MOTO JOURNAL n°2386 - Page 1 - 2386 ÉDITO Piles ou farce L e bilan trimestriel du marché de la moto dévoilé en juillet par l’Observatoire du 2-roues Solly Azar/AAA datas est très intéressant. Pas seulement parce que son format visio vous permet de boire un café en toute quiétude (à condition de désactiver la caméra du PC) ; mais surtout parce que ses experts vous donnent des chiffres et des tendances révélateurs. Ainsi le point de début juillet nous a révélé un marché en petite forme, bien que moins atone depuis la reprise de la saison. Ce ne sont pas les modèles attractifs qui manquent. Ce sont les incertitudes sur l’avenir et les errements sur la réglementation qui freinent les velléités d’achat. Résultat, on garde sa bécane plus longtemps qu’autrefois. Et ce n’est pas le contrôle technique qui en « profite » ! Le marché de l’électrique ne fait pas exception à la règle. On peut même dire qu’il ne décolle pas, comme le disent les experts de l’Observatoire. Il se vend cette année 25 % de motos électriques neuves en moins. Zero, le spécialiste, stagne à 162 motos vendues en 6 mois. Alors, rebelles, les usagers de 2-roues de l’Hexagone ? Déjà, le marché de l’auto à piles, lui, plafonne en 2025 malgré une offre qui gonfle comme un ballon de baudruche. On ne va pas vous faire l’affront de vous rappeler la différence de sensibilité entre automobilistes et motards. L’attachement à son véhicule est sans commune mesure favorable à la moto, ce n’est pas nouveau. Raison pour laquelle, le bilan du CT mis en place il y a un peu plus d’un an constate que les motards bichonnent leur machine. L’électrique procure d’indéniables avantages en termes d’accélération ou d’entretien, mais porte le fardeau d’un coût élevé à l’achat, de la recharge et surtout de l’autonomie. N’en déplaise à tous ceux qui honnissent le C02 (qui, au passage, ne représente que 0,04 % de l’air qu’on respire), l’absence de bruit, qualité mise en avant par ce type d’engin en ville, est paradoxalement une tare pour une majorité de motards qui aiment entendre leur moulin. Mieux qu’une preuve de vie, le son d’un moteur fait partie des marqueurs du caractère d’une moto. Un bruit de casserole ? Berk ! Rugueux, chatoyant, gras, rauque, métallique, rond, vous l’aimez comment ? Vers 13 ans, quand je faisais mes devoirs, j’exaspérais ma mère que j’interrompais au passage d’une moto dans la grande rue perpendiculaire. « Kawasaki H2 ! Yamaha RD… ! » J’étais même capable de distinguer une 750 Four d’une CB 500. Le bruit (le son, pas le niveau de décibels, hein ?), c’est la cerise sur le gâteau du caractère. Que celui qui n’a jamais ressenti la moindre émotion au son d’une belle envolée dans les tours ou d’un rétrogradage énergique pétaradant nous jette la première chicane. Et la remette aussitôt, merci. Xavier de Montchenu, rédacteur en chef Moto Journal [3] www.moto-station.com motojournal@editions-lariviere.com Éditions Larivière, Espace Clichy, immeuble Agena, 12, rue Mozart, 92587 Clichy Cedex. Tél: 01.41.40.32.32. Président du conseil de surveillance : Patrick Casasnovas Présidente du directoire : Sophie Casasnovas Directeur général: Frédéric de Watrigant Éditeur: Philippe Budillon Les adresses e-mail personnelles: prenom.nom@editions-lariviere.com RÉDACTION Directer de la rédaction: David Dumain Rédacteur en chef: Xavier de Montchenu Rédacteur en chef adjoint: Aurélien Ranéa Rédacteurs : Rémi Darodes, Alexis Delisse, Michael Tora Secrétaire de rédaction : Frédéric Poujouly Ont collaboré à ce numéro Zef Enault, Loïc Faujour, Laurent Simon. MAQUETTE Chef de studio: Ludovic Terreil PUBLICITÉ Directeur de publicité : Emmanuel Nemar (01.41.40.31.11) Assistante : Mai-Ahn Vu (01.41.40.32.16) DIFFUSION ET PROMOTION Anciens numéros et abonnements Service abonnement 45, avenue du Général-Leclerc, 60643 Chantilly Cedex Tél.: 03.44.62.43.79. abo.lariviere@ediis.fr 1 an (12 numéros) version papier + numérique : 62 € Tarif abonnement 2024 en prélèvement : 4,90 €/mois Abonnements pour la Belgique Edigroup Belgique Sprl. 