MASCULIN n°137 - Page 1 - 137 MASCULIN / réflexion La galanterie ne consiste pas seulement à respecter les femmes. C'est ce qui fait la différence entre un homme et un garçon. La galanterie montre que vous possédez des qualités telles que le courage, le sens de l'honneur, de la maturité et pas seulement le sexe opposé. Ê Ouvrez la porte de la voiture. Tenezlui la porte ouverte, quand une femme entre et sort d'un véhicule. Cela montre que vous avez de bonnes manières et savez traiter cette personne comme une dame. Proposez à vos passagers de les déposer sur le trottoir, garez la voiture et rejoignez-les, s'il y a une grande distance entre le parking et l'endroit où vous vous rendez. Il est tout aussi recommandé de demander à une dame d'attendre en lieu sûr que vous ameniez la voiture. Ouvrez et tenez la porte ouverte aux autres et laissez-les entrer en premier quand vous entrez et sortez d'un bâtiment, surtout quand vous êtes avec une dame. C'est une marque de respect et d'attention pour tout le monde et montre que vous êtes ravi d'être vu en compagnie de votre dame. Cela ne veut pas dire qu'elle est incapable d'ouvrir la porte par elle-même. C'est un indice de fierté et de respect. Nous serons plus que nous, plus qu'amants S'aimer nous prendra tout notre temps Nos nuits seront flambeaux et lueurs Nous serons plus qu'amants Nous serons plus qu'ailleurs Nous serons tellement enlacés Lancé vers nos rêves hors de portée Sous l'immense manteau du bonheur Nous serons plus que loin Nous serons plus qu'ailleurs Demande pas comment c'est possible Nous serons à la fois perdus et invincibles Et le monde, et les autres, et alors ! Qu'ils sachent que demain Nous serons chaque jours davantage Les deux moitiés d'un même visage Dans le tumulte du même cœur Nous serons plus qu'amants Nous serons plus qu'ailleurs Nous serons plus que nous, plus qu'amants S'aimer nous prendra tout notre temps Nos nuits seront flambeaux et lueurs Nous serons plus qu'amants Nous serons plus qu'ailleurs Nous serons tellement enlacés Lancé vers nos rêves hors de portée Sous l'immense manteau du bonheur Nous serons plus que loin Nous serons plus qu'ailleurs Demande pas comment c'est possible Nous serons à la fois perdus et invincibles Et le monde, et les autres, et alors ! Qu'ils sachent que demain Nous serons chaque jours davantage Les deux moitiés d'un même visage Dans le tumulte du même cœur Nous serons plus qu'amants Nous serons plus qu'ailleurs PLUS QU'AILLEURS - CÉLINE DION EDITO UNE ÉDITION QUI SONNE COMME ... MASCULIN / réflexion Reculez la chaise à table. Assurez-vous que les autres soient à l'aise avant de vous installer vous-même. La femme y verra du respect et sentira l'attention d'un homme qui s'intéresse à elle et qui est disposé à prendre soin d'elle et à la protéger. Invitez-la. Une femme aime autant un charmant diner qu'une journée passée ensemble où l'on a tenu compte de ses préférences. Cela peut être tout ce qu'elle souhaite, sauf si elle vous laisse choisir. Il est question d'elle, pas de vous. Laissez-la commander les plats, mais ne lui proposez jamais de payer d'emblée. Vous devriez toujours prévoir de payer l'addition, sauf si la personne a prévu de vous inviter pour une occasion spéciale. Quand vous allez la chercher pour une soirée, sortez de la voiture et frappez à sa porte. Ne klaxonnez pas. C'est ennuyeux pour tout le monde et c'est un manque de respect vis-à-vis d'elle. Quelle femme aimerait se précipiter à la porte sur commande pour vous rejoindre ? Ê Quelle est notre humeur ? Société : Clothilde Andoni éditions Bi-mensuel - édition Octobre 2025 Dir. publication : Lucie Pinzano Red. publication : Tom Vong Maquette : Gaelle Kanga Halloween, ce n’est pas l’enfance. C’est l’amitié. Ce n’est pas l’immaturité. C’est la liberté. C’est le moment parfait pour redevenir ce qu’on oublie souvent d’être : joyeux, joueur, vivant. Parce que soyons clairs : on vit dans un monde un peu