’ascenseur àToulouse,Nantes,Rennes,Lille». Au vu de leurs scores aux européennes dans les centres-villes, les mélenchonistes vont monnayer leur soutien au prix fort en allant voir Marine Tondelier. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, revendique un simple « principe de Municipales2026 :laguerre desgauchesaura-t-ellelieu? réciprocité ». « On ne va pas servir de porteurs d’eau aux écologistes si personne ne vient nous aider là où nous avons des chances de l’emporter»,prévenait-ildéjààlaveilledesélectionsmunicipalesàVilleneuve-Saint-Georges,finjanvier. L’échec de Louis Boyard n’a pas dissuadé les ambitions municipales des stratèges insoumis. Bien au contraire, ils redoublent d’efforts et mettentlapressionsurladirectionécologisteafin descellerunpacteàl’échellenationale.Unesorte d’échange de bons procédés, révélé par Libération, où les écologistes accepteraient de se ranger derrière des têtes de liste LFI à Montpellier, Toulouse et Roubaix en contrepartie de quoi les écologistesauraientchamplibrepartoutailleurs. Or, cela supposerait pour la cheffe des Ecologistes de s’immiscer dans les affaires de ces militants locaux, très attachés à la liberté dans le choix de leurs alliances que leur confère le « principe de subsidiarité ». « Il n’est pas question de changement des règles, les discussions se feront avec les secrétaires régionaux », temporise-t-on dans l’entourage de Marine Tondelier. Et pour cause, tous les écologistes n’ont pas le même degré de proximité idéologique avec LFI qu’à Montpellier. A Lille, la tête de liste des Ecologistes, Stéphane Baly, ne veut pas entendre parler d’une alliance de premier tour avec des insoumis qu’il juge « repoussoir ». Il y a cinq ans, cet ingénieur de formation avait manqué de détrôner Martine Aubry du beffroi de Lille à 227 voix près, sans jamais fusionner avec le candidat insoumis, Julien Poix. « Parfois, il vaut mieux rester fidèle à ses valeurs que tenter un coup de poker, assume toujours aujourd’hui Stéphane Baly. Je vois bien le coup de pression qu’essayent de mettre les insoumis, mais ils n’arriveront pas à nous faire croire que Lille est une ville insoumise. Même en insultanttoutlemonde». A.O. « Je l’ai dit à Boris Vallaud: “Si d’aventure tu finissais troisième, tu ne pourrais pas rester la Suisse” » « En écoutant certains camarades socialistes, j’ai parfois l’impression qu’ils croient que tout redeviendra comme avant Emmanuel Macron en 2017, qu’il suffit d’occuper un espace politique pour emmener les électeurs derrière soi » «Sil’orientation d’OlivierFaurenegagne pascecongrès,l’idéed’une candidaturecommunedela gaucheen2027s’effondre», estimeJohannaRolland. SIPA PRESS 26 mai 2025 l’Opinion 3 La Fondation La Fondation de toutes les causes de toutes les causes Pour en savoir plus sur les avantages fiscaux, rendez-vous Pour en savoir plus sur les avantages fiscaux, rendez-vous sur ifi.fondationdefrance.org ou appelez le 01 44 21 87 87 sur ifi.fondationdefrance.org ou appelez le 01 44 21 87 87 EN DEFISCALISANT LEUR IFI, SYLVIE ET JEAN NE SERONT PAS TAXES D’EGOISME. .. Ce week-end, la proposition de loi sur la fin de vie, désormais scindée en deux textes – un sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir – a continué à être discutée à l’Assemblée nationale jusqu’à samedi. Les deux votes solennels auront lieu mardi 27 mai. L’une des questions qui se pose, bien que passée un peu sous les radars, est le rôle que joueraient les établissements privés dans les nouveaux dispositifs. Revient ainsi le soupçon accolé traditionnellement au secteur privé de vouloir tirer un profit excessif, y compris lorsqu’il s’agit de santé et de vies humaines. Ainsi, lors des travaux parlementaires – débutés il y a plus d’un an puisque la première proposition de loi avait été éteinte par la dissolution –, plusieurs élus ont demandé à exclure le secteur privé de la santé du dispositif d’aide à mourir, mettant en avant un risque de « marchandisation » de la fin de vie. « Logiques comptables ». Parmi eux, la députée écologiste Sandrine Rousseau avait affirmé, au printemps dernier, que « la mort ne peut pas être dans le monde du marché », lors de l’examen d’un amendement visant à permettre au secteur privé lucratif de gérer des établissements liés à la fin de vie. Une vision partagée par son collègue RN Jocelyn Dessigny – « On ne peut pas se faire de l’argent sur la mort des gens ». Il y a un an, la députée insoumise Elise Leboucher avait aussi affirmé refuser « que la fin de vie soit soumise aux logiques comptables, aux économies de bouts de chandelle commandées par les fonds d’investissement. Nos concitoyennes et concitoyens ont déjà trop souffert de la marchandisation des plus vulnérables ». Quant à Sébastien Peytavie, élu Génération.s de Dordogne, il y va franco : « Nous redoutons l’“orpéisation” de la fin de vie et nous nous opposerons fermement à la financiarisation de l’aide à mourir. » Mais c’est surtout le positionnement récent de Philippe Juvin, député Droite républicaine, qui a révolté le secteur privé de la santé. Avec d’autres parlementaires de droite, l’élu des Hauts-de-Seine, lui-même médecin anesthésiste-réanimateur, a déposé un amendement visant à exclure de l’aide active à mourir le secteur hospitalier privé à but lucratif. « Il faut empêcher que l’euthanasie et le suicide assisté deviennent un business », affirme-t-il dans le Canard enchaîné. Dans le JDD, dimanche, il insistait, avant le vote solennel: « J’ai l’espoir que les gens comprennent, que les indécis ouvrent les yeux et voient que ce n’est pas une loi fin de vie, que les critères stricts ne sont pas stricts, que ce n’est pas une loi qui va protéger les plus vulnérables. » De quoi faire réagir, dans ces mêmes colonnes,ladéputéeHorizonsetancienneministre de la Santé Agnès Firmin-Le Bodo: « Exclure le privé est une erreur, car certains territoires sont pauvres en hôpitaux publics. Et transférer des patients soignés dans une clinique ou hébergés dans un Ehpad privé vers un établissement autorisé à les sédater, c’est inhumain. Que les LR portent ce type d’amendement est baroque. » Un amendement finalement rejeté en commission mais la proposition va être représentée en séance, craignent les principaux concernés, à commencer par la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP), qui regroupe plus de mille cliniquesethôpitauxprivés. « Stigmatisation ». « Ils sont complètement à côté de la plaque en pensant qu’on va faire un commerce de la mort, s’indigne Lamine Gharbi, président de la FHP. Il est vraiment choquant de penser qu’on va faire des usines à mourir. » La FHP, qui a été, comme les autres fédérations hospitalières, auditionnée à plusieurs reprises par les parlementaires, à la fois sur les soins palliatifs et sur l’aide à mourir, rappelle qu’un quart des soins palliatifs en France sont réalisés dans des établissements privés. « Et cela se passe bien, soutient Lamine Gharbi. Quand il y a eu des scandales, des morts suspectes, c’était le fait d’individus, de certains médecins, dans le privé comme dans le public. » « Nous refusons que l’hospitalisation privée soit instrumentalisée pour servir quelque positionnement que ce soit », affirme le groupement des cliniques. Et de dénoncer « l’exclusion dogmatique d’un acteur majeur de santé » ainsi que la « prétendue “marchandisation”, qui ne saurait trouver la moindre résonance dans les missions de notre profession, ni chez les professionnels qui font preuve d’un haut sens de l’éthique dans leurs pratiques. Une telle stigmatisation est infondée et dangereuse. » Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, le 12 mai, la ministre de la Santé Catherine Vautrin a réaffirmé la volonté du gouvernement de respecter le choix du patient quant au lieuoùpourraitêtreadministréel’aideàmourir. @Jon_Elizalde @Jon_Elizalde X X Lescliniquesprivéesrefusentd’êtreexclues delapropositiondeloisurlafindevie Craignantune«marchandisation»del’aideàmourir,desdéputés,degauchecommededroite, souhaitentquelesecteurnesoitpasconcernéparlenouveaudispositif Aideàmourir Les députés ont achevé samedi à la mijournée l’examen de la proposition de loi ouvrant le droit à l’aide à mourir, après avoir adopté celle sur les soins palliatifs. Après le vote solennel, mardi, le texte sera examiné par le Sénat. « Je souhaite que le texte soit voté d’ici à 2027, c’est encore possible, assure Catherine Vautrin, la ministre du Travail, de la Santé, de la Solidarité et de la Famille dans la Tribune Dimanche. C’est une forte attente des Français. » Jon Elizalde «Exclureleprivéest uneerreur,carcertains territoiressontpauvres enhôpitauxpublics. Ettransférerdespatients soignésdansuneclinique ouhébergésdansunEhpad privéversunétablissement autoriséàlessédater, c’estinhumain» SIPA PRESS Un quart des soins palliatifs en France sont réalisés dans des cliniques. «Ilestvraimentchoquant depenserqu’onvafaire desusinesàmourir» 4 l’Opinion 26 mai 2025 Marchés A la veille du week-end, Donald Trump a menacé l’Union européenne de droits de douane à 50%, soulignant une nouvelle fois l’imprévisibilité du président des EtatsUnis. Les grands investisseurs non-américains se sentent trop exposés au dollar sous toutes ses formes, constate le patron des gestions de Rothschild AM. Interview Muriel Motte Le plan de relance du chancelier allemand Friedrich Merz laisse espérer que le rapport Draghi ne sera pas enfoui au fond d’un tiroir, veut croire Benjamin Melman, directeur des gestions d’Edmond de Rothschild AM. Le monde enchaîne les crises. En quoi la situation actuelle est-elle inédite? Nous sommes entrés dans un nouveau monde. L’architecture dessinée par les Etats-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, au centre de laquelle se trouvent le dollar et les institutions internationales, FMI, Banque mondiale, est menacée. Washington veut se retirer du jeu mondial, pour ce faire, l’administration Trump pourrait prétexter l’incapacité de ces grandes organisations à se réformer. Il y a aussi de grandes chances que la guerre commerciale s’éternise. Elle a en fait été initiée par l’agressivité industrielle de la Chine il y a une bonne dizaine d’années, et il n’y a aucun signe aujourd’hui que Pékin renonce à envahir le monde avec ses produits. La globalisation est aussi menacée. Le dernier point est qu’après avoir beaucoup compté sur la politique monétaire, les grands pays ont rarement autant utilisé la politique budgétaire dans un contexte de montée du populisme. Ce qui annonce, compte tenu du niveau des dettes, de probables crises des finances publiques. Cet environnement est-il propice à de nouvelles thématiques d’investissement ? Oui ! Nous avons, par exemple, lancé le fonds « Global Resilience » fin 2024, comme une réponse aux dérèglements post-Covid et dans l’anticipation d’une guerre commerciale. Aujourd’hui, les sociétés sont fragilisées par leur environnement, les chaînes d’approvisionnement peuvent être très facilement perturbées. Pendant vingt ans, le business model de l’Allemagne a été : j’importe pas cher de Russie pour exporter en Chine, tout ça sous le parapluie américain. Il lui faut tout remettre à plat. Les priorités changent, il est temps de revenir dans le bas de la pyramide de Maslow, c’est-à-dire de réinvestir dans la sécurité, la défense, la santé, les infrastructures, la cybersécurité... Si vous achetez un grand indice boursier aujourd’hui, vous achetez les gagnants d’hier, ceux de la mondialisation heureuse. Les choses bougent, on ne sait pas trop où va le monde, mais à côté des gagnants d’hier, il faut des entreprises capables de répondre à nos besoins fondamentaux. Depuis le début de l’année, ce fonds surperforme de plus de 7% l’indice MSCI World. Que révèlent les flux d’investissement actuels? Ces dernières années, les investisseurs sont massivement sortis d’Europe et des pays émergents pour aller aux Etats-Unis. Tout s’est renversé. Depuis le début de l’année, les capitaux arrivent en Europe, et depuis six semaines ils se dirigent de façon très sensible vers les pays émergents. Les grands investisseurs non-américains se sentent trop exposés au dollar sous toutes ses formes (actions, obligations). C’est le marché le plus liquide au monde, mais ce n’est plus une valeur refuge, on le constate depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Par ailleurs, les grands gérants américains ont perdu leur crédibilité sur les sujets ESG, qui sont réprimés aux Etats-Unis, mais qui restent très prisés ailleurs dans le monde. C’est une chance pour l’Europe, aujourd’hui vue comme un refuge ce qui ne peut que nous réjouir. A travers l’explosion du cours de l’or, on découvre aussi que de nombreuses banques centrales, celle de Chine notamment, ne