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Photomontages: Rémi Darodes SOMMAIRE#2386 Prochain numéro jeudi 25 septembre 2025 66 Comparatif sportives 900 Ducati Panigale V2 S, Kawasaki ZX-6R, Yamaha R9 86 Shopping 88 Escapade 1 350 km dans les Pyrénées 98 Vitesse Le JuniorGP à Magny-Cours 108 MotoGP en Autriche • Marquez, chronique d'un titre annoncé • Interview Luigi Dall'Igna .• La course, les news et résultats 124 Courrier . C’est vous qui le dites ! 126 Contre-braquage La vérité en Face(Book) 130 Flash-back Il était une fois septembre 2005 Abonnez-vous en direct avec votre smartphone Etaussi enpage129 98 INTERVIEW Tom Pagès, un freestyler au Bol d'Or VITESSE Le JuniorGP à Magny-Cours 14 88 ESCAPADE 1 350 km dans les Pyrénées Moto Journal [6] PLANÈTE MOTO Par la rédaction KTM La production reprend Depuis le 28 juillet 2025, les 1 000 agents de production des quatre lignes des usines KTM de Mattighofen et Munderfing ont enfin repris le travail. Avec quelques mois de retard sur les plans annoncés… Ils ont ainsi enfin retrouvé un rythme normal d’une semaine de travail à temps plein pendant cinq jours. La production a commencé par la gamme off-road, de quoi accélérer probablement la disponibilité des pièces détachées dont de nombreuses étaient jusqu’alors en reliquat. La production fonctionnera sans interruption du 28 juillet jusqu’aux vacances de Noël et l’habituelle pause estivale n’est donc plus d’actualité. « Ce redémarrage est une étape importante, tant sur le plan de l’organisation que de l’émotion », a déclaré Jakob Kohlmayer, vice-président senior de la production. Après s’être séparé de milliers d’employés, le groupe annonce recruter dans plusieurs services, tels que l’informatique, la finance et le marketing, notamment en Autriche. Autre signe de cette reprise d’activité, des modèles 2026 sont annoncés. En plus de la 1390 Super Adventure R, dont vous trouverez plus d’infos dans nos pages nouveautés, les 690 SMC R et Enduro R évoluent. Leur monocylindre LC4 est devenu conforme à la norme Euro 5+, avec carter, embrayage et couvercle de stator revus. Le système de circulation d’huile a été repensé pour plus de fiabilité et de performance. On note aussi l’arrivée d’un nouveau tableau de bord TFT de 4,2 pouces, d’un port USB-C ainsi que d’un phare à leds. Côté électronique, l’ABS de virage et le contrôle de traction font leur entrée. Enfin, la firme autrichienne précise que les settings de suspensions ont été légèrement améliorés sur les deux modèles. Pour le moment, aucune date d’arrivée ni tarif n’ont été communiqués. Mais ces derniers devraient tourner autour des 12 000 €. Les versions 2026 des KTM 690 SMC R (en haut) et Enduro R (ci-contre) ont été récemment dévoilées. KTM KTM Le Bol de Cœur Les motos de Coluche au Bol d’Or Entre autres réjouissances, le Bol d’Or sera l’occasion de célébrer Coluche et sa grande passion pour la moto. Le départ du Bol d’Or, samedi 20 septembre, sera en effet donné 40 ans après le fameux record de vitesse réalisé par le comédien sur l’anneau de Nardo, en Italie. La Yamaha TZ 750 du record exécutera deux tours de parade juste avant le départ, avant de rejoindre l’expo consacrée aux motos de Coluche, parmi lesquelles une Yamaha 1200 V-max lui ayant appartenu, la Honda RS 500 de Raymond Roche sur laquelle il a roulé avec une splendide combinaison ornée d’un badge Moto Journal (photo), ainsi qu’une