trop sérieux. Entre les échéances, les crises économiques, les tensions de fin d’année au travail… on a besoin de notre dose d’absurde. Et Halloween, c’est l’absurde en version premium. C’est l’autorisation officielle de lever le pied, de se transformer en vampire mélancolique, en cow-boy fatigué ou en Elon Musk zombie — bref, de faire ce qu’on veut, tant que c’est fait avec style. Et cet édito n’est pas un appel à la nostalgie. C’est un appel à la réinvention. Faire Halloween à 30, 40 ou 50 ans, ce n’est pas reproduire la fête des ados. C’est se créer notre Halloween à nous. Avec de la bonne musique, de vrais Halloween, ce n’est pas que pour les enfants. Et si, cette année, on s’y mettait vraiment ? Avouons-le : on a tous dit un jour que Halloween, c’était “pour les gosses”. Qu’à notre âge, on avait passé le cap des costumes, des citrouilles sculptées à la va-vite et des films d’horreur qu’on prétend ne plus regarder parce qu’on “a du boulot demain”. Sauf que… si on est honnête deux minutes, Halloween, c’est exactement ce dont on a besoin. Une pause dans le sérieux ambiant. Une soupape. L’occasion de décrocher, de rigoler, de bricoler un costume improbable, de se retrouver entre potes avec un bon whisky ou un vieux rhum ambré, une playlist un peu kitsch et des débats passionnés sur quel est le meilleur film d’épouvante de tous les temps — et pourquoi la réponse n’est pas forcément ce que tout le monde croit. cocktails, un dress code qui fait sourire mais pas honte, une table remplie de plats maison version dark & gourmet. On peut troquer les bonbons fluorescents pour du chocolat artisanal noir 80 %. On peut remplacer les films gore par une sélection de thrillers élégants. Et oui, on peut, si on veut, creuser une citrouille. Mais attention : on la choisit bio, bien ronde, on lui donne une gueule de film d’auteur et pas de clown de fast-food. Le plus important, ce n’est pas la déco, ni même le costume. C’est l’attitude. Halloween, c’est l’un des rares moments de l’année où tout le monde a le droit de lâcher prise sans justification. On peut rire comme des enfants, débattre comme des philosophes et hurler devant un jumpscare avec autant de sincérité que devant un but à la 92e minute du PSG. Et entre nous, on sait très bien qu’on en a besoin. Qu’on a encore envie de se laisser surprendre, d’avoir un peu peur, de faire semblant de croire aux fantômes et, le temps d’une soirée, de laisser entrer la fiction dans nos vies ultra-réelles. Halloween, c’est aussi un formidable prétexte pour reconnecter entre potes. Ceux qu’on n’a pas vus depuis trop longtemps. Ceux avec qui on se dit chaque mois : “Faut qu’on se fasse un truc.” Voilà, c’est ce truc. Halloween, c’est le reset convivial de l’automne. La parenthèse enchantée avant la folie des fêtes de fin d’année. Votre ami, TOM Donald Trump : un second mandat très lucratif pour lui, son entourage et ses alliés économiques Même aux États-Unis, de nombreuses voix s’interrogent aujourd’hui sur la capacité de Donald Trump à piloter l’économie ou à gérer les crises diplomatiques mondiales. Pourtant, sur un point, le consensus semble total : sa présidence devrait s’avérer extrêmement profitable pour son cercle familial et ses soutiens les plus aisés. Le samedi 18 octobre, des foules immenses ont déferlé dans les rues de nombreuses grandes villes américaines en scandant le slogan « No Kings » – « pas de rois ». Ces manifestants entendaient dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une dérive autoritaire du président Trump, qui exerce le pouvoir exécutif avec une fermeté grandissante, comme s’il n’avait plus à tenir compte de contrepouvoirs institutionnels tels que le Congrès, la justice ou les gouverneurs des États fédérés. À première vue, ce cri d’alarme peut sembler exagéré dans un pays qui s’est construit en rejetant la monarchie. Mais l’argument prend tout son sens lorsqu’on observe la proximité croissante entre les intérêts privés du président et les décisions de l’État. Contrairement aux monarchies constitutionnelles modernes d’Europe, où la fortune personnelle des souverains reste distincte des biens publics, le modèle qui s’installe aujourd’hui à Washington semble brouiller dangereusement les frontières entre l’État et les finances personnelles du chef de l’exécutif. Ce phénomène, que l’on associe habituellement à des régimes autoritaires, est désormais au cœur même de la démocratie américaine, au bénéfice du clan Trump. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier, les médias américains – ceux qui osent encore diffuser des enquêtes critiques malgré les pressions – multiplient les révélations troublantes. L’une des plus marquantes concerne Changpeng Zhao, dit « CZ », homme d’affaires sino-canadien et fondateur de la plateforme Binance, aujourd’hui leader mondial des échanges de cryptomonnaies. Inculpé en 2023 pour manquements aux procédures contre le blanchiment d’argent, CZ a été condamné en avril 2024 à quatre mois de prison et à une amende de 50 millions de dollars. En mode société Les plus gros buzz dans le monde sont dans Masculin ! ÉCRIT PAR MIGUEL Z D E C R Y P T A G E Libéré en septembre 2024 après avoir purgé sa peine, il a pourtant bénéficié d’une grâce présidentielle le 23 octobre. Selon la Maison-Blanche, cette décision s’inscrit dans la volonté du président de « mettre fin à la guerre menée par l’administration Biden contre les cryptomonnaies ». Mais deux faits dérangent. D’abord, de nombreuses mesures favorables aux actifs numériques coïncident avec les intérêts financiers de la famille Trump, qui a massivement investi dans ce secteur. Ensuite, Changpeng Zhao a joué un rôle clé dans le lancement de World Liberty Financial (WLF), une entreprise fondée en septembre 2024, émettrice de cryptomonnaies et détenue à 60 % par la famille Trump. Eric Trump et Donald Trump Jr. en assurent la direction, aux côtés de proches issus du monde de la promotion immobilière et déjà récompensés par des nominations officielles. Un entre-soi assumé, où affaires privées et fonctions publiques se rejoignent. Bien qu’il semble hésitant sur de nombreux sujets, Donald Trump affiche une orientation claire lorsqu’il s’agit des cryptomonnaies. Dès le début de son mandat, il a abrogé les mesures de régulation mises en place par Joe Biden. En juillet, il a promulgué deux lois majeures : le Clarity Act, favorable aux cryptos en général, et le Genius Act, conçu spécifiquement pour renforcer les stablecoins. Il a également nommé à la tête de la CFTC (l’équivalent de l’autorité des marchés à terme), Michael Selig, fervent défenseur de l’industrie crypto. Rapidement, il a accordé sa grâce à Ross Ulbricht, fondateur de Silk Road – un ancien marché numérique anonyme où s’échangeaient drogues, armes et autres biens illégaux contre des bitcoins. Il a aussi mis en place un fonds stratégique alimenté par 200 000 bitcoins saisis par la justice américaine, et envisage d’autoriser l’investissement de l’épargne retraite des Américains (401(k)) dans les cryptoactifs. Enfin, il a fait voter une loi interdisant la création d’une monnaie numérique étatique, bloquant ainsi tout projet de dollar numérique. Cette politique ultra-favorable explique en partie l’ascension fulgurante du bitcoin, qui a dépassé les 125 000 dollars en octobre. La famille Trump n’a pas tardé à tirer parti de ce momentum. World Liberty Financial a lancé deux jetons : USD 1 (un stablecoin adossé au dollar) et WLFI (jeton de gouvernance). Trois jours avant son investiture, Donald Trump a lancé un meme coin à son effigie, le $TRUMP. Son épouse a suivi le mouvement avec le $MELANIA, dont la valeur s’est par la suite effondrée, entraînant des plaintes judiciaires d’investisseurs. Parallèlement, Eric et Donald Trump Jr. ont lancé American Bitcoin, une société de minage cotée au Nasdaq, dont ils détiennent 20 % via un