veulent plus accumuler de dollars mais préfèrent diversifier leurs avoirs. Quant aux Japonais très investis en bons du Trésor américains, ils ont aujourd’hui chez eux des taux d’intérêt plus élevés qui les découragent d’investir en dollars. Ces flux d’investissement hors des Etats-Unis sont un mouvement de fond qui promet d’être durable. Les marchés actions semblent ignorer l’impact macro-économique de la guerre tarifaire... Oui, c’est pourquoi nous sommes globalement souspondérés sur les actions. Les négociations commerciales ne sont pas terminées, l’effet négatif des droits de douane sur l’activité est devant nous. Le plan de relance 2026 que Donald Trump veut faire passer dans le projet de budget porte sur 1% du PIB, alors que le déficit public atteint déjà 7% du PIB, et que les investisseurs étrangers hésitent à financer toujours plus les Etats-Unis... Tout cela génère d’énormes incertitudes. Wall Street a été soutenue le mois dernier par les achats de particuliers après le « jour de la libération ». Les Américains sont revenus sur le marché au moment où les investisseurs institutionnels prenaient des bénéfices. Quant à l’Europe, elle manque de fondamentaux très positifs, mais les investisseurs internationaux étaient tellement sous-pondérés sur cette zone que le simple rééquilibrage de leur portefeuille soutient les cours. Le plan de relance annoncé par le chancelier allemand Merz laisse espérer que le rapport Draghi sur l’indispensable relance des investissements européens ne sera pas enfoui au fond d’un tiroir. Mais il faudra des réalisations concrètes pour confirmer le réveil boursier du continent. La menace est-elle plutôt du côté de la dette publique? La menace grandit, les Etats-Unis sont entrés dans une zone d’alerte aux yeux des marchés. En cas de besoin, Washington peut prendre des mesures réglementaires pour permettre aux banques commerciales américaines d’acheter davantage de dette publique. Mais les déficits devraient augmenter de façon significative, leur financement sera la question majeure de cette administration. Le risque n’est pas du côté de l’économie, certes très « choquée » par la politique de Trump, mais dont les bases étaient saines. Les EtatsUnis devraient échapper à la récession, sauf en cas d’irruption d’une crise de la dette et du dollar. A trop vouloir jouer sur tous les leviers alors que les investisseurs mondiaux s’interrogent déjà sur leur surexposition aux marchés américains, c’est prendre de gros risques. Quels sont vos choix d’investissement aujourd’hui? Nous sommes sous-pondérés sur les actions, et sur les Etats-Unis en général. En revanche, nous regardons avec plus d’intérêt les actions émergentes. La baisse du dollar permet à ces pays d’assouplir leur propre politique monétaire et budgétaire puisque leur taux de change n’est plus sous pression. Ils vont aussi profiter du réveil chinois qui sort lentement de la déflation. @murielmotte @murielmotte X X «L’Europeestvuecomme unrefuge,cequinousréjouit» BenjaminMelman,directeurdesgestions d’EdmonddeRothschildAM,décrypte leschangementsstructurelssousl’èreTrump Astuce La proposition de loi du sénateur Duplomb sera examinée à l’Assemblée nationale en séance publique lundi 26 mai. Dinah Cohen et Emmanuelle Ducros La majorité relative donne des idées. La proposition de loi Duplomb visant à alléger les contraintes des agriculteurs, arrive ce lundi à l’Assemblée nationale. Déjà, le texte fait l’objet de quelque 3 400 amendements, dont 1 537 déposés par le seul groupe des écologistes particulièrement opposés au retour prévu de l’acétamipride, ce néonicotinoïde interdit en France, mais autorisé en Europe. Avec six jours de séance prévus, les discussions ne devraient pas arriver à leur terme. La loi risque donc de sombrer dans l’abîme parlementaire. « A raison de 30 amendements par heure, on en a pour au moins 12 ou 15 jours, soupire le président du groupe MoDem et ancien ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu, trop de sujets clivants dans cette loi, pesticide, eau, OFB... Elle ne pouvait que s’encalminer, ce qui est la pire chose qui peut arriver pour les agriculteurs. » Conscients de la pression mise par la profession, les macronistes ont toutefois fait preuve d’inventivité. Pour sauver un texte qui les divise pourtant, les députés du groupe Ensemble pour la République (EPR) ont décidé vendredi de déposer eux-mêmes une motion de rejet et ainsi repousser le texte de leur propre gouvernement. Le procédé peut sembler contre-intuitif. Surtout quand la consigne première était de se mobiliser en masse lundi, pour faire barrage à la motion de rejet de la gauche. Finalement, l’ex-majorité présidentielle veut faire en sorte que le débat n’ait pas lieu. Non pas pour tuer le texte, mais pour qu’il aille directement en commission mixte paritaire (CMP), où députés et sénateurs de droite et du centre sont majoritaires. Surenchères. Ce rejet de la proposition de loi déjà votée au Sénat le 28 janvier « n’interromprait pas le processus parlementaire, il le modifierait seulement, explique Marc Fesneau. Charge alors aux sénateurs et aux députés de se mettre d’accord sur une version commune et consensuelle. » « C’est le seul moyen de le sauver », estime un cadre macroniste. A condition que personne ne fasse de surenchère au moment de la CMP. « Idéalement, estime le député macroniste et ex-ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, il faudra un travail très consensuel et constructif. » Il faudra par exemple rétablir l’article consacré à la gestion de l’eau, qui a été biffé par la commission développement durable de l’Assemblée, et réécrit en totale contradiction avec l’esprit de simplification du texte. Les partenaires du « socle commun » ont directement emboîté le pas à leurs collègues. Le rapporteur (DR) du texte, Julien Dive, a même annoncé déposer en personne la motion de rejet qui pourrait aussi être votée par le RN. « Les députés de gauche ont le droit de voter contre ou de voter pour un texte, mais là, la seule chose qu’ils veulent, c’est empêcher qu’il soit voté », dénonce également l’entourage du ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola. @DinahCohen @DinahCohen X X @emma_ducros @emma_ducros X X Loiagricole:unemotion derejetpour...sauverletexte Lesdéputésmisentsurcettestratégie pouréviterdelaisserlapropositiondeloi sombrerdansdesdébatsinterminables Les plus grands ouvrages de l’histoire occidentale, de l’Iliade à Don Quichotte en passant par la Divine Comédie, ont probablement en commun d’être les récits d’une quête inextinguible de connaissance, à la fois une volonté de compréhension du monde et un progressif cheminement intérieur. Ils semblent pouvoir s’interpréter, aussi, comme la recherche d’un monde idéal, introuvable et inaccessible, car inexistant. Chassé du jardin d’Eden, l’homme judéo-chrétien est condamné à errer dans l’espérance d’un salut qui, par ses actes, ses prières ou sa pensée, sauvera ultimement son âme. La blessure première du péché originel irrigue la culture européenne. Elle reste en filigrane de maintes épopées, de mythes fondateurs, d’aspirations collectives. En osant, au risque de la précipitation, la caricature psychologique: l’individu démocratique reste désireux de regagner son paradis. Dans ce lieu idéal, il connaîtra béatitude et prospérité. Il retrouvera une harmonie parfaite entre les êtres: l’unité reconstruite liera les uns et les autres dans une douce félicité. A entendre certains discours politiques, il suffirait d’appliquer les propositions de leurs porte-paroles et de suivre leurs programmes pour que, soudain, le monde bascule dans cette euphorie lumineuse et que les différences s’accordent mélodieusement. Dès leur élection, promettent-ils implicitement, tels les héros d’un conte de fées, les citoyens vivront heureux et auront beaucoup d’enfants. Ecoutez-les: « L’argent est là, il suffit de le prendre! », « le volontarisme politique peut tout! ». Leurs solutions sont simples et magiques: elles se réaliseront miraculeusement, par l’onction du suffrage populaire. Ellesensontdès lors d’autant plus faciles à promouvoir. Création destructrice. Les plus virulents dénoncent avec vigueur les marchés et le capitalisme, instables et incertains, sans cesse bouleversés. La création destructrice dilapide les capitaux, épuise les individus, périme les systèmes. Les populistes s’engouffrent dans ces failles. Mais la rédemption n’est pas pour notre monde. Le paradis terrestre n’existe pas. Le populisme est une hérésie. Leur message est un mensonge. En proposant des solutions simples, ils promettent des miracles. Ils se veulent porteurs d’un discours d’inspiration quasi-messianique, prétendant que le salut viendra de l’immolation rituelle d’un bouc émissaire, abandonné en sacrifice aux ires divines. Taxer les riches. Rejeter les immigrés. Conspuer les deux. Leurs raisonnements sont incompatibles avec la liberté. Ils sont contraires aux réalités humaines, car la vie est imprévisible, l’existence incertaine, les aspirations irréductibles. A chaque instant, des milliards d’individus prennent des milliards de décisions, spontanées, irréfléchies, libres. A chaque instant, leurs milliards de volontés semblent antagoniques, incompatibles, irréconciliables. Elles se retrouvent néanmoins, par le génie de la liberté qui les laisse prospérer et se confronter. Elles se coordonnent par la magie du marché, qui leur permet de se rencontrer. La vérité du temps émerge de cette concurrence. Aussi, la démocratie exige le doute, demande la modestie, suppose l’erreur. Elle est elle-même un effort sur soi, une patiente réflexion. Le dieu biblique a donné à Adam et Eve la possibilité de choisir entre le bien et le mal. Leur vie en est conflictuelle, chaotique parfois, incertaine, rebelle. Elle est libre. L’unité parfaite, à l’inverse, ne peut se réaliser que dans l’oppression. L’harmonie placide n’existe que dans et par la mort. Les populistes sont bien de faux prophètes. @ @erwanlenoan erwanlenoan X X Choixpublics Leparadis n’existepas, lepopulisme estunehérésie Lachronique de Erwan LeNoan SANDRINE ROUDEIX « Il faudra des réalisations concrètes pour confirmer le réveil boursier du continent », tempère Benjamin Melman. DR « Les priorités changent, il est temps de revenir dans le bas de la pyramide de Maslow, c’est-à-dire de réinvestir dans la sécurité, la défense, la santé, les infrastructures, la cybersécurité...» 26 mai 2025 l’Opinion 5 un Boeing 747 qui a appartenu à la famille royale et qui est luxueusement équipé. Il devrait être transformé en Air Force One en attendant que les deux modèles commandés à Boeing par l’administration américaine soient livrés. L’avion en question a fait un vol vers la Floride pour que le président américain puisse le visiter. Il a été emballé. La Maison Blanche a dit accepter le cadeau « gratuit » du Qatar avant de reculer devant les protestations des députés démocrates, mais aussi de républicains. Tournoi de golf. Lors de son récent voyage au Moyen-Orient, Donald Trump a signé d’énormes contrats pour l’industrie américaine, dont 160 Boeing mais, dans le même temps, les affaires privées n’ont pas été oubliées. Le Qatar a engagé 5 milliards de dollars dans la construction d’un de ces complexes de luxe mêlant golf, hôtellerie et logements luxueux – l’entreprise Trump touchera les royalties. L’Arabie saoudite a mis un milliard de dollars pour une Trump Tower à Dubaï. Divers projets de complexes estampillés Trump sont à l’étude pour des constructions en Arabie et à Oman. Le mois dernier, l’organisation professionnelle de golf LIV, détenue par l’Arabie saoudite, a décidé d’organiser un tournoi au Trump National Doral, en Floride. Le président américain est arrivé en hélicoptère ce jour -là. Un peu plus tôt, Jared Kushner, le beau-fils du président, a obtenu les droits de construction d’un de Thinkagain Au début de son premier mandat, en janvier 2017, Donald Trump s’est engagé « à ne tirer aucun avantage personnel de sa fonction », une déclaration conforme à l’éthique présidentielle aux Etats-Unis comme dans tous les pays. En janvier 2025, pour son second mandat, il ne s’est engagé à rien de tel. On assiste, depuis, à des comportements de la part du président américain et de sa famille qui posent une multiplication de questions d’éventuels corruption et conflits d’intérêts. La porte-parole de la Maison Blanche a beau s’évertuer à dire que le président « n’a aucun conflit d’intérêts », dans les faits Donald Trump piétine toutes les conventions vertueuses d’intégrité et de transparence pour mêler sa vie privée à sa vie publique et s’enrichir sans aucun frein par centaines de millions de dollars. Eric Trump, son deuxième