réplique d’une Kawasaki 750 Turbo lui ayant appartenu. Le tout rassemblé par notre ami Gérald Armand (alias Gérald Motos), collectionneur émérite, et exposé dans le hall principal du circuit. Les Restos du Cœur, fondés par Coluche une semaine tout juste après son record de vitesse, s’associeront à cette célébration pour fêter eux aussi leurs 40 ans, avec une collecte de fonds organisée dans le cadre du Bol d’Or. DR Moto Journal [7] Ça nous fait une belle jambe À l’image des motos de rallye-raid, le tableau de bord de la DS 800 X Rally est positionné verticalement. HS Comparatifs À déguster de toute urgence Les meilleurs des comparatifs MJ condensés dans un seul magazine, c’est dans notre HS que vous les retrouverez ! 6 dossiers, 22 motos, 132 pages, des fiches techniques, des mesures, des verdicts… Et 7,50 € suffiront pour tout savoir sur les prestations des nouveautés trails, roadsters ou routières bien véloces face à leurs concurrentes directes. Et pour ne rien gâcher, y’a aussi de superbes photos à admirer et détailler. « Vous avez les meilleurs pilotes du monde qui conduisent les motos les plus faciles à piloter au monde, et je ne vois pas en quoi cela m’intéresse » CaseyStoner,eninterviewlorsduGPd’Autriche La phrase du mois Fred s’est répandu lamentablement à 2 à l’heure sur une plaque de gravillons vicieuse sur le parking d’AuchanMantes qui accueillait la caravane du Tour de France. LapolicetouristiquedeDubaïnous annonce avoir acquis une Audi RS7 Performance Plusieursmembresdesrédactions des titres moto des éditions ont reçu pour essai la toute nouvelle paire de baskets Ipone, blanc, noir et rouge. Zaza a d’ailleurs noté qu’en rajoutant un « h », Ipone devenait Iphone. Grâce àRock&Folk, Zaza et David (Dumain) ont pu assister fin juin au concert de John Fogerty, octogénaire toujours vaillant, fondateur du mythique groupe Creedence Clearwater Revival. Ce concert deJ.Fogerty a d’ailleurs débuté par le morceau Up Around the Bend pendant lequel était projetée sur écran géant une vidéo de bikers en Harley cruisant au coucher du soleil. Xavier a vu sur une aire de l’autoroute A64 près de Tarbes trois bikers en Harley dont les plaques étaient masquées par des casquettes ou des sacs. Lecoffre-fort dans le bureau du rédac chef ne s’ouvre plus avec la clé, les boutons ayant sans doute été tripotés. Ni les services généraux, ni le prédécesseur (Pierre Orluc) n’ont la combinaison. Du coup, Xavier recherche un spécialiste en coffres blindés qui pourrait lui permettre d’accéder au contenu (sans grande valeur heureusement). LaurentSimon, notre chroniqueur, a non seulement fait un selfie avec Christophe Guyot à Carole lors du nouveau record du tour, mais il a aussi été interviewé le lendemain par Moto Mag en tant que participant aux journées Open piste de la Mutuelle des Motards. Un nouveau bicylindre en ligne calé à 270° de 95 ch, une partie-cycle inédite de 204 kg à sec, des suspensions à grand débattement KYB, un réservoir de 24 litres, des jantes à rayons, des freins Nissin avec un ABS déconnectable à l’arrière, un contrôle de traction désactivable, sans oublier un équipement de série ultracomplet (dont crash-bars, siège et poignées chauffants, béquille centrale, protèges-mains, régulateur, porte-bagage, sabot, etc.), le tout pour moins de 9 000€ ! Précisément 8 995 € avec une garantie de 3 ans. Voici donc les caractéristiques de la nouvelle Voge DS800 X Rally, enfin disponible en France. Elle se positionne ainsi en face la Honda Transalp Voge DS 800 X Rally Le succès à tout prix Voge Voge 750 avec un tarif défiant toute concurrence. À commencer par la Yamaha Ténéré 700 et ses 11 199 €… Moto Journal [8] PLANÈTE MOTO Kawasaki Triumph belle jambe &AUSSI… CarloGuzzi, LouisBlériotetbien d’autres l’ont démontré jadis : moto et aviation ont des liens très étroits. Aussi nous vous invitons à assister à Air Legend 2025, les 6 et 7 septembre à l’aérodrome de Melun-Villaroche (77). Shows aériens, warbirds (anciens avions de guerre, tels Spitfire, Me 262, Corsair, P-51…), baptêmes de l’air et moult autres animations. Tarif préférentiel jusqu’au 5 septembre à 23 h 59 : 35 € au lieu de 40 ! Toutes les infos sur airlegend.fr Uneopérationspéciale est mise en place pour notre participation au prochain Bol d’Or. Des places VIP, vendues 119 €, vous permettront bien sûr l’accès au circuit et aux tribunes mais aussi de rencontrer nos pilotes (Vincent Philippe, Tom Pagès, Rémi Darodes et Bertrand Gold), de recevoir des goodies de nos partenaires et de découvrir la course de l’intérieur en passant 30 minutes dans notre box. GaryGray, vice-président d’Indian Motorcycle en charge de la technologie et de la compétition, a été intronisé au Sturgis hall of fame. Àl’occasiondu99e anniversaire de sa fondation, Ducati lance sur son profil Instagram le compte dédié à la narration de son histoire : @museoducati. Ancienne(etfuture)motarde, « passionnée enthousiaste joviale » comme elle le décrit, Stéphanie Catel offre un stationnement en toute simplicité dans son jardin privé aux deux-roues, trikes et side-cars. Idéalement situé à Arbois (ville qui manque d’emplacement pour les groupes…) au cœur de la route des Vins du Jura et proche de la route des Grands Crus de Bourgogne. Possibilité de laisser en sécurité également casques, combis, cuirs. Sur réservation au 06.82.24.06.80 Mensonge. L’association 40 millions d’automobilistes a dénoncé dans un communiqué le mensonge proféré par la mairie de Paris selon lequel l’abaissement de la vitesse sur le périphérique parisien de 70 à 50 km/h depuis octobre 2024 serait bénéfique contre le bruit et la pollution. 40 millions rappelle que cette baisse de la vitesse autorisée a entraîné une augmentation de 42 % (selon le Bulletin du périphérique) des bouchons sur l’axe la semaine du 21 juillet et que ce cas ne serait pas isolé. Tour de France Kawa dans la Boucle La Thruxton dévoilée Triumph élargit sa gamme 400… en Inde ! Harley-Davidson Du fast-food aux motos lentes La pérennité de leurs entreprises étant en jeu, Kawasaki Heavy Industries et ASO, autre poids lourd, promoteur (entre autres…) du Tour de France, jouent la carte de la décarbonation. La marque d’Akashi, partenaire historique de la mythique épreuve cycliste, a donc présenté à la faveur de l’ultime étape parisienne sa moto à hydrogène, ici flanquée de la Ninja 7 hybride (à gauche) et de la Z e-1 électrique (à droite). En attendant que les motos de la Grande Boucle soient zéro émission, Kawasaki lui confie une quarantaine de Versys 1100 pour escorter la course et l’imposante caravane publicitaire. À ce titre, une poignée de journalistes venus de toute l’Europe ont effectué le parcours Mantes-la-Ville-Champs-Élysées en fin de cortège. L’occasion de vérifier que si le succès du Tour est franchement colossal, la moto aussi bénéficie d’une cote de popularité énorme. Après le Scrambler XC, dont on vous parlait dans le dernier MJ, voici la Thruxton ! Une nouvelle déclinaison bâtie autour de la plateforme 400, qui adopte cette fois-ci les lignes d’un café-racer. Si cette moto a été dévoilée en Inde, c’est tout simplement parce que c’est là-bas qu’elle est construite, en collaboration avec le géant local Bajaj. On note une ressemblance évidente avec l’actuelle Speed 400, si ce n’est la paire de demi-guidons, le semi-carénage ainsi que quelques détails cosmétiques. Pour le moment, l’arrivée de cette Thruxton sur le marché européen n’a été pas