partenariat canadien. Depuis, les deux frères parcourent l’Asie pour vendre le rêve crypto et annoncent publiquement que le bitcoin atteindra un million de dollars – sans toutefois avancer de date précise. Immobilier international : le levier historique du clan Trump Mais le secteur crypto n’est qu’une pièce du puzzle. La pierre reste le socle du patrimoine des Trump. Et avec le patriarche à la Maison-Blanche, les opportunités explosent à l’échelle mondiale. L’idée de transformer Gaza en “riviera du MoyenOrient” n’est pas sortie de nulle part : elle émane de son entourage immobilier, notamment Steve Witkoff ou Jared Kushner, tous deux actifs dans la région. La Trump Organization, désormais pilotée par les fils du président, multiplie les accords au Moyen-Orient. En décembre 2024, un projet de Trump Tower a été lancé à Djeddah, au bord de la mer Rouge. À l’automne 2025, un second projet, Trump Plaza Jeddah, a été signé pour un milliard de dollars. D’autres développements sont prévus à Riyad, Mascate, Dubaï ou Doha. Sur le plan public, les ÉtatsUnis ont officialisé un accord stratégique par lequel l’Arabie saoudite s’engage à investir 600 milliards de dollars aux ÉtatsUnis, sans détails précis. Jared Kushner et le nouveau capitalisme d’influence Jared Kushner agit à travers son propre véhicule d’investissement, Affinity Partners, une société qu’il contrôle intégralement et dont l’activité repose essentiellement sur des capitaux en provenance du Golfe, principalement du Fonds souverain saoudien (Public Investment Fund). À la fin du mois de septembre, Affinity Partners, le PIF et le fonds américain Silver Lake ont fait sensation sur les marchés financiers en annonçant l’acquisition du géant californien du jeu vidéo Electronic Arts pour un montant colossal de 55 milliards de dollars. Une opération qui illustre à quel point l’entourage de Donald Trump bénéficie d’un accès direct à des ressources stratégiques, au croisement de la haute technologie, de la finance globale et des intérêts géopolitiques. Cependant, il serait réducteur d’affirmer que Donald Trump limite ses faveurs à sa seule famille. Il n’oublie pas de récompenser généreusement ses soutiens politiques et financiers. Ceux qui ont contribué au financement de sa campagne ou participé à la grande cérémonie d’investiture de janvier se sont vu ouvrir les portes de l’administration, des marchés et des contrats publics. Le phénomène le plus frappant est la rapidité avec laquelle certains dirigeants de la Silicon Valley — jusque-là considérés comme proches du Parti démocrate — ont rallié le président. Jeff Bezos et Mark Zuckerberg font partie de ceux qui ont opéré un rapprochement spectaculaire avec la nouvelle MaisonBlanche. À l’inverse, Elon Musk incarne l’exemple de l’allié qui a perdu les faveurs du pouvoir. Après avoir mis ses entreprises et sa fortune au service de la campagne de Trump, et s’être impliqué personnellement dans l’appareil exécutif — jusqu’à dormir sur un lit de fortune dans le Bureau ovale lorsqu’il dirigeait le Département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE) — il s’est ensuite opposé frontalement à la loi phare de la présidence, la One Big Beautiful Bill Act, qui fixe les orientations budgétaires du mandat. Cette prise de distance publique a déclenché les représailles : la NASA a commencé à ouvrir des appels d’offres concurrents à SpaceX, au profit des lanceurs développés par Blue Origin, la société spatiale de Jeff Bezos. Une pluie de récompenses pour les milliardaires alignés Dans l’ensemble, les magnats qui se sont alignés sur la vision économique du président ont été largement gratifiés. Les cadeaux politiques se sont enchaînés : allégement massif de l’impôt sur les grandes fortunes, retrait de l’accord international de taxation des multinationales négocié à l’OCDE, dérégulation du secteur des cryptomonnaies, soutien massif à l’intelligence artificielle, réduction drastique