fils, président de l’entreprise familiale Trump Organisation, a posé en grande pompe mercredi 21 mai la première pierre d’un vaste complexe dans la banlieue d’Hanoï: un golf, un hôtel de luxe et des résidences. Cette construction de 1,5 milliard de dollars nécessite l’expulsion de plusieurs villages de paysans et le déplacement d’un cimetière. Il faut au minimum quatre ans de dialogues et de jugements au Vietnam pour ce genre de projet; cette fois tout a été réglé en trois mois. Le gouvernement a mis en place une procédure exceptionnellement accélérée de passe-droit de différentes législations. La présence du Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh lui-même à la cérémonie laisse évidemment penser que Hanoï espère, par ces gestes, un assouplissement du taux de 46% de droits de douane « réciproques » qu’a annoncé Donald Trump contre le pays. Un tiers des exportations vietnamiennes ont les ces complexes en Serbie, sur des terres appartenant à l’Etat. Le fonds souverain d’Arabie saoudite a placé 2 milliards de dollars dans ce projet. La fortune personnelle de Donald Trump estimée à 5,1 milliards de dollars il y a un an, s’est accrue de 1,2 milliard de dollars depuis, selon le magazine Forbes. Celle de ses enfants n’est pas calculée, mais ces derniers ont expliqué qu’ils avaient limité leurs entreprises lors du premier mandat, mais que cela n’avait pas empêché les « insanities », les accusations de corruption. Du coup, aujourd’hui, ils ont décidé de ne plus hésiter de quelque manière que ce soit à trouver des façons de s’enrichir. « On va respecter les règles, mais sans se brider », a expliqué Donald Jr. au New York Times (25 mai). Les présidents américains ont parfois eu du mal à bien séparer le pouvoir et leur business personnel ou familial. Le fils de Joe Biden s’est servi du poste de son père, lequel a dû le blanchir juste avant de partir. Mais ce qui change avec Donald Trump II, c’est qu’il se défait systématiquement de toutes les limites qui avaient été placées après le Watergate pour contrôler les faits et gestes de la Maison Blanche. De retour dans le Bureau ovale, il a licencié plus de 20 procureurs qui l’avaient poursuivi pour 34 accusations de fraude. Et le président de l’Office of Government Ethics a été viré en février. La Cour suprême avait ouvert la voie en juillet 2024 en décrétant que le président disposait d’« une immunité préventive pour tous ses actes officiels ». Les Etats-Unis sont dirigés par une personne qui ignore ce qu’est la corruption parce qu’il n’a aucune base de la décence et de l’honnêteté qui sont nécessaires à l’exercice de sa fonction. Eric Le Boucher @EricLeBoucher @EricLeBoucher X X Etats-Unis pour destination, ce taux très élevé serait meurtrier pour l’économie. Assiste-t-on à une sorte de racket? Jeudi 22 mai, le lendemain, dans l’un de ces complexes autour d’un golf construit près de Washington, Donald Trump a organisé un dîner de gala pour 220 des plus gros investisseurs dans la crypto-memecoin du nom de $Trump qu’a lancée le président juste avant de prendre ses fonctions en janvier. Une poignée d’entre eux a eu droit en sus à une visite privée de la Maison-Blanche avant le dîner. Trump qui avait critiqué les cryptos monnaies comme « inutiles » lors de son premier mandat, en est devenu le premier supporteur lors du second. Il est entré dans le business en force en créant un fonds, le World Liberty Financial, dirigé par son fils Donald Jr. Les Emirats arabes unis ont investi 2 milliards de dollars dans ce fonds. L’un des invités à la soirée du club de golf de Washington était le milliardaire chinois Justin Sun qui a acheté pour 40 millions de dollars de $Trump. Fraude. En 2023, Justin Sun a été accusé de fraude par la SEC (Security Exchange Commission), la police des marchés, mais après la réélection de Donald Trump, le président de la SEC, en désaccord, a démissionné et l’accusation a été abandonnée. Le président américain veut faire des Etats-Unis « la capitale mondiale de la crypto ». Le dîner tenu au son golf était destiné à vanter le nouveau climat favorable aux cryptos, mais aussi à attirer les investisseurs pour sa propre memecoin. Il y a une semaine, on apprenait que le Qatar voulait offrir à Donald Trump JEAN-FRANCOIS PAGA «Conflitsd’intérêtsduprésidentaméricain: “MakeTrumpRichAgain”» «DonaldTrumppiétinetouteslesconventionsvertueusesd’intégritéetdetransparence pourmêlersavieprivéeàsaviepublique»,estimenotrechroniqueurEricLeBoucher 6 l’Opinion 26 mai 2025 breu dans ses guerres destructrices en Palestine, au Liban et en Syrie, ses principales zones d’influencedanslarégion. Inconstance. Emmanuel Macron est opposé à la ligne guerrière de la coalition très à droite au pouvoir en Israël. La diplomatie française rappelle régulièrement ses exigences pour Gaza: retour au cessez-le-feu, reprise de l’aide humanitaire et préparation du « jour d’après » dans une enclave administrée par une Autorité palestinienne «rénovée». L’Elysée réclame aussi le retrait de Tsahal au Liban et souhaite que Tel AvivnedéstabilisepaslanouvelleSyried’Ahmed al-Charaa, reçu à l’Elysée le 7mai. Dans le camp Netanyahu, toute condamnation des guerres menées par Israël est rangée, au mieux, dans le registre des attitudes défaitistes freinant la victoire finale et, au pire, comme une décrédibilisationd’Israëlliéeàunsupposéantisémitisme. Les Israéliens reprochent aussi au président français son manque de constance dans ses positions. « Il a d’abord proposé de monter une coalition internationale contre le Hamas après Jet’aime,moinonplus La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé dimanche la mort de huit personnes dans des frappes aériennes nocturnes dans le centre et le nord du territoire palestinien où Israël intensifie son offensive. Dans le dernier sondage de la télévision Channel 12,55% des Israéliens interrogées estiment que l’objectif principal de Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, est de rester au pouvoir. Pascal Airault Jamais de mémoire de diplomates, on était allé aussi loin dans l’escalade verbale entre dirigeants français et israélien. Depuis quelques semaines, Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu n’ont pas de mots assez durs l’un pour l’autre. Le dernier éclat de voix remonte à vendredi. Dans une vidéo postée en anglais sur les réseaux sociaux, le Premier ministre israélien a reproché au chef de l’Etat français d’être du « mauvais côté de l’humanité et de l’Histoire » et l’a accusé d’encourager « les meurtriers », en référence au Hamas. Le ton était déjà monté le 13 mai, Emmanuel Macron dénonçant la poursuite de l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza en ces termes : « C’est une honte. » Réponse du Premier ministre israélien : « Macron a de nouveau choisi de se ranger du côté d’une organisation terroriste islamiste ». C’est en substance ce qu’il lui avait déjà dit lors de leur dernier entretien téléphonique, le 15 avril, en réponse au projet d’établissement d’un Etat palestinien. Depuis les deux dirigeants ne se sont plus parlé. Mercredi, les tirs de Tsahal en direction d’un convoi de diplomates – dont un Français – qui visitait le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, a donné lieu à une nouvelle passe d’armes. « C’est inacceptable », a rapidement twitté Jean-Noël Barrot, tandis que l’ambassadeur israélien en poste en France était convoqué au Quai d’Orsay. le 7octobre et un mois plus tard il accusait Israël de tuer des femmes et des bébés à Gaza dans un entretien accordé à la BBC, explique Emmanuel Navon, professeur de relations internationales à l’université de Tel Aviv. Il veut séduire le Sud global et une frange de l’opinion publique française ». Pour le chercheur, la relation bilatérale a du plomb dans l’aile comme à l’époque de Jacques Chirac qui était perçu comme un dirigeantpro-arabe.Onreproched’ailleursàEmmanuel Macron d’avoir rejoué le célèbre coup de sang de Jacques Chirac en 1996 lors de sa visite à Jérusalem en janvier2020, s’en prenant à un serviced’ordreisraélienunpeutropintrusif. « Macron nous refait du Chirac en se positionnant sur une ligne anti-israélienne et antiaméricaine, poursuit Emmanuel Navon. Il est allé chercher l’Arabie saoudite, une théocratie wahhabite, pour imposer à Israël, son allié démocratique, un plan euro-arabe pour la reconnaissance de l’Etat palestinien. C’est donner un avantage aux ennemis héréditaires d’Israël, le Hamasetl’Iran». La détérioration des relations personnelles entre Macron et Netanyahu pourrait avoir des conséquences sur la coopération stratégique. « La France perdra de son influence dans la région si elle reconnaît l’Etat palestinien, prévient Emmanuel Navon. Il y a aura de lourdes conséquences sur la coopération politique et sécuritaire. Israël devrait notamment écarter Paris de tout arrangement politique et processus de reconstructiondanslabandedeGaza». Benjamin Netanyahu avait déjà menacé de mettre son veto à toute participation active de la France au dernier accord israélo-libanais alors que le président français appelait à la fin des livraisons d’armes à Tsahal. Israël pourrait aussi annoncer une annexion pure et simple des implantations des colons en Cisjordanie. « Israël doit mettre fin aux implantations qui sont illégales et compromettent la viabilité d’un Etat palestinien ainsi que la sécurité des Israéliens et des Palestiniens », prévient le Quai d’Orsay. La France plaide pour le réexamen de l’accord d’association entre l’UE et Israël et menace son allié de nouvelles sanctions ciblées. @P_Airault @P_Airault X X «Bibi» et Macron ont parfois tendance à surjouer leur brouille pour des raisons de politique intérieure. Le premier remobilise sa base, le second cherche à regagner en popularité auprès desFrançaisd’originearabe. Tous les ponts ne sont pourtant pas coupés entre Paris et Tel Aviv. Le président Isaac Herzog a été reçu à dîner par le président français à l’Elysée, le 18 mai. A Paris, on semble privilégier le socialiste israélien, jugé plus modéré. Macron entretient aussi ses relations avec les centristes Yaïr Lapid et Benny Gantz, avec lesquels le courant passe, et avec Naftali Bennet, actuellement favoridessondages. Reconstruction. L’Elysée joue l’après « Bibi » dans l’optique des législatives d’octobre 2026. Ofer Bronchtein, chargé de mission d’Emmanuel Macron pour la paix et le rapprochement israélo-palestinien, poursuit son action. Il a présenté en février 2025 un nouveau rapport « Imagine Gaza », proposant un plan de reconstruction sur dix ans. Les diplomates israéliens se désolent qu’un allié fédère les pays européens et arabes pour mettre la pression sur leur Etat. « Que diriez-vous si on organisait des réunions avec les pays qui soutiennent l’indépendance de vosterritoires!»,confiel’und’eux. Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre, nes’estpasembarrassépourlediretouthautsur X, le 12 avril: « Vive l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française, de la Corse… », glissant au passage à Macron: « Va te faire f... ». L’escalade verbale n’est que l’expressiondedésaccordssurl’avenirduProche-Orient. L’Elysée a apporté son soutien à Israël après le 7 octobre, mais n’est pas prêt à suivre l’Etat héSIPA PRESS Jusqu’oùiralacriseentreEmmanuelMacron etBenjaminNetanyahu? LarelationentreleprésidentfrançaisetlePremierministreisraélienaduplombdansl’aile. Lesdeuxalliésn’ontplusconfiancel’undansl’autreetjouentchacunleurpartition Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu à Jérusalem, en octobre 2023. Toutecondamnationdes guerresmenéesparIsraël estrangée,aupire,comme unedécrédibilisation d’Israëlliéeàunsupposé antisémitisme Après dix-neuf mois de guerre, l’économie israélienne continue de résister, mais la population paye un lourd tribut. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoyait une croissance à 3,2% en 2025 et de 3,6% en 2026. C’était avant la reprise de l’offensive israélienne. Car la guerre a un impact important sur les activités. La progression du Produit intérieur brut (PIB) a ralenti à 1% en 2024. Si l’on tient compte de l’essor démographique, le PIB par habitant a reculéde0,3%.Riend’affolant,maislespopulations souffrent des conséquences des multiples conflits couverts (Gaza, Liban, Syrie) au quotidien.Leshabitantsontdumalàjoindrelesdeux bouts dans un pays où déjà plus de 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Selon le Bureau des statistiques, rien qu’en janvier,lesalimentsengénéralontaugmentéde 1%, les fruits frais de 2,5%, les coûts d’entretien des maisons de 2,1%, les prix de l’électricité de 4,1%. La population doit faire face à la hausse des prélèvements pour soutenir l’effort de guerre. L’Etat a décrété des hausses d’impôts, à compter du 1er janvier, pour augmenter les recettes publiques et combler le déficit budgétaire. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est passée de 17% à 18%. Le prix des transports publics a aussi progressé, le ticket de transport en commun augmentant de 33%. La taxe d’habitation est en hausse de 5,3%. Le budget de l’Etat est restreint. Seules les subventions accordées aux parties ultra-orthodoxes et sionistes religieux ontétéépargnéespourmaintenirlacoalitionde droite au pouvoir. Le conflit affecte le moral des ménages, le commerce et le tourisme sont en berne. « Nous sommes engagés dans la guerre la plus longue et la plus coûteuse de l’histoire d’Israël », a admis le ministre israélien des finances, Bezalel Smotrich, à la Knesset israélienne en septembre. Salaires gelés. « La mobilisation par Tsahal de 280000 réservistes (7% de la population active)apesésurl’ensembledel’économie,secteur des hautes technologies compris, écrit Jacques Bendelac,enseignantchercheurdel’institutuniversitaire Elie Wiesel dans le dernier numéro de Diplomatie.Auplusfortdelaguerre,cesontprès de 800000 Israéliens, qui sont sortis du marché du travail, soit 20% de la population active du pays: réserve de l’armée, familles déplacées, victimesdeguerre,salariésencongé,sanssolde, parentsd’enfantsdéscolarisés,etc.» De nombreux travailleurs indépendants ont dû fermer leur commerce. Certains employés ontvuleurssalairesgelés.Lasuspensiondespermis de travail aux 120000 ouvriers palestiniens et le départ de nombreux travailleurs étrangers, notamment asiatiques, pénalisent aussi les secteursdelaconstructionetdel’agriculture. Le solde budgétaire s’est dégradé en raison de la hausse des dépenses publiques pour financer l’effort de guerre. Le coût de l’action militaire pourrait s’élever au final à plus de 250 milliards de shekels (65 milliards d’euros). Pour relancer l’économie, le FMI et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) préconisent de maintenir la discipline budgétaire,derelancerlesprojetsd’infrastructures,de négocier de nouveaux accords de libre-échange, de continuer de lever les obstacles techniques au commerce, de relancer les programmes de recherche et d’éducation, de mieux intégrer les Arabes israéliens au marché du travail et de supprimer les prestations qui dissuadent les hommesultraorthodoxesdetravailler… P.A. L’économieisraëliennerésiste, la populationsouffre Quelques mots et un vent de panique. Le 29 avril à Tel Aviv, des milliers de personnes sont réunies pour « Yom Hazikaron » – jour de commémoration des soldats tombés depuis la création de l’Etat. Aux abords de la place, trois hommes parlent en arabe. Ils refusent de décliner leur identité auprès de la police. « Mehabel », crie aussitôt un témoin – « terroriste », en hébreu. Les participants se ruent pour se mettre à l’abri. Fausse alerte. Une vingtaine de personnes finissent à l’hôpital pour des blessures légères. Les trois hommes, eux, étaient en réalité employés pour l’événement. La scène illustre l’état de tension qui demeure depuis le 7 octobre 2023 entre juifs et arabes d’Israël, et la pression qui pèse sur ces derniers. « Tout le monde agit encore différemment que dans le passé – les gens sortent moins, ils sont plus réservés, ils regardent par terre... Le traumatisme collectif et individuel n’a pas bougé parce que les gens se sentent toujours autant en danger », observe Eyal Winter, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. Pour les arabes israéliens, la situation a connu deux temps. D’abord, le choc. Celui du 7 octobre et le fait qu’il touche indistinctement les victimes, parmi lesquelles 24 citoyens arabes, dont 19 bédouins, tous assassinés par le Hamas. Neuf autres ont été pris en otages. Surveillance. Rapidement toutefois, la surveillance par les services de police et de renseignement de toute expression de solidarité à l’égard des Gazaouis s’organise. La population arabe fait l’objet d’une attention particulière. Ces citoyens qui représentent 20% de la société israélienne, sont aussi les descendants des quelque 160 000 Palestiniens restés dans le pays après la guerre d’indépendance de 1948, désignés selon leur terme par « Nakba », catastrophe en arabe. A mesure que le 7 octobre s’éloigne, les images de Gaza prennent le pas. La pression se renforce et les relations se dégradent. Selon un sondage réalisé en janvier 2025 pour le centre israélien Givat Haviva, consacré à la réconciliation entre juifs et arabes, la confiance mutuelle chute : 23% des juifs affirment faire confianceàleursvoisinsarabescontre33%unan plus tôt; 39% des arabes en disent autant contre 50% en 2024. L’hostilité ressentie augmente et la présence dans les lieux mixtes tend à se limiter auxseulsespacesprofessionnels. Les discriminations déjà existantes sont aussi accrues par la coalition de Benjamin Netanyahu. « Le principal problème est la jeune génération, moins intégrée et qui paie le prix d’un gouvernement qui n’investit plus », dénonce Michael Milshtein, responsable du forum des études palestiniennes au Moshe Dayan Center de Tel Aviv. « Il y a de plus en plus de colère et de frustration. » L’an dernier, le gouvernement a réduit de 15% le budget du secteur arabe au motif de l’effort de guerre. Choix inverse à la politique du gouvernement de Naftali Bennett en 2022, dont la coalition comptait un parti arabe. Le Shin Bet, service de renseignement, a critiqué cette décision comme facteur de menace sur la sécurité intérieure. Le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, est également accusé de fermer les yeux sur les homicides de citoyens arabes, en hausse depuis un an et demi. Un décompte réalisé par le quotidien israélien de gauche Haaretz, relate mi-avril 75 citoyens tués cette seule année. « Le vrai problème, c’est que ce gouvernement ne promeut ni dialogue, ni coexistence », déplore Michaël Milshtein. Charge est laissée aux associations qui, elles, multiplient tant bien que mal leurs actions sur le terrain. Dinah Cohen @DinahCohen @DinahCohen X X Lafractures’accroîtentrejuifs etarabesdel’Etathébreu Le coût de l’action militaire pourrait s’élever au final à plus de 65 milliards d’euros 26 mai 2025 l’Opinion 7 Offensif Le Vietnam et la Thaïlande ont élevé leurs relations au plus haut niveau de coopération diplomatique. Les deux parties s’efforceront de porter le commerce bilatéral à 25 milliards de dollars américains d’ici 2030, en accordant la priorité aux énergies propres, à l’économie numérique et à l’agriculture de haute technologie. Claude Leblanc Emmanuel Macron entame, lundi, une tournée d’une semaine en Asie du Sud-Est au cours de laquelle il effectuera trois visites d’Etat au Vietnam, en Indonésie et à Singapour. Ce déplacement s’inscrit dans la stratégie indopacifique de la France dont il avait dessiné les contours en 2023, en choisissant d’y accroître sa présence militaire, notamment dans ses territoires d’outre-mer dans le Pacifique. Ces dernières années, s’appuyant sur sa présence militaire, la diplomatie française a tenté de forger des partenariats stratégiques en dehors des deux pôles que sont la Chine et les Etats-Unis. Suivant la tradition de Charles de Gaulle, la France se présente comme une « puissance d’équilibre » entre les deux superpuissances. Outre la protection de son territoire et de ses citoyens, elle se définit comme une puissance régionale « stabilisatrice » dans la région indo-pacifique. Et c’est ce message que le chef de l’Etat va rappeler à ses interlocuteurs lors de ces trois visites d’Etat. Pressions. « Le président de la République a fixé dès 2018 la volonté de la France de se réengager dans l’Indo-pacifique », rappelle d’ailleurs l’Elysée. Il est vrai que la France semble déterminée à répondre également aux attentes de certains pays, en particulier les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), coincés entre Pékin et Washington qui exercent, chacun à leur manière, une forte pression pour qu’ils se rangent derrière leur politique respective. D’autre part, et à la différence de la plupart de ses partenaires européens, Paris se distingue de la pensée stratégique qui vise de plus en plus à exclure et à isoler la Chine des efforts de coopération régionale. Alors que les positions avancées par l’Allemagne, les PaysBas et la Commission européenne ont toutes eu tendance à se référer à la Chine avec la triple description « partenaire, concurrent, rival », celles de Paris évitent d’utiliser un tel vocabulaire afin de conserver cette approche « équilibrée » qui peut rassurer les pays asiatiques peu enclins à la confrontation. Pour autant, cela ne signifie pas que ces derniers ne se préparent pas à réagir aux diverses situations de tensions qui existent dans la région. Les activités chinoises en mer de Chine méridionale ont conduit plusieurs pays à opter pour une politique de réarmement et de coopération militaire dont la France a profité et pourrait encore profiter à l’occasion du déplacement présidentiel. « Les pays de l’Asean font confiance à la France, d’abord et avant tout parce que nous apportons cette souveraineté et cette indépendance recherchées », rappelle-t-on à l’Elysée. L’achat en 2022 par l’Indonésie de 42 Rafale et de deux sous-marins Scorpène en est l’illustration. Emmanuel Macron devrait profiter de cette tournée pour signer de nouveaux contrats avec l’Asean et pour renforcer sa coopération en matière de défense. La réaffirmation de la présence française dans cette partie du monde est importante pour Paris car elle permet à la fois de rappeler que la France est une puissance du Pacifique et d’offrir une alternative aux pays de la région désireux d’échapper à l’étau sino-américain. L’Asie du Sud-Est est en effet une zone dont l’importance ne cesse de croître sur le plan économique et stratégique. Malgré les tensions commerciales et le ralentissement de l’activité mondiale, cette région reste une priorité pour les investisseurs qui y bénéficient d’un environnement favorable et d’une main-d’œuvre bon marché. Après une année 2023 record, les pays d’Asie du Sud-Est ont continué à profiter de la dynamique positive des trimestres précédents, la plupart des économies ayant enregistré une hausse des investissements directs étrangers au quatrième trimestre 2024. L’Indonésie a enregistré une augmentation de 30% des sommes investies au cours des trois derniers mois de l’année écoulée. Le Vietnam pour sa part a attiré plus de 38 milliards de dollars d’investissements en 2024, soit un accroissement de 4,4% par rapport à l’année précédente. La région a attiré des investissements dans des secteurs tels que l’automobile, l’électronique, l’exploitation minière et les services, chaque pays développant une force et des propositions de valeur claires dans des secteurs spécifiques plutôt que dans d’autres. La France pourrait profiter de cette dynamique. « Cette zone de 700 millions d’habitants représente aujourd’hui 4,5% du produit intérieur brut mondial et demeure la plus dynamique sur le plan économique », indique l’Elysée bien conscient du potentiel existant. A ce titre, le Vietnam, première étape du voyage présidentiel, apparaît comme une cible intéressante, notamment dans deux secteurs où la France bénéficie d’une solide expérience : le nucléaire et le ferroviaire. TGV. Alors que ce pays a choisi de décarboner entièrement son économie d’ici 2050 et de relancer son programme nucléaire civil, Emmanuel Macron pourrait proposer de partager son expertise dans ce domaine de même qu’il ne manquera pas de défendre les qualités du TGV auprès du gouvernement vietnamien qui a décidé de construire une ligne à grande vitesse entre Hanoï et Hô Chi MinhVille, les deux principales villes du pays. Toutefois, la réalisation de ces grands projets dépend beaucoup de la stabilité internationale et régionale dans une zone où, chaque jour, un tiers du commerce mondial passe par lesdétroitsdeMalacca,deSundaetdeLombok. En ce sens, il est intéressant que le président français termine sa tournée en Asie du Sud-Est par Singapour où il prononcera un discours dans le cadre du Dialogue du ShangriLa, rendez-vous annuel consacré à la sécurité en Asie. Il y présentera la France et l’Europe comme des défenseurs de la coopération internationaleetducommercefondésurdesrègles, à l’heure où d’autres puissances mondiales utilisent des méthodes plus « coercitives » ou « prédatrices », comme l’explique l’Elysée. Reste qu’Emmanuel Macron n’arrive pas le premier en Asie du Sud-Est, région de plus en plus courtisée. Il a été précédé, ces dernières semaines, par le président chinois Xi Jinping, le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba et même le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez qui se sont tous rendus au Vietnam pour y défendre une politique de coopération et d’ouverture. Le chef de l’Etat français saura-t-il se montrer plus persuasif que les autres à un moment où la concurrence s’intensifie dans cette partie du monde? @japonline @japonline X X MacronenAsiepourdéfendre sastratégieindo-pacifique LePrésidentserendauVietnam, enIndonésieetàSingapourafindeprésenter laFrancecommeunpartenairefiable Les mots sont taillés pour provoquer un électrochoc. Le 20 mai en Israël, Yaïr Golan, ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal et chef de file de la gauche, met en garde : alors que le plan de conquête de Gaza prend forme, son pays prend le risque de devenir « un Etat paria » comme le fut « l’Afrique du Sud », s’il ne se comporte pas à nouveau comme « un pays sain ». Un pays sain? Celui qui, gronde-t-il, « ne fait pas la guerre aux civils, ne tue pas des bébés par plaisir et ne se fixe pas pour objectif l’expulsion d’une population ». Dans un gouvernement où chaque opposant est désigné comme un « traître », le leader du parti Démocrates, minoritaire à la Knesset, ne dérogepasàlarègle.YaïrGolanestaussitôtaccusé par Benjamin Netanyahu de proférer «des calomnies antisémites». Le ministre de la Défense, Israël Katz, annonce sa suspension du service de réserveetsonbannissementdesbasesmilitaires. Débat inédit. Sa parole n’est pas vaine pour autant. Après lui, l’ancien Premier ministre et ex-membre du Likoud, Ehud Olmert, juge que les actions décidées par l’exécutif israélien « s’apparentent fortement à un crime de guerre ». Par leurs expressions, les deux hommes viennent nourrir un débat inédit et croissant dans une société israélienne encore traumatisée par les massacres du 7 octobre. Voilà un an et demi que des milliers de manifestants défilent chaque semaine pour appeler au retour des otages et à la sauvegarde de la démocratie. Dans leur viseur: Benjamin Netanyahu et sa coalition d’extrême droite. Jusqu’ici, jamais ou très peu, il était question de Gaza. Ariel, rencontré lors d’une manifestation fin mars à Jérusalem, évacuait la question des bombardements sur les civils, certain que « les Palestiniens de Gaza sont avec le Hamas ». Pour trouver des images de Gaza, il fallait arpenter les réseaux sociaux ou les colonnes du quotidien israélien de gauche Haaretz, également accusé d’antisémitisme ou de traîtrise. L’activisteisraélienJean-MarcLilingexpliquaità l’époque: « Notre priorité aujourd’hui est de ne pas tomber dans l’obscurantisme. La majorité des Israéliens n’ont pas d’espace émotionnel disponible pour faire preuve d’une réelle empathie au sujet des Palestiniens. » « C’est comme si les médias voulaient aider leurs auditeurs en ne leur montrant rien qui pourrait leur déplaire », déplorait il y a encore un mois Eyal Winter, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. La donne a changé. Aux visages des otages – 58 sont encore aux mains du Hamas, dont une vingtaineestimésvivants–s’ajoutentdésormais lesvisagesdesenfantsfaméliquesdeGaza,alors que l’aide humanitaire était bloquée par le gouvernement israélien. Les marches à la frontière de l’enclave se multiplient à l’initiative de plusieurs associations, dont celle réunissant des juifs et arabes d’Israël, « Standing together ». « Yaïr Golan a porté l’affaire dans l’espace public malgré le tollé qu’a suscité sa comparaison hasardeuse. Des manifestations mettent aujourd’hui en priorité l’arrêt de la guerre pour mettrefinauxsouffrancessubiesparlesenfants palestiniens », relève le chercheur franco-israélien Denis Charbit, auteur de Israël, l’impossible Etatnormal (Ed. Calmann-Lévy, 2024). « En Israël, une forme d’empathie pragmatique s’exprime: qu’allons-nous détruire de plus àGaza?»,avanceégalementl’activisteJean-Marc Liling. Une réaction éloignée de l’indifférence qu’il constatait jusqu’au cessez-le-feu du mois de janvier. Dans toute guerre, il existe des dommages collatéraux, estimaient ses compatriotes, balayant le jugement moral des Européens commeunesimplecondamnationdeplus. La peur n’a pas disparu, mais la colère a pris le pas. « Bien sûr que nous nous sentons encore menacés par le Hamas à Gaza. Mais là où le bât blesse pour Netanyahu, c’est qu’il n’offre aucune alternative en dehors de la violence », pointe Jean-Marc Liling. A ses yeux, le Premier ministre ne prévoit ni l’après-guerre, ni le retour des otages. Et de déplorer: « Nous avons le sentiment d’être pris au piège par un homme qui entend se maintenir au pouvoir par la continuation de la guerre. » A cela s’ajoutent les divisions croissantes, entre une partie de la société israélienne mobilisée et exsangue, et les ultraorthodoxes, qui refusent pour beaucoup de s’engager dans l’armée. Le fossé s’élargit. Le dernier sondage de la chaîne israélienne 13 fait état de 44% d’Israéliens encore favorables à l’expansion militaire à Gaza, contre 40% d’opposants. Pour faire face aux critiques, la rhétorique belliqueuse du gouvernementmonted’uncran.Danslesmédiasisraéliens, il n’est désormais plus rare d’entendre les personnalités politiques les plus extrémistes appeler ouvertement au nettoyage ethnique de Gaza. Benjamin Netanyahu, qui joue sa survie politique, continue de faire miroiter une victoire à portée de main, sans que personne ne sache en préciser les contours. Trahison.PourRuthBerdahCanet,membre du Forum des familles d’otages, son gouvernementsuitainsiunplanprécisetconcerté.«Onlit dans la presse que Netanyahu parle d’annexion, c’estpeut-êtreunmoyendepressiondécidéavec ses alliés, tout n’est pas rendu public », défendelle. Cette ancienne réalisatrice est en colère contre les critiques européennes, surtout françaises.«Jesuispasséed’unsentimentd’abandon à celui de trahison », s’émeut la franco-israélienne, pour qui «le feu des projecteurs doit être surleHamas,passurIsraël». Un autre sujet reste sous les radars. En Cisjordanie, la part de colons présente pour des raisons idéologiques s’adonne quasi quotidiennement à des violences sur les populations palestiniennes. En Israël, les citoyens les plus à gauche les désignent comme des « terroristes » quand, pour d’autres, il est devenu courant de détourner le regard. « Les gens ne veulent plus s’aventurer sur ce terrain. D’abord parce que certains ont le sentiment que la parole ne vaut plus grand-chose tellement les actes sont violents ; d’autres craignent de faire des concessions à nos ennemis en formulant des critiques », explique Denis Charbit. Pourlechercheur,lapattedu« trumpisme » s’est invitée dans une société qui n’a pas encore entamé sa convalescence. « Avant, le gouvernement exprimait sa position hostile à un Etat palestinien en des termes rationnels et il y avait possibilité de débattre, mais en évoquant son projet de “Riviera” à Gaza, Donald Trump a ouvert le champ à toutes les horreurs et décomplexé la parole », dénonce-t-il. Un paradoxe, puisque le même Donald Trump émet désormais des réserves quant à la poursuite de la guerre. Les images d’enfants en souffrance l’ont particulièrement touché. Le dirigeant américain n’a pas pour autant décrété, à ce stade, de mesures visant à freiner le gouvernement israélien. Dinah Cohen et Nina Jackowski @DinahCohen @DinahCohen X X @Nina__Jacks @Nina__Jacks X X Ledouloureuxréveil d’unesociétéisraéliennedivisée Une manifestation pour la libération des otages et la sauvegarde de la démocratie à Tel Aviv, en Israël, samedi. SIPA PRESS «Biensûrquenousnous sentonsencoremenacés parleHamasàGaza. Maislàoùlebâtblessepour Netanyahu,c’estqu’iln’offre aucunealternative endehorsdelaviolence» Emmanuel Macronentameunetournée d’unesemaineauVietnam,enIndonésie etàSingapour. SIPA PRESS «Cettezonede700millions d’habitantsreprésente aujourd’hui4,5%du produitintérieurbrut mondialetdemeure laplusdynamique surleplanéconomique», indiquel’Elysée 8 l’Opinion 26 mai 2025 BEY MEDIAS PRESSE & INTERNET SASU - 8, rue Bellini, 75116 Paris - www.lopinion.fr - Actionnaire : Bey Médias SAS. Président, directeur de la publication : Nicolas Beytout. Vice-président, rédacteur en chef : Rémi Godeau. Rédacteurs en chef adjoints : Olivier Baccuzat, Emmanuel Ginisty et Cécile Desjardins. BEY MEDIAS PUBLICITÉS - Tél : 01 40 69 46 96. Directrice générale adjointe, commerce : Cécile Colomb. Publicité commerciale : Ronan Daligault, Pierre-Louis Orsini. Publicité financière : Nicolas Wattinne. SERVICE ABONNEMENTS L’OPINION : 45 avenue du Général Leclerc, 60643 Chantilly Cedex - Tél : 01 55 56 70 73 du lundi au vendredi de 9h à 18h - Email : abonnements@lopinion.fr. Formule d’abonnement pour 1 an – France métropolitaine : 319 €. IMPRESSION : Paris Offset Print (La Courneuve). Dépôt légal mai 2013 – ISSN : 2266-9922 / CPPAP : 1128 C 91894. Papier produit à partir de fibres issues de forêts certifiées gérées durablement. Origine du papier : Norvège. Taux de fibres recyclées : 0%. Eutrophisation : Ptot 0,022 kg / tonne de papier Et retrouvez Emmanuelle Ducros de l’Opinion à 8h49 pour sa chronique Voyage en absurdie 7H-9H EUROPE 1 MATIN Dimitri Pavlenko Et retrouvez Emmanuelle Ducros de l’Opinion à 8h49 pour sa chronique 7 EUROPE 1 MATIN Dimitri Pavlenko © CAPA Pictures / Europe 1 L’invitédu8Bellini E n 2015, les économistes JeanHervé Lorenzi et Mickaël Berrebi écrivaient un livre prémonitoire intitulé Un monde de violences. Ils y expliquaient pourquoi les tensions économiques et sociales ne pouvaient que déboucher sur des conflits géopolitiques. Dix ans plus tard, ils ont rajouté un « Et après ? » à leur titre. Les contraintes se sont renforcées et les conflits éclatent, qui l’eut cru, jusqu’aux frontières de l’Europe. Ce monde de violences dont vous parliez il y a dix ans, nous y sommes donc... Dans une sorte de proposition très iconoclaste, nous évoquions le fait qu’il y aurait des guerres. Nous observons aujourd’hui une concentration d’articulations violentes entre les groupes sociaux, les régions, les générations et les Etats qui, si nous n’arrivons pas à l’apaiser, conduiront au pire. On parle d’un conflit qui nous concerne, l’Ukraine. Mais on oublie les milliers de morts dans le Sud-Soudan ou que le Cachemire a failli être l’objet d’un conflit entre deux puissances supranationales. Nous sommes dans un univers très instable, produit de phénomènes macroéconomiques et sociaux lourds. La troisième mondialisation a dessiné les contours de ce qui est tout sauf un « village global »: un monde privé de mode d’emploi qui court éteindre un incendie après l’autre sans jamais en voir la fin. La poussée des populistes et leur valorisation de l’action à tout prix empire-t-elle les choses? Ma conviction : la prise de pouvoir de l’argent et de la technologie est une des sources de tensions les plus fortes. L’histoire nous indique que jamais les politiques ne donnent à d’autres qu’à eux le pouvoir de décision complet. Dans les dictatures bien sûr. Mais aussi désormais dans les démocraties. S’y ajoute cette volonté incroyable des Big tech de prendre le contrôle. Il y a dix ans, poser le problème du démantèlement des grands monopoles technologiques était irréaliste. Aujourd’hui, chacun a retrouvé ses esprits. Financiarisation accélérée, explosion des inégalités, transfert massif d’activités vers les pays émergents... Déjà présentes dix ans plus tôt, ces contraintes peuvent-elles encore être corrigées? Prenons la troisième, celle des transferts d’activités. Cette décision, les pays développés l’ont prise il y a maintenant vingt-cinq ans, parce qu’ils étaient persuadés d’être les plus aptes à maîtriser la science et la technologie, donc les plus puissants pour longtemps. Ils avaient juste oublié que la Chine avait été la première puissance mondiale jusqu’en 1820 et qu’une grande part des innovations produites dans le monde vient de Chine. Ces contraintes perdurent. Parmi les contraintes à venir, il y a la démographie... En France, le vieillissement entraînera en 2030 un surcoût de 50 milliards d’euros, partagés entre l’augmentation du coût des retraites, à condition de maintenir la réforme Macron, et la dépendance. La dépendance, c’est déjà 30 milliards aujourd’hui, mais ce sera le double dans cinq ans, s’il n’y a pas de révolution technologique, par exemple pour lutter contre les maladies dites d’Alzheimer. A propos de la guerre technologique, vous dites: « Il faut être le précurseur et le bénéficiaire des futurs gains de productivité ». Face à la Chine et aux Etats-Unis, l’Europe en a-t-elle les capacités? Notre seule chance de continuer à exister, avec nos modèles sociaux très onéreux, c’est la technologie et la R&D. Nous avons en réalité beaucoup d’atouts, de compétences, de qualifications, de qualités scientifiques évidentes partout en Europe et notamment en Allemagne, en