été confirmée. Wait and see*, nous a-t-on précisé du côté de Triumph. Harley-Davidson change de patron ! Et c’est Arthur “Artie” Starrs, ancien PDG de Pizza Hut, qui reprendra la direction de l’icône de Milwaukee. Un recrutement en externe cette fois-ci, d’un businessman émérite plutôt que d’un biker passionné. Espérons que cette alliance sera concluante, car depuis une petite décennie, le constructeur américain change de cap presque aussi souvent que de capitaine. Après l’échec de la branche électrique Livewire, le plan produit avorté More roads to Harley-Davidson, le succès relatif des trails Pan America, l’investissement important en AMA avec la King Of The Bagger, concomitant à la perte critique de la gamme Sportster en Europe… Il est temps qu’Harley trouve son nord et s’y tienne. « J’admire depuis longtemps la place unique qu’occupe Harley-Davidson dans le cœur de ses motards et de ses fans ; aucune autre marque n’offre le même niveau de communauté et d’esprit rebelle que Harley-Davidson », a déclaré Artie à l’annonce de sa prise de poste. *Attendez et voyez DR Moto Journal [9] Plus 40 000 € de frais. Voici la rémunération annuelle, citée par le Canard enchaîné, de Patrick Jacquot, PDG de la Mutuelle des Motards. Pour info, en plus d’être publique, cette somme est déterminée par un conseil d’administration. Et reste éloignée des 800 000 € brut perçus par le DG de la Maif. 249 000 € La bourse a la vie Un loup et des puces Bizness Dainese dans l’incertitude Back to the future ! BSA ressuscite la Bantam La plus grande bourse moto en extérieur d’Île-de-France, devient, à la faveur de sa 33e édition et grâce à la présence de nombreux concessionnaires, le 1er salon de la Moto de Conflans-Sainte-Honorine (78). Expo de modèles neufs, brocante (5 € le m), concerts, animations diverses et variées, etc. Entrée gratuite ! Dimanche 21 septembre, rue de l’Hautil, ZA des Boutries. Inscriptions : motopuce78@gmail.com ou motoloup.fr Face à d’importantes baisses successives de son chiffre d’affaires, la société d’équipements italienne va peut-être devoir changer de mains. Ce serait le troisième changement de possesseur en dix ans. Pour le moment, le fonds d’investissement Carlyle, l’actuel propriétaire, est entré en discussions avec ses créanciers, espérant une recapitalisation et l’assainissement des comptes. Avec une dette de 320 millions d’euros, pour des capitaux propres s’élevant à 248 millions, le gouffre à combler est conséquent. D’autant que si le chiffre d’affaires de la firme transalpine était de 208 millions en 2023, il est tombé à 190 millions l’année dernière. Quelles sont les raisons de cette baisse ? La période délicate du Covid, des ventes qui s’étiolent (en particulier en Chine, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud), une trésorerie mise à mal par un surstock et une diversification des activités loupée vers des domaines comme le vélo ou le ski. Des causes qui ne sont pas sans rappeler les déboires qu’à connus KTM il y a quelques mois. Espérons que Dainese, à l’instar du constructeur autrichien, trouvera des solutions pour poursuivre ses activités. BSA a récemment présenté à la presse mondiale deux nouveautés qui ne devraient pas tarder à débarquer en concession : la 650 Scrambler, mue par un mono refroidi par eau à 2 ACT et 4 soupapes développant 45 ch à 6 500 tr/mn et 55 Nm à 4 000 tr/mn, ici dans la livrée jauneargent rappelant la robe de la Victor 500 championne du monde de cross dans les années 60. Ce bouilleur sympathique à défaut d’être bouleversant est logé dans un cadre en acier, et seuls les deux combinés arrière sont réglables (en précharge sur 5 niveaux). La hauteur de selle est de 820 mm, le réservoir contient 12 litres