des normes environnementales, nomination de personnalités complaisantes aux agences de régulation et diminution des effectifs des autorités de contrôle. Tout est mis en œuvre pour laisser le champ libre aux géants de la tech et de la finance. Certains, même parmi ce cercle déjà privilégié, touchent littéralement le pactole. Larry Ellison, cofondateur d’Oracle et proche de Donald Trump, profite directement du projet Stargate, un programme doté de 500 milliards de dollars sur quatre ans pour développer l’intelligence artificielle en partenariat avec OpenAI et SoftBank. En juillet, Oracle a décroché un contrat historique de 300 milliards de dollars sur cinq ans pour fournir de l’infrastructure cloud à OpenAI. Détenant 41 % du capital d’Oracle, Larry Ellison a vu la valeur de ses actions bondir de 100 milliards de dollars en une seule journée. Un enrichissement personnel d’une ampleur inédite, rendu possible par la décision d’un gouvernement mené par un ami de longue date. Le géant mondial de la vente en ligne s’apprête à enclencher une nouvelle phase de transformation radicale : dès ce mardi 28 octobre, plus de 30 000 postes administratifs seront supprimés, tandis que l’entreprise projette que près de trois quarts de ses activités seront à terme assurés par l’intelligence artificielle et des robots. Une perspective qui ranime les craintes d’un séisme social majeur. Selon des révélations partagées par Reuters, Amazon prévoit de licencier environ 10 % de ses effectifs en “col blanc” – soit l’ensemble du personnel de bureau, des équipes RH aux divisions cloud, en passant par le marketing et les services managériaux. Ces suppressions ne touchent pas la logistique en premier lieu, mais les fonctions intellectuelles, traditionnellement perçues comme moins exposées à l’automatisation. Sky Canaves, analyste chez eMarketer, explique que ce plan “suggère qu’Amazon a obtenu grâce à l’IA suffisamment de gains de productivité pour justifier une réduction massive de sa main-d’œuvre”. Malgré des bénéfices record de 18 milliards de dollars en 2024, l’entreprise fait face à la pression des investisseurs, impatients de voir les lourds investissements liés à l’IA se traduire par des réductions de coûts immédiates. Cette annonce a immédiatement enflammé les réseaux sociaux : “C’est la fin du travail humain”, “On y est, l’IA remplace tout”, peut-on lire dans les réactions. Et si certains commentaires relèvent de l’exagération, le scénario qui se dessine à moyen terme semble bel et bien confirmer une transformation profonde du modèle Amazon. D’après un document interne obtenu par le New York Times le 21 octobre, l’entreprise envisage également de réduire significativement la main-d’œuvre dans ses centres de distribution. À terme, jusqu’à 75 % de ses opérations logistiques pourraient être prises en charge par des systèmes autonomes : tri des colis, emballage, déplacement des produits et même planification de la chaîne d’approvisionnement. AMAZON SE PRÉPARE À REMPLACER DES CENTAINES DE MILLIERS DE SALARIÉS PAR L’AUTOMATISATION Les dirigeants d’Amazon avaient déjà annoncé l’année dernière à leur conseil d’administration qu’ils espéraient maintenir des effectifs stables tout en doublant le volume de ventes d’ici à 2033. Sans recours massif à l’IA, un tel objectif aurait nécessité l’embauche de plus de 600 000 personnes supplémentaires. Des robots partout, des humains repositionnés Amazon affirme disposer aujourd’hui d’un parc d’environ un million de robots dans ses entrepôts à travers le monde. L’entreprise prévoit d’intensifier ce programme d’automatisation tout en mettant en avant une nouvelle génération d’emplois dits “augmentés”. Les salariés restant en poste seraient chargés de superviser et d’optimiser les machines plutôt que d’exécuter les tâches manuelles. Dans la livraison, des lunettes connectées devraient prochainement guider les coursiers en temps réel, transformant leur