France, en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne. Et puis l’énorme avantage d’une société qui recherche le rebond, c’est qu’elle peut intégrer après coup une technologie disruptive qu’elle n’a pas inventée. C’est vrai, les pays vainqueurs de la guerre économique à venir seront ceux qui auront su capter la nouvelle vague d’innovation technologique. Nul ne sait comment en favoriser l’apparition, en réduire les délais, en développer la diffusion. Je pense naturellement à l’intelligence artificielle. Rien n’est perdu. Un continent vieillissant comme l’Europe, avec une moindre appétence au risque, peut-il encore financer l’innovation? Le mode de financement des investissements dans des pays vieillissants doit être modifié. Il faut qu’il y ait des garanties, comme c’est le cas pour l’assurance vie – avec les fonds en euros, le capital est garanti. Cela permet de fluidifier les mouvements de l’épargne. Car on ne permettra pas à l’Europe et à la France d’investir massivement si on n’est pas capable de trouver des modalités nouvelles. La tragédie, dites-vous, c’est que l’épargne devient rare... Au niveau mondial, oui ! L’épargne mondiale était très portée par des pays émergents, notamment la Chine, qui n’avaient pas de système de protection sociale, et donc poussait les individus à protéger leur avenir dans des dispositifs de mobilisation d’une épargne. Ceci est en traindedécroître.Deuxièmeaspect,nousavons très peu investi, nous, les pays riches, pendant les vingt dernières années. En fait, nous avons surtout pensé à consommer et quand on investissait, c’était pour transférer des activités vers les pays émergents. Or, nous avons besoin d’investir. Massivement, dans le climat, dans le quantique et l’intelligence artificielle, dans la prise en charge des personnes vieillissantes. Il y a une demande énorme de besoins d’investissement face à une épargne, qui reste certes importante au niveau mondial, mais qui ne va plus croître. Peut-on vraiment surmonter cet Himalaya dans un système démocratique, alors que les systèmes autoritaires ont le vent en poupe? Les dictatures règlent toujours leurs problèmes internes parleconflit,pardestensionsexternes. Elles ne se maintiennent que parce qu’elles transfèrent une partie de l’agressivité qui est née du sentiment de soumission vers l’idée de conquête. C’est en ça qu’il y a quand même un risque absolument majeur de tensiongéopolitiquedanslesannées qui viennent. Autre aspect, les démocraties sont porteuses des innovations les plus fortes. Rappelez-vous le vaccin contre la Covid! Dans nos systèmes de liberté existe une assignation exceptionnelle à vouloir conserver son mode de vie. Après, les démocraties sont confrontées à des acteurs extrêmement dangereux que sont les Big Techs. Ce sont des dictateurs en herbe parce qu’ils veulent imposer leur mode de vie. Il y a un triptyque assez compliqué quiestdémocratie,créativitéetintelligencedans l’évolution de la société et dictature des monopolesdetechnologie. Quand on voit les enjeux énormes devant nous, comment ne pas s’alarmer de l’immobilisme français? J’ai deux inquiétudes. D’abord, les sociétés fonctionnentlargementparledynamismequ’insuffle la jeunesse. Et les jeunes viennent contrebalancer les effets négatifs du vieillissement. Il faut donc prendre en compte la jeunesse. Sur les 9 millions de jeunes qui font en gros de vingt à trente ans, il y en a 1,5 million qui sont ce qu’on appelle des NEET, des jeunes inactifs qui ne suivent ni études ni formation. Quel pays peut se permettre ce gâchis? Or notre société a été fondée de manière très originale sur l’idée qu’il existe un ascenseur social. Mais cette ascension socialeatrèslargementdisparu.C’estundanger! Ma deuxième inquiétude, c’est la gouvernance. Le modèle centralisé tel qu’on l’a imaginé, c’està-dire un pouvoir technocratique au sommet, puis on rassemble tout le monde, et tout le monde doit grosso modo faire la même chose, ce n’est pas intelligent. Comment imaginer que 460 millions d’Européens ou 66 millions de Français pensent et font la même chose? C’est faire disparaître ce qui est la force de l’Europe, cette capacité d’avoir rassemblé trois Etats qui ont été les premières puissances du monde. Si je prends le cas de la France, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Allemagne, et même maintenant de la Pologne, voilà des pays qui ont une histoire, une richesse, une créativité extraordinaires. Il faut préserver cette diversité. Comme dans la société française. La diversité,c’estunatout. Interview Rémi Godeau Jean-Hervé Lorenzi «Latroisièmemondialisationadessiné unmondeprivédemoded’emploiquicourt éteindrelesincendiessansjamaisenvoirlafin» Lafabriquede « Il y a une demande énorme de besoins d’investissement face à une épargne, qui reste certes importante au niveau mondial, mais qui ne va plus croître » Economiste FondateurduCercledes économistes,présidentdes Rencontreséconomiques d’Aix,Jean-Hervé Lorenziesttitulaire delachaire«Transition démographique,transition économique»dela Fondationdurisque.Avec MickaëlBerrebi,diplômé del’Essecetmembre certifiédel’Institutdes actuaires,ilvientdepublier Unmondedeviolences. Etaprès?(EditionsEyrolles, 304pages,19,90euros). LesrapportsDraghietLettaavaientsonnél’alarme:l’Unioneuropéennen’est pasassezcompétitiveetdécrochedansla concurrencemondiale.Pouragir,lemarchéuniqueeuropéenconstitueunearme redoutable,àlaconditiondelesimplifieret del’adapterauxenjeuxéconomiques. C’esttoutl’objetdelastratégiemarché uniqueprésentéecettesemaineparlecommissaireeuropéenStéphaneSéjourné.Sa philosophie:mettrefinàcetteaberration d’entreprisesquis’internationalisentavant des’européaniseretfairedesEuropéensles meilleurspartenairescommerciauxdel’Europe.Comment?Enenlevantlesbarrières pourfaciliterlesopérationsdesentreprises enEurope(qui,selonleFMI,représentent l’équivalentde50%dedroitsdedouanesur lesproduitset110%surlesservices). LaCommissionaainsiidentifiéune dizained’obstaclesquipénalisentnos économieseuropéennes.Aujourd’hui, parexemple,5700professionssont réglementéesàtraversl’Europe;seulement 7sontharmoniséesauniveaueuropéen. Unindustrieldutextiledoitimprimerdes étiquettesdifférentespourchaquepaysoù ilvendsesvêtements.Cemêmeindustriel doitgérerdesrèglesdifférentesderecyclageentreEtatsmembres.Desentreprises renoncentàs’installerdansunautrepays del’UEcarellesdoiventseconformeràun cadrejuridiquenationaletnoneuropéen. «28e régime».Lastratégiemarché uniquevaaccélérerlareconnaissancedes métiers,ellevaharmoniserl’étiquetage etladéfinitiondurecyclagepourcréerun vraimarchéeuropéendusecondaire:un «28e régime»,c’est-à-direunrégimeunique, volontaireetsimplifiépourpermettreaux entreprisesdes’étendredansl’UE. Autreannonceducommissaire,celle delacréationd’unedéfinitioneuropéenne despetitesentreprisesintermédiaires, regroupantentre250et750salariés. Cesentreprises–souventnospépitesles plusinnovantesmaisaussicelleslesplus fragiles–bénéficierontd’allègementsréglementaires,notammentenmatièredeRGPD etdereportingfinancier,tailléssurmesure. Lesacteursdumondeéconomique nousledisent:l’approchehorizontale quiaprévalu(bureaucratiquedirontles pluscritiques)doitcéderlaplaceàune approchesectorielle.C’estpourquoicette nouvellestratégieconsacrecechangement deméthodeavecunepratiquequotidienne dumarchéunique,ens’attaquantaux obstaclesquiempêchentnosentreprisesde s’européaniser.Enrenforçantégalementla protectionetlerôledesconsommateurs. Enagissantsurlemarchéunique, l’Europerappellelaforced’unoutilfacteur decompétitivitéetdesouveraineté.Il constitueundeslevierspourbâtircette Europedelapuissance,uneEuropede l’indépendanceàtouslesniveaux,que nousdéfendonsdepuis2017auxcôtésdu présidentdelaRépublique. Valérie Hayer est présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen. SIPA PRESS Europa Lesmeilleurs partenaires commerciaux del’Europesont lesEuropéens Lachronique deValérie Hayer SIPA PRESS @remigodeau @remigodeau X X ORLANDO, Floride — Ce fut une expérience tout droit sortie d’un monde légendaire: avoir la chancederencontrerundragon. Les visiteurs s’approchent un par un d’une créature noire prénommée Krokmou. Lorsqu’un visiteur lui caresse le sommet du crâne, Krokmou ferme les yeux et pousse un soupir de satisfaction qui provoque des sourires, des rires et même des larmes dans la foule. Il n’y a ni marionnettiste tirant les ficelles,nipersonnedanscecostume. On se croirait dans le film Dragons et c’est justement le but recherché par Epic Universe, un nouveau parc d’attractions qui a ouvert ses portes jeudi. Krokmou est le premier personnage de parc à thème avec lequel les visiteurs peuvent interagiretentrerencontact.Ils’agit d’un animatronique, comme les personnages robotisés très réalistes que l’on trouve souvent dans les manèges et autres attractions. Un autre dragon vole au-dessus du parc grâce à undrone.Montersuruncarrouseldonnel’impressiondeflotter dans le ciel étoilé. Voler dans un ascenseur magique aux côtés d’Harry Potter pour échapper à un Eruptif, une créature magique ressemblant à un rhinocéros, vous retourne l’estomac. Frapper des blocs pour gagner des pouvoirs tout en parcourant le Super Nintendo World est le rêve de tout joueur vidéo. Pour environ 7 milliards de dollars, Comcast, la société mère d’Universal, a construit le premier grand parc d’attractions américain depuis plus de deux décennies. Son objectif était de créer le parc à thème du futur. L’entreprise a investi dans les technologies les plus sophistiquées afin d’offrir des expériences immersives et des attractionsquifontpasserJungle Cruise et Pirates des Caraïbes de WaltDisneyWorldpourdesantiquités. Universal a déposé plus de 160 brevets pour la conception de ce parc. Par cette surenchère d’attractions, Universal affiche clairement son intention de faire de ce parc la destination de vacances par excellence. Le nouveau parc s’étend sur 300 hectares et s’inscrit dans une stratégie visant à transformer l’actuelUniversalOrlandoResort en une destination adaptée à un séjour d’une semaine, affirme Mark Woodbury, directeur général d’Universal Destinations and Experiences, la division de Comcast NBCUniversal qui gère les parcs à thème de la société à travers le monde. La construction d’un parc à thème nécessite un investissement considérable, mais il est indispensable de proposer de nouvelles attractions pour attirer les visiteurs, les nouveaux comme leshabitués.Lelancementd’Epic Universedoitcomposeravecune baissedesprojetsdevacancesde certainsAméricains,préoccupés par la conjoncture économique. Les touristes internationaux renoncentpourcertainsàserendre auxEtats-Unisetlesménagess’inquiètentpourl’économieetl’avenir, comme le montrent diverses données économiques. Lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs le mois dernier, l’entreprise a écarté l’idée que le moment était mal choisi. Les dirigeants de Comcast ont souligné la demande robuste depuis l’ouverture des ventes de billets pour Lire TAIWAN en page II L’arméetaïwanaise préparedenouvelles unitésdedrones Taïwan accélère la modernisation de son armée par crainte d’uneinvasionchinoisedès2027. LaChineaintensifiésesexercices militaires autour de l’île, notamment en organisant des simulations de blocus qui, selon M. Koo et d’autres responsables taïwanais, pourraient aboutir à tout moment à une attaque réelle, et à une crise mondiale. Les dirigeants taïwanais ont célébrécettesemainelepremier anniversaire de l’investiture du présidentLaiChing-te,quiaprononcémardiundiscoursmarqué par un ton plus modéré à l’égard de Pékin. « Taïwan est un pays pacifique»,a-t-illancé.«Noussommes disposés à remplacer l’endiguement par la communication et la confrontationparledialogue.»Ce TAIPEI — Taiwan mettra en service cette année ses toutes premièresunitésdedronesmilitairesetintégreradesdronesmaritimes à ses forces navales, afin de moderniser son arsenal avec des technologies de pointe et de se préparer à une éventuelle invasion chinoise, a déclaré le ministre de la Défense, Wellington Koo, lors d’un entretien. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie visant à réduire l’importance des forces traditionnelles au profit du renforcement des capacités susceptiblesdedissuaderlaChined’attaquer.Lamarinetaïwanaiseadéjà transformécertainsbataillonsde chars et d’artillerie en escadrons de drones, a-t-il ajouté M. Koo. « Dans l’idéal, il faudrait que la Chine se réveille chaque matin en se disant: "Ce n’est pas le bon jourpourenvahir"»,a-t-ilprécisé. Lire TRUMP en page II Lesclubsprivésde DonaldTrump rapportent plusd’argentquejamais DevenirmembredeMar-a-Lago,leclubduprésident américainenFloride,coûte1milliondedollars. SIPA PRESS L’un des plus grands événements de ce type a eu lieu jeudi sur un terrain de golf de M. Trump, près de Washington, où sa société de cryptomonnaie a organisé un dîner de gala pour les plus gros détenteurs de son « meme coin » $TRUMP. Beaucoup de ces investisseurs sont étrangers, et certains des plus gros donateurs se sont vus promettredesvisitesofficiellesdela MaisonBlanche,selonlapublicitéfaitepourcettemanifestation. Le président américain a maintenu ce dîner malgré l’avis decertainsdesescollaborateurs et avocats, qui étaient stupéfaits qu’il ait donné son accord à cet événement,selondespersonnes bien informées. Les organisateurs ont demandé aux potentiels invités de se soumettre à une vérification de leurs antécédents, mais la Maison Blanche n’a pas procédé Fairepartiedesongolfclubà Bedminster, dans le New Jersey, coûte aujourd’hui 125 000 dollars, contre 75 000 dollars ces dernières années, d’après une source bien informée. Un autre golf club du président, situé en Floride près de Mar-a-Lago, facture, lui, l’adhésion à plus de 300 000 dollars, selon des sources connaissant le sujet. M. Trump encourage les responsablesduPartirépublicainà organiser des événements dans ses clubs, où le président anime dîners officiels et cocktails. Les clubs ont aussi attiré une nouvelleclientèlededonateursdésireux d’influencer la politique de la Maison Blanche, notamment des dirigeants des cryptomonnaies militant pour une déréglementation du secteur, des personnalités cherchant à obtenir une grâce présidentielle pour desprochesetdeschefsd’entreprise souhaitant être exemptés de droits de douane. Depuis le début de son second mandat, les clubs privés de Donald Trump sont devenus unemined’orpourleprésident, donateurs et personnalités en quêtedefaveursenayantfaitdes lieuxderendez-vousprivilégiés. Selon des personnes au fait des tarifs, il faut désormais débourserunmilliondedollarspour devenirmembredeMar-a-Lago— le club du président en Floride —, contre environ 500000 dollars lorsdesonpremiermandat. Lire UNIVERSAL en page III nepeutêtrevenduséparément DOW JONES 26 mai 2025 SIPA PRESS Comcast, la société mère d’Universal, a construit à Orlando le premier grand parc à thèmes américain depuis plus de deux décennies. Leparcd’attractionsà7milliards dedollarsd’UniversalquidéfieDisney 26 mai 2025 l’Opinion I à un contrôle approfondi, poursuivent ces sources. Un responsable de l’administration précise que les actifs du président sont placés dans un trust géré par ses enfants et que la Maison Blanche n’était en rien impliquée dans l’événement de jeudi, qui, selon lui, se déroulait « sur le temps libre du président ». « Le président a quitté la direction de son empire immobilier pour se présenter aux élections et servir notre pays, et il a fait de grands sacrifices pour cela. Chaque décision qu’il prend en tant que président est toujoursdansl’intérêtdupays », assureKarolineLeavitt,attachée de presse de la Maison Blanche. Une porte-parole de la Trump Organization n’a pas réponduauxdemandesdecommentaires. Les historiens spécialistes des présidents des Etats-Unis affirmentquejamaisunlocataire de la Maison Blanche n’a dirigé une entreprise aussi lucrative depuis le Bureau ovale. « Trump est notre premier président milliardaire, mais il ne semble pas se satisfaire de ce statut.Ilconsidèrequelesquatre prochaines années ne seront qu’une perte de temps s’il ne trouvepasunmoyendes’enrichir davantage par ce biais », avance Douglas Brinkley, historien présidentiel à l’université Rice. Un rendez-vous « privé » Après l’annonce du dîner du 22 mai le mois dernier, les démocrates et les organismes de surveillance de l’action gouvernementale ont pointé l’événement comme susceptible, entre autres, d’enfreindre les règles d’éthique. Le propre fils du président, Eric Trump, a été déconcerté en apprenant l’existence de cet événement, selon des sources bien informées. AlaMaisonBlanche,lescollaborateursdeM.Trumpn’avaient pas planifié son agenda officiel jusqu’à cette date. Plusieurs collaborateurs ayant accès à son emploi du temps ont déclaré ne pasêtreaucourantd’unteldîner; certains ont même soupçonné une fausse information circulant àcesujet.LaTrumpOrganization n’ajouéaucunrôledansl’organisation, ont précisé des sources proches du dossier. M. Trump a pourtant bel et bien accepté la tenue de l’événement, expliquant à ses collaborateurs qu’il s’agissait d’un « rendez-vous professionnel privé » avec Bill Zanker, un homme d’affaires floridien de Palm Beach, qui faisait partie de la promotion de sa cryptomonnaie. Le président a balayé les réservesémisespardehautsresponsablesdelaMaisonBlanche, quienvisageaientqu’iln’yaitpas de participation à l’événement. Le président connaît depuis longtemps M. Zanker, le mandataire de Fight Fight Fight, une sociétéquivenddesproduitsdérivésdelamarqueTrumpetdont les deux hommes partagent les bénéfices. Auparavant, M. ZankeravaitnotammentfondéGreat AmericanBackRub,unréseaude salonsdemassage,etRealEstate Wealth Expo. Il est souvent à Mar-a-Lago,selonlesconseillers de M. Trump. M. Zanker n’a pas répondu auxdemandesdecommentaires. De nouveaux clients Dans les jours qui ont précédé l’investiture,M.Trumpseréjouissaitrégulièrementdunombrede clients qu’il allait pouvoir attirer à Mar-a-Lago en redevenant président, selon des visiteurs ayant entendu ce type de remarques. Comprenant rapidement à quel point le club était « en vogue », ajoutent-ils,iladécidéd’yretourner presque tous les week-ends. Les habitués du club affirment que sa fréquentation a changé. Les gens qui veulent y voirleprésidentpourdesraisons professionnellessontdésormais plusnombreux,notammentdes dirigeantsdusecteurdescryptomonnaies qui attendent dans le halld’entréedeMar-a-Lagopour rencontrer M. Trump. Cinqlobbyistesconfientque depuis que M. Trump a remporté la course présidentielle, des clients leur ont demandé à plusieursreprisescommentintégrer le club pour tenter d’avoir accès au président. C’est notamment le cas de personnalités cherchant à obtenir des exemptions sur les droits de douane. A Mar-a-Lago, M. Trump prend généralement place à une table positionnée au centre de la salle à manger. Un cordon de velours pourpre suspendu à des supports dorés l’entoure, faisant office de barrière. Lorsque le président entre dans la pièce, les gens applaudissent. Les convives ne peuvent généralement pas s’approcher de sa table, mais il peut lui arriver d’enjamber la corde pour saluer des personnalités ou les appeler. Il encourage parfois lui-même les personnes présentes à s’inscrire au club, qui affichepresquecomplet,lorsqu’il se promène dans le patio, avec sa casquettedeprésident. Cette année, le Parti républicain a tenu sa réunion de printemps pour les donateurs et cellepourlesbénévolesdansdes clubs appartenant à M. Trump. Le Grand Old Party organise généralement à cette période de l’année un séminaire de plusieurs jours pour ses bienfaiteurs, au cours duquel plusieurs orateurs se succèdent. Cette année,M. Trumpaprislaparole devant plus de 400 personnes à Mar-a-Lago où elles ont dîné et bu un verre. La « formation printanière » pour les membres et les bénévoles du parti s’est, elle, déroulée à Doral, un autre clubduprésident,situéàMiami. Lors de la réunion des donateurs, les principaux bienfaiteurs du parti ont bénéficié d’un accès privilégiéàM.Trump.L’und’eux, un dirigeant d’une prison privée, s’estplaintquesabanqueaitcessé de travailler avec lui. M. Trump a écoutéetademandéàseséquipes deprendresescoordonnées,selon unparticipanttémoindelascène. Un autre donateur a fait à M. Trumpunlongexposésurl’intelligence artificielle. Un troisième a demandé au président d’être plusagressifenmatièredetransparence des prix des soins, lui affirmant que des employés de son administration sabotaient ses décrets. Un porte-parole du Comité national républicain a refusé de réagir. Les membres du conseil d’administration du Congressional Institute [NDLR: une organisation«œuvrantpourl’excellence des membres du Congrès »] ont débattu plus tôt cette année de la meilleurefaçond’amenerTrump à s’adresser à ses membres républicains.Ilsontfinalementdécidé que le plus simple serait de programmer la conférence avec ses parlementaires à Doral. Le présidentyaparticipé. Certainespersonnalitéssouhaitant obtenir une grâce présidentielle ont également assisté à des festivités organisées dans des clubs appartenant au président. En février, Pras Michel, un rappeur ayant demandé à plusieurs reprises la clémence du président, est ainsi allé à Mar-a-Lago. Plusieurs présents s’y sont disputés l’attention de M.Trumpdansl’espoird’obtenir unegrâce,selondessourcesbien informées. Une porte-parole de M.Micheladéclaréqu’ilavaitété invitéauclubetqu’iln’yétaitpas pour sa demande de grâce. Lorsd’uneautresoirée,dans le club de M. Trump en Virginie, la place à table avec le président et David Sacks, le tsar des cryptomonnaiesdel’administration, coûtait1,5 milliondedollars.Des dirigeants du secteur des cryptos, dont un de Ripple, ont payé et ont ainsi pu discuter avec M. Trump de la réglementation, selon des participants. Ils l’ont remercié pour son soutien à l’industrie. Trump s’est, lui, vanté du succès de son meme coin à cette occasion. D’autres étaient venus aborderdessujetsdifférents. Selon des participants, Cody Campbell, dirigeant dans le secteur pétrolier, s’est ainsi lancé dans un vibrant plaidoyer de plusieurs minutes devant M. Trump en faveur d’une refonte de la National Collegiate Athletic Association [NDLR: la plus grande association sportive universitaire des Etats-Unis]. Le président a posé des questions, mais est resté évasif,affirmentdesconvives. Josh Dawsey et Emily Glazer (Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould) Edited from the original II l’Opinion 26 mai 2025 IVA SIDASH FOR WSJ Taipeichercheàdévelopperuneindustrienationalede dronespourneplusdépendredesfournisseurschinois. discourss’estavéréplusmodéré qu’il avait prononcé en mars. Le président avait alors avait qualifiélaChined’adversaireétranger et mis en garde contre l’infiltration chinoise. Pékinatoujoursexpriméson aversion pour M. Lai, qu’il considère comme un fervent partisan de l’indépendance de Taïwan, et sa réaction à son discours cette semainen’yapasdérogé. « Cette approche hypocrite n’a rien de nouveau, elle est inutile et vouée à l’échec », commente un porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises de Pékin. Ancien avocat spécialisé dans les droits de l’homme, M. Koo est à la tête d’un projet visant à transformer et à renforcerl’arméetaïwanaiseafindese préparer à un conflit que beaucoup jugent inévitable, puisque la Chine continue de revendiquer la souveraineté de Taïwan, malgré l’indépendance de l’île. Il a précisé que le soutien du JaponetdesPhilippines,quifont partie de la « première chaîne d’îles », était essentiel pour dissuader la Chine, tout comme l’aide des Etats-Unis. « Cette dissuasion collective obligera la Chine à prendre en compte les difficultés militaires etlecoûtélevéd’uneinvasionde Taïwan », a martelé le ministre de la Défense. L’armée ajoute deux unités supplémentaires pour exploiter les systèmes de roquettes HimarsfabriquésauxEtats-Unis dès leur livraison, dans le but de renforcersescapacitésdefrappe de précision, a-t-il souligné. Les efforts de Taïwan pour intégrer des drones à son système de défense, une initiative inspirée par le combat de l’Ukraine contre l’invasion russe, sont compliqués en raison de la position dominante de la Chine dans la production de petits drones et des pièces nécessaires à leur assemblage. Le gouvernement taïwanais cherche à développer une industrienationalededronesafin deneplusdépendredesfournisseurs chinois. L’armée taïwanaise prévoit d’acheter plus de 3200 drones à des entreprises nationales, principalementdespetitsappareilsdereconnaissance,surune période de cinq ans. Environ 10 000 drones sont sortis des usinesdel’îlel’andernier,etleur production devrait augmenter, selon l’Institut de recherche pour la démocratie, la société et les technologies émergentes de Taipei, financé par le gouvernement taïwanais. Parallèlement, Taïwan bénéficie de l’aide du gouvernement américainpouraugmenterlataille etlescapacitésdesonmarché. « Les Etats-Unis nous ont en effet apporté un soutien important dans ce domaine, car ils souhaitent que nous disposions de capacités de production locales », a expliqué M. Koo. « Cela pourraitconcernerletransfertde certaines technologies [...] vers notrepays,afindepermettreaux entreprises privées locales de se charger de la production » sans utiliser de composants chinois, a-t-il fait remarquer. La collaboration entre les Etats-Unis et Taïwan dans le domaine des drones pourrait porter sur l’intelligence artificielle, l’intégration de la chaîne d’approvisionnement et les investissements, affirmait Raymond Greene, ambassadeur de facto desEtats-UnisàTaipei,lorsd’un récententretienavecl’agencede pressepubliquetaïwanaiseCentral News Agency. « Les Etats-Unis et Taïwan sont d’accord sur l’importance pour Taïwan d’assurer la sécurité de son approvisionnement en systèmes asymétriques similaires », a souligné M. Greene en mars. « Nous travaillons ensemblepouraccélérerceprocessus,notammentenrenforçantla capacité de Taïwan à produire des munitions et des drones essentiels au niveau national. » Equiper une armée en drones nécessite également de disposer de personnel pour les piloter. Les forces militaires taïwanaisesontcommencéàutiliser des drones dans le cadre de leurs entraînements et de leurs missions, souvent à des fins de reconnaissance. L’armée a ouvert l’année dernière une académie pour former les soldats à leur utilisation. « L’idée est d’utiliser la technologie plutôt que les hommes etdemisersurlaforcedefrappe plutôt que sur les armes traditionnelles », a indiqué M. Koo, en dévoilant de nouveaux détails sur les projets relatifs aux drones. Créer des unités spécialisées dans les drones et doter les forces amphibies de la marine de drones navals constitue la dernière évolution en date de la transition de Taïwan vers une capacité asymétrique. « En matière de force de frappe, nous ne pouvons tout simplement pas rivaliser avec la Chine en termes de volume. Nous devons donc trouver le moyen de frapper de la manière la plus efficace possible », commente Cathy Fang, analyste du secteur de la sécurité et de la défense chez DSET, un groupe deréflexiontaïwanais.