et le poids à plein est de 218 kg. Le mono de sa petite sœur Bantam 350, héritière éponyme d’une utilitaire 2-temps qui est la moto la plus vendue de toute l’histoire de la Grande-Bretagne, bénéficie des mêmes raffinements et sort 29 ch à 7 750 tr/mn et 29,6 Nm à 6 000 tr/mn. Son poids à plein contenu de 185 kg, son réservoir de 13 l et sa selle qui culmine à 800 mm la rendent plus accessible et plaisante que la “grande”. Autre atout, son tarif de 4 299 €, quand la frangine s’échangera contre 6 999 €. Infos : bsacompany.fr E X P O S I T I O NMO T O S B R O C A N T E( 5€l emè t r e ) D E P Ô TV E N T EO C C A S I O N S B U V E T T E-A N I MA T I O N S MI N IMO T O S C O N C E R T S P R E S E N C EdeN O MB R E U XC O N C E S S I O N N A I R E S MO T O L O U P D im a n ch e 21 SE P T 2025 s a l o n d e l a m o t o c o n f l a n s 78700 Z A d e S B O U T R I E S R u e d e l ’ H A U T I L Nep a sj e t e rs u rl av o i ep u b l i q u e I mp r i mép a rn o ss o i n s 33é m E M O T O P U C E S Ent r é e gr a t ui t e Dainese BSA Angel Sanchez, à la tête de Dainese depuis fin 2023, n’a pour le moment pas réussi à redresser le cap de la marque. Nous l’avions interviewé lors du dernier salon de Milan. Moto Journal [10] PLANÈTE MOTO Red Bull Content Pool / Joerg Miller Toujours plus ding’haut Ça donne vraiment des ailes… Quand il s’agit de trouver un moyen original de se faire mal, il y a toujours un freestyler qui fait turbiner son imagination. Cette fois, c’est Luc Ackermann qui s’est dit que ce serait cool de sauter d’un camion à un autre, alors que les deux roulent, évidemment, tout en effectuant un back-flip par-dessus une barrière d’autoroute de 9 mètres de haut… Là, fallait pas se gourrer en termes de synchronisation, puisque le jeune Allemand n’avait qu’une fenêtre d’une demi-seconde pour réaliser sa figure sans encombre. Pour vous fournir d’autres données chiffrées, les deux chauffeurs ont maintenu leurs camions longs de 31 mètres à 23 mètres l’un de l’autre et à une vitesse de 20 km/h. La moto de Luc, quant à elle, s’est envolée à 54 km/h pour réaliser un saut de 40 mètres. L’atterrissage a été décrit comme un moment intense, après des jours de préparation critique et de planification méticuleuse. « L’évacuation de cette tension a été tout simplement bouleversante. » On veut bien le croire ! Razgatlioglu réagit Malmené en début de saison par Nicolo Bulega, Toprak a su réagir tout en faisant progresser sa M 1000 RR. Fin juillet, en Hongrie, le champion en titre a même réalisé un petit break sur son rival italien en s’offrant un triplé. Mais rien n’est encore joué, puisque seulement 27 points séparent les deux hommes forts du mondial Superbike. Un sans-faute Foray 10 victoires en 10 courses et Kenny Foray a glané le titre national dès la manche de Pau, mi-juillet, deux épreuves avant la fin de la saison. C’est le 4e d’affilée pour le pilote du team Tecmas BMW France, son cinquième en tout. C’est d’ailleurs ainsi qu’il l’a fêté sur le podium, en y faisant grimper quatre clones, chacun affublé de l’équipement correspondant à chaque saison où il fut champion. Textos PLANÈTE MOTO SPORT Moto Journal [12] DR Honda 8 Heures de Suzuka 2e victoire consécutive pour Zarco, la 4e pour Honda HRC Inutile de dire que la 3e manche du championnat du monde d’Endurance a toujours une saveur particulière pour les équipes japonaises. Alors que l’usine Suzuki travaillait sur son projet CN Challenge, avec une GSX-R 1000 qui utilisait des éléments moins polluants, Honda et Yamaha ont pioché dans leur cheptel de pilotes MotoGP pour jouer la gagne. C’est ainsi que pour la seconde année consécutive, Johann Zarco s’est retrouvé au guidon de la Fireblade préparée par le HRC. Une