rôle en interface vivante entre l’IA et le monde physique. Communication contrôlée et mots soigneusement choisis Dans un rapport confidentiel, Amazon reconnaît les risques d’image liés à cette transformation. Soucieuse de préserver son statut de “partenaire économique responsable”, l’entreprise prévoit d’accroître sa participation à des actions locales dans les régions où les suppressions d’emplois seront les plus marquées. Elle recommande également en interne d’éviter certains termes jugés anxiogènes comme “robotisation”, “automatisation” ou “intelligence artificielle”, au profit d’expressions plus consensuelles telles que “technologie avancée” ou “cobot” – contraction de “robot collaboratif”. Officiellement, tout va bien… officieusement, l’ère humaine recule Dans un communiqué, Amazon a contesté la portée des documents révélés par le New York Times, affirmant qu’ils ne reflétaient “qu’une partie de la stratégie globale” et rappelant que 250 000 recrutements saisonniers étaient prévus pour les fêtes de fin d’année – sans préciser combien de contrats seraient pérennes. Jeff Bezos, présent à la Tech Week de Turin début octobre, a tenu à rassurer : selon lui, “l’IA est une bulle bénéfique – quand elle éclatera, ceux qui auront su innover seront ceux qui tireront toute la société vers le haut”. Un message optimiste qui laisse toutefois une question ouverte : comment convaincre les dizaines de milliers de salariés qui perdront leur emploi que cette révolution technologique se fera “pour le bien commun” ? Des data centers dans l’espace : avancée majeure ou illusion cosmique ? En 2025, l’idée d’installer des centres de données en orbite n’appartient plus au domaine du cinéma de science-fiction. Des prototypes ont été envoyés dans l’espace : certains résultats nourrissent l’espoir, d’autres incitent à la prudence. Mais une question demeure : sommes-nous à l’aube d’une révolution du stockage numérique… ou assistons-nous à la naissance d’un mirage interplanétaire, alimenté par le marketing spatial ? Un incident lunaire qui ne freine pas l’enthousiasme Lors de sa tentative d’alunissage, le module Athena a endommagé un de ses panneaux solaires, provoquant une chute rapide d’énergie et l’arrêt des systèmes embarqués. Parmi eux figurait un micro data center développé par Lonestar, une start-up américaine qui misait beaucoup sur cette mission comme démonstration stratégique. Malgré cet échec technique, son fondateur Chris Stott a maintenu un discours de victoire : « Tous nos protocoles ont fonctionné comme prévu. Nous considérons donc cette étape comme un succès ». La confiance reste intacte. Objectif Lune (et au-delà) L’ambition de Lonestar est audacieuse : transférer une partie de l’infrastructure numérique mondiale hors de la Terre, en orbite ou sur la Lune, afin de libérer l’espace au sol et d’exploiter les conditions naturelles du vide spatial. Entre février et mai, la société a placé un mini data center au point de Lagrange L1, à 326 000 kilomètres de la Terre, afin de tester la fiabilité et la stabilité de ses équipements. Les expérimentations ont démontré la possibilité de stocker, traiter et crypter des données dans l’espace via une intelligence artificielle nommée Valkyrie. Résultat : communication stable, alimentation régulée, température maîtrisée. En théorie, les atouts sont considérables : pas d’occupation de surface terrestre, accès quasi-continu à l’énergie solaire, refroidissement assuré par le vide spatial. Lonestar n’est pas seule sur ce créneau : l’État de Floride figure parmi ses premiers partenaires, tandis que la start-up française Latitude collabore avec Madari Space, aux Émirats arabes unis, pour développer des démonstrateurs similaires. Mais un double doute s’impose désormais : ces infrastructures orbitales sontelles réellement neutres en carbone ? Et peuvent-elles devenir économiquement viables ?
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