« C’estun indicateur clair du fonctionnementdelaguerreasymétrique. » Joyu Wang (Traduit à partir de la version originale en anglais par Aurélie Henri) Edited from the original TRUMP Suite de la page I TAIWAN Suite de la page I Donald Trump encourage les responsables du Parti républicain à organiser des événements dans ses clubs privés. SIPA PRESS «Leprésident américain considèrequeles quatreprochaines annéesneseront qu’unepertede tempss’ilnetrouve pasunmoyen des’enrichir davantage» Créerdesunités spécialisées danslesdrones etdoterlesforces amphibiesdela marinededrones navalsconstitue ladernière évolutionendate delatransition deTaïwanvers unecapacité asymétrique Lesgensqui veulentvoir lerépublicain pourdesraisons professionnelles sontdésormais plusnombreux, notamment desdirigeants dusecteurdes cryptomonnaies Epic Universe en octobre. Jason Armstrong, directeur financier de Comcast, a déclaré que les résultats trimestriels du groupe « reflétaientunetendancestable à Orlando » et que Comcast se sentait donc pleinement « en position de force pour le lancement d’Epic ». Le prix le plus bas d’un billet pour une journée dans un seul parc Epic Universe s’élève à 139 dollars, plus les taxes, pour les visiteurs âgés de 10 ans et plus. Universal vend également desforfaitsdeplusieursjoursqui incluent une journée, à un prix inférieur,àEpicUniverse.Atitre de comparaison, un billet similaire pour les deux autres parcs àthèmed’Universaletlesquatre parcs de Walt Disney World coûte au minimum 119 dollars. Les parcs à thème jouent un rôle de plus en plus important pourlesbénéficesdessociétésde divertissement telles que Comcast Universal et Walt Disney. A l’exception de la période de la pandémie de Covid-19, durant laquelle ils ont été fermés, les parcsàthèmegénèrenthabituellementdesrevenusréguliersqui peuvent contribuer à compenser les activités moins stables, comme la production de films, de programmes télévisés ou le développement de services de streaming. « Il est possible de transformer l’incroyable en réalité », s’enthousiasme Jody Keller, vice-présidentedelatechnologie avancée et de l’innovation chez Universal Creative, la division qui conceptualise de nouvelles idées pour les parcs à thème du monde entier. Exploiter un parc à thème nécessite notamment une gestion permanente des systèmes informatiques. Plus les effets spéciaux et les attractions sont complexes, plus le risque de dysfonctionnement est élevé. Les enjeux sont d’autant plus importants pour Universal qu’EpicUniversereposesurune technologietrèsambitieuse.Afin dedisposerdutempsnécessaire aux derniers réglages, Universal a prévu un lancement en avantpremière plusieurs semaines avant l’ouverture officielle du parc. L’entreprise a dans un premier temps invité ses employés, des influenceurs, des amis et des membres de leur famille pour tester le parc, puis a vendu quelquesbilletsaugrandpublic. Toutes les attractions n’étaient pas encore ouvertes et les travaux se poursuivaient. J’ai visité le parc et testé la quasi-totalité des attractions. Epic Universe s’articule autourdeCelestialPark,unespace étonnamment luxuriant rempli de jardins, fontaines et autres ornements évoquant le style Art nouveau. Les concepteurs se sont inspirés des expositions universelles historiques et des jardins d’attractions Tivoli de Copenhague. Contrairement aux autres parcs à thème où les univers sont imbriqués, les visiteurs voyagent dans les quatre autresmondesd’EpicUniverseà travers des portails, des tunnels avec moults effets lumineux et écrans vidéo. Les prouesses technologiques d’Universal sont particulièrement impressionnantes dans l’univers dédié à la saga Harry Potter, le troisième parc d’Universal à Orlando lié à cet univers cinématographique. Le décor extérieur rappelle le monde magique du Paris des années 1920 tel qu’il apparaît dans la série de films Les Animaux fantastiques. Les visiteurs équipés de baguettes interactives peuvent donner vie aux vitrinesdesmagasinsetdiscuter avec des portraits animés représentant des sorciers et sorcières célèbres. L’attraction phare du parc, Harry Potter et la bataille du Département, plonge les visiteurs dans une histoire originale qui se déroule le jour où Dolores Ombrage, l’ancienne directrice de Poudlard et bureaucrate maléfique, doit être jugée pour ses crimes. L’attraction propose un véhicule qui simule la sensation de voler, de descendre et de tourner autour du ministère britannique de la Magie dans un ascenseur enchanté. Elle mélange des effets spéciaux sur écran et des éléments filmés avec des décors physiques et des animatroniques. Il en devient difficile de distinguer le réel du virtuel. « C’était la première fois que jem’interrogeaisvraimentsurla réalitépendantuneattraction », raconte Sarah Anderson, copropriétairedeCoasterStudios,une chaîne YouTube consacrée aux parcs à thème du monde entier. Elle a payé son billet pour visiter Epic Universe. A un moment donné, poursuit Mme Anderson, les effets spéciaux étaient si convaincants qu’elle a cru qu’il s’agissait d’acteurs en chair et en os. Les « attractions sombres », comme elles sont appelées dans lesecteur,quisedéroulentàl’intérieur, avec pléthore d’images saisissantes et de rebondissementssurprenants,ontconsidérablement évolué au cours de la dernière décennie. L’attraction StarWars:RiseoftheResistance de Walt Disney World fait figure d’incontournable depuis son ouverture en 2019. Dans le monde brumeux de Dark Universe d’Epic, une attraction appelée Monsters Unchained : The Frankenstein Experiment met en scène un monstre de Frankenstein animatronique de 2,7 mètres de haut qui, moment fort, s’avance verslesvisiteurs.Latechnologie robotique des personnages est plus réaliste que les systèmes hydrauliques des anciens animatroniques, explique Peter Weishar,professeuretdirecteur des programmes d’études supérieures thématiques à l’université de Central Florida. Il a visité le parc à plusieurs reprises pendantsaconstructionetlorsdesa préouverture. A la Burning Blade Tavern, unmoulinàvents’embraserégulièrement. On peut sentir la chaleur et l’odeur de l’ail provenant de la cuisine à plusieurs mètres de distance. Même les versions d’attractions reprises d’autres parcs ont été améliorées. La troisième version de Mario Kart: le défi de Bowser, qui existe déjà dans les parcs Universal au Japon et en Californie, utilise une technologie de réalité augmentée plus rapideetdemeilleurerésolution pour faire apparaître les objets et les personnages grâce à des lunettes spéciales. « Même si cela peut sembler anecdotique, l’impact sur l’expérience est énorme », assure M. Weishar. « C’est ce qui va tout changer. » Lesparcsàthèmeontgénéré environ 1,88 milliard de dollars de chiffre d’affaires pour Comcast au cours du trimestre clos en mars, soit 6% de son chiffre d’affaires total, qui comprend sesimportantesactivitésdetéléphoniemobileetd’Internethaut débit.Lechiffred’affairesdeson activité parcs à thème a baissé par rapport à la période correspondante de 2024 en raison des conséquences des incendies en Californiesurlafréquentationde son parc à Hollywood. Pour Disney, les parcs d’attractions contribuent dans une plus grande proportion à l’ensemble de ses résultats financiers. Au cours du trimestre clos en mars, les parcs d’attractions, les croisières et les autres activités touristiques de Disney ont rapporté 7,94 milliards de dollars, soit un tiers du chiffre d’affaires total de l’entreprise. En2024,lechiffred’affairesdela division « Parcs et Expériences » a augmenté de 5%, contre seulement 1% pour la division « Divertissement ». Les quatre parcs à thème de Walt Disney World attirent le plus grand nombre de visiteurs en Floride centrale. Ils en ont accueilli près de 49 millions en 2023, selon les estimations de la dernière édition d’un indice annuel publié par Aecom et la ThemedEntertainmentAssociation. Lesdeuxparcsàthèmeexistants d’Universal Orlando Resort ont enregistréprèsde20 millionsde visites la même année. Les dirigeants de Disney estiment que l’arrivée d’Epic Universe sur le marché d’Orlando pourrait avoir des retombées positives sur tous les parcs de la région.Lesnouvellesattractions touristiques de grande envergure entraînent généralement uneaugmentationdelafréquentation des sites des deux entreprises. Même si Disney perd des parts de marché au profit d’Universal, il pourrait néanmoins bénéficier d’une hausse globale de la fréquentation. Disney s’est engagé à investir plusieurs milliards de dollars dans ses parcs aux Etats-Unis au cours des prochaines années, notamment dans de nouvelles attractions prévues pour trois de ses parcs en Floride. Ce moisci,legroupeaannoncéunpartenariat pour la construction d’un nouveau complexe hôtelier et d’unparcàthèmeàAbouDhabi. « Nous ne cessons jamais de prendre des initiatives », a déclaré Josh D’Amaro, président de Disney Experiences, la division quiregroupelesparcsàthèmeet sa compagnie de croisière, lors d’unerécenteconférence.«Nous investissons en permanence sur le long terme afin de renforcer chacun de nos parcs à thème. » Lorsque la pandémie de Covid a contraint les parcs à fermer leursportesdanslemondeentier en 2020, les groupes de médias se sont demandé s’ils devaient reconsidérer les projets déjà annoncés. Disney a revu à la baisse le projet de rénovation d’Epcot à Walt Disney World et a suspendu d’autres projets, notamment la construction d’un grand théâtre pour le parc Magic Kingdom. Universal avait initialement annoncé la construction d’Epic Universe en 2019. L’activité de parcs à thème de la société a connu un essor fulgurant en 2010 avec le lancement des premières attractions sur le thème Harry Potter au parc Islands of Adventure d’Universal à Orlando.Cesattractionsontconnuun succès immédiat, attirant rapidement des foules de visiteurs. La société a ensuite construit un nouveau complexe à Pékin et développé des attractions sur le thème Nintendo pour ses parcs au Japon et aux Etats-Unis. A p ré s e n t , Un ive r s a l construit un nouveau parc à thème destiné aux enfants au Texas et une attraction sur le thème de l’horreur à Las Vegas. L’entrepriseprévoitd’étendresa présence internationale avec un nouveau parc à thème en cours dedéveloppementauRoyaumeUni et d’ajouter de nouvelles attractions à ses autres parcs américains. Sam Schechner, Robert McMillan et Angus Berwick (Traduit à partir de la version originale en anglais par Aurélie Henri) Edited from the original Les attractions liées à la saga Harry Potter occupent une place importante dans le nouveau parc d’Universal. UNIVERSAL Suite de la page I ZACK WITTMAN FOR WSJ Lesparcsàthème jouentunrôle deplusenplus importantpour lesbénéfices desgéants dudivertissement 26 mai 2025 l’Opinion III Disneys’est engagéàinvestir plusieursmilliards dedollarsdansses parcsauxEtatsUnisaucoursdes prochainesannées Le dragon animatronique Krokmou est le premier personnage de parc à thème avec lequel les visiteurs peuvent interagir et entrer en contact. SIPA PRESS IVA SIDASH FOR WSJ Pourlesbesoinsd’unedesattractions, undécorrappelantleParisdesannées1920aétécréé.
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