deuxième participation qui s’est soldée par une seconde victoire consécutive. Celle-ci fut toutefois plus difficile à obtenir puisque, suite à la blessure d’Iker Lecuona avant l’épreuve et l’impossibilité de faire venir Xavi Vierge au Japon pour raison administrative (les pilotes HRC en mondial Superbike), l’équipage de la 30 n’était composé que de deux pilotes : Johann et Takumi Takahashi. Un élément qui a son importance quand on connaît le défi physique que représentent les 8 Heures de Suzuka, avec une chaleur étouffante et un taux d’humidité record : « Cette journée a été tellement, tellement difficile dans ces conditions, soulignait d’ailleurs Zarco au pied du podium. Comme je m’y attendais, j’ai pu garder le rythme sur la piste, mais reprendre des forces entre les relais a été beaucoup plus dur que je pensais. Puis, lors de la dernière heure, la voiture de sécurité est sortie et Takumi a dû effectuer quelques tours supplémentaires ce qui m’a permis de profiter d’un peu plus de temps pour récupérer. Lorsqu’il a fallu que je reparte, une autre voiture de sécurité est sortie et j’ai pu reprendre le rythme petit à petit. Au final, tout s’est bien enchaîné. (…) Notre stratégie était également très bonne et le fait de n’avoir effectué que 7 arrêts à fait toute la différence. » Au classement du championnat du monde, le team Yoshimura Sert Motul profite d’une belle 3e place, juste derrière l’équipe Yamaha Racing (Miller, Locatelli, Nakasuga) et des déboires de ses adversaires directs pour reprendre d’importants points. L’équipe mancelle abordera la dernière épreuve avec 73 points au provisoire. Juste derrière la Kawasaki Webike Trickstar (83 points), la BMW du Motorrad World Endurance Team (87 pts) et la Yamaha Yart (88 pts). Le titre se jouera donc au Bol d’Or, les 20 et 21 septembre prochain, et les prétendants sont nombreux ! Et de deux pour Zarco, qui s’est imposé en compagnie de Takumi Takahashi, le recordman de victoires à Suzuka (7 au total). Ce fut aussi la 31e victoire pour la marque Honda. piste c’est pareil, il y a des zones où ça va, et d’autres où c’est ultra-risqué. Mais en fait on n’est pas obligé de prendre des risques tout le temps, ça fait juste baisser le chrono. La différence, c’est que le freestyle était mon activité principale, donc je m’obligeais à passer les figures risquées. Aujourd’hui, il faudrait que je me mette dans la tête que la vitesse est, entre guillemets, mon activité principale, pour pouvoir rentrer dans ces zones de risque aussi. C’est un sacré saut dans le vide pour ta première course en 1000, tu rentres directement dans le grand bain, en finale d’un championnat du monde… C’est pour ça que j’avais dans l’idée d’essayer de m’entraîner plus, mais je ne me rendais pas compte de la logistique qu’implique une 1000. Il faut de l’assistance, et même sans parler de coûts, il faut du monde, il faut vérifier les pressions tout le temps, il faut laisser la moto refroidir avec les souffleurs. Au Castellet, on avait le Tati Team, mais à Barcelone, je n’avais qu’un mécanicien, qui était plus en sueur que moi… On n’a pas arrêté. Et puis ce que je viens de réaliser récemment, c’est qu’il y a des qualifs, et là je suis en panique… Si je ne me qualifie pas c’est la honte… Je vais finir par me faire un ulcère ! Tu connaissais Vincent Philippe, qu’est-ce que ça te fait de rouler avec lui ? Je suis super-honoré d’avoir quelqu’un comme ça dans l’équipe, avec un palmarès pareil. Et puis c’est, déjà c’est quelqu’un d’ultra-sympa, ultra-bienveillant, qui donne des conseils, qui est hyper-ouvert… C’est vachement agréable de partager ça avec lui, et pour nous c’est excellent, parce qu’il est quand même dix fois champion du monde, vainqueur de neuf Bol d’or… Ça picote, quand tu es derrière, il faut assurer… Qu’est-ce qu’il t’a apporté de plus important ? Il est monté sur la moto et il a validé tout un tas de choses. Et ça, rien que pour le team, pour nous les autres pilotes, mais aussi pour le Tati Team, c’est hyper-important. Il monte sur la moto et il dit tout de suite ce qui ne va pas, par exemple que le shifter ne va pas marcher comme ça… Moi, je ne vais Tom, après une première journée d’essais au Castellet, tu as roulé trois jours sur le circuit de Barcelone au guidon de la Honda CBR 1000 préparée par le Tati Team, avec laquelle tu vas faire le prochain Bol d’or. Comment ça s’est passé ? C’était plus simple pour moi que de faire les essais au Castellet, avec le fait qu’on soit plusieurs à devoir rouler sur la moto, qu’il ne fallait pas faire d’erreurs pour ne pas tomber, avec le risque que les autres ne puissent pas rouler. À Barcelone, j’étais seul, donc c’était plus facile, j’ai pu faire pas mal de tours, prendre mes marques, prendre du rythme tranquillement, même si le rythme n’est pas encore là… Mais on va dire que ça s’est pas mal passé, j’ai pas mal de sensations qui sont venues sur la moto. Lors de la première journée d’essais au Castellet, je n’osais pas forcer sur le train avant. À Barcelone, j’ai pu insister un peu plus. Et sur les accélérations, j’ai pu sentir l’arrière glisser, ce qui permet parfois même de faire tourner un peu la moto. La glisse sur cette moto est saine, ce ne sont pas seulement des amorces de high-side. C’est la grosse différence avec les motos lentes, sans puissance, dont j’avais l’habitude. La 1000, ça glisse tout le temps, c’est un truc de fou, j’ai halluciné. Combien de tours as-tu faits à Barcelone ? J’ai fait 160 tours en 3 jours. Ce sont de petites journées, 4h par jour et 6h la dernière journée. Au niveau du risque, qu’est-ce qui distingue la vitesse, les hautes vitesses, des hauteurs dont tu avais l’habitude ? C’est sûr que les lignes droites à fond, quand ça guidonne, comme dans la ligne droite de Barcelone avec le vent… La moto bougeait tellement que je me croyais dans la ligne droite du Touquet, pleine balle en 450. Tout ce qui relève du freinage, c’est le moins effrayant pour moi. Ce qui m’effraie le plus, ce sont les courbes rapides à l’accel’. Est-ce plus ou moins effrayant que de devoir sauter comme en freestyle comme tu le fais ? Je ne le fais plus, je ne saute plus, mais c’est différent. En freestyle, il y avait des figures qui me faisaient peur, très peur, qui me tétanisaient même, mais je les distinguais bien des autres, que je considérais comme ultra-faciles. C’est un peu comme sur circuit, tu as des zones avec plus de danger. Certaines figures qui me faisaient peur, je ne les faisais pas tous les jours, je les faisais uniquement à certains moments, bien préparé. Et là, en Pilote français de freestyle et icône du sport motocyclisme Moto Journal [14] Tom Pagès «Je vais me faire un ulcère…» ENTRETIEN « Sur les accélérations, j’ai pu sentir l’arrière glisser, ce qui permet de faire tourner un peu la moto. » Multiple médaillé d’or aux X-Games, la star du freestyle Tom Pagès se lance un nouveau défi en s’engageant au Bol d’or avec Moto Journal, associé pour la première fois à Moto Revue ! Il aura pour coéquipiers deux journalistes-pilotes, dont Rémi Darodes qui portera nos couleurs, mais aussi Vincent Philippe, recordman des victoires au Bol, qui revient au guidon pour le mettre dans les meilleures dispositions. Nous avons recueilli les impressions d’un Tom encore tout émoustillé par son expérience… Propos recueillis par David Dumain, photos Théry Gautheron et